HAITI: AIDE AUX VICTIME
-
Après avoir >discuté, négocié sans obtenir satisfaction à leurs revendications, le rapport de force reste bien la seule solution à tous les salariés et à tous les retraités pour
faire valoir le degré de leurs exigences. De ce point de vue, le succès de la grève interprofessionnelle et des manifestations correspondantes dans près de deux cents villes de France a été réel. À
Force Ouvrière, nous avons recensé 2,5 millions de manifestants. Au-delà des chiffres, il fallait les entendre, les militants responsables départementaux, clamer leur chiffre avec la fierté du
travail bien fait, exprimant ainsi le mécontentement à l’égard du patronat et des pouvoirs publics. Ces mécontentements sont motivés en particulier par une grande crise de confiance vis-à-vis de
ceux qui nous dirigent dans le pays et dans l’entreprise. La crise du capitalisme et son plan de relance de l’investissement ont ajouté à la motivation des grévistes et des manifestants. D’un côté,
les libéraux continuent d’affirmer que le libéralisme économique n’est pas la cause mais la solution à cette crise pour renforcer le capitalisme. De l’autre, nous pensons, à Force Ouvrière, que
l’origine de cette méfiance réside dans une répartition totalement inégalitaire des richesses produites par le travail depuis plus de vingt ans. Ces oppositions fondamentales de concept peuvent
trouver une solution par la seule augmentation des salaires pour tous, par l’augmentation des retraites et pensions, ainsi que par celle des allocations et minima sociaux. Car, qu’on le veuille ou
non, on est bien dans un processus de lutte des classes… Une classe dirigeante qui s’en met plein les poches et dont certains vont faire semblant de ne pas percevoir de bonus en option au titre de
2008… Une classe moyenne qui est de plus en plus en dessous de la moyenne, sauf pour les impôts… Enfin, une sorte de tiers état de travailleurs rémunérés au SMIC et qui représentent 20% des
salariés… Auxquels s’ajoutent les oubliés du système, qui percevront en avril une prime exceptionnelle, une seule fois, de «solidarité active» de 200 euros. Cette aumône s’adressera aux 3,8
millions d’allocataires des minima sociaux: revenu minimum d’insertion (RMI), allocation de parent isolé (API), allocation adulte handicapé (AAH) et minimum vieillesse. Ces allocations concernent
les plus démunis et 10% de la population (conjoints et enfants compris), soit 6,5 millions de personnes: la classe des pauvres. Employer les termes «lutte des classes» peut faire passer son auteur
pour un vilain archéo, crypto-stalinien… et pourtant Warren Buffett, l’homme le plus riche du monde, a bien dit: «La Lutte des classes existe, c’est la mienne qui est en train de
l’emporter*.»
Commentaires