Partager l'article ! "La mise à mort du travail": "La mise à mort du travail" Une passionnante série documentaire ausculte des entreprises et décrypte ...
20 A -
Une passionnante série documentaire ausculte des entreprises et décrypte ces maux qui rongent les salariés. Un réquisitoire accablant, à voir sur France
3.
C'est l'histoire d'une caissière rendue chauve d'angoisse parce que sa direction la force à tourmenter ses collègues. Celle d'une cadre harcelée par son patron, qui se retrouve debout au bord d'une voie ferrée à attendre de se jeter sous le prochain train. Ou celle d'un cadre sup qui, du jour où il crée un syndicat dans sa boîte, s'entend dire par son boss qu'il mérite "une balle dans la tête au parking".
Ces récits presque ordinaires de gens justement sans histoires, collectées par la journaliste Alice Odiot et par la caméra de Jean-Robert Viallet, forment le premier volet d'un triptyque choc, La Mise à mort du travail, diffusé sur France 3. Un documentaire exceptionnel, fruit de trois ans de tournage aux prud'hommes, à la consultation Souffrance au travail de la psychologue Marie Pezé, à Nanterre (Hauts-de-Seine), et surtout au coeur de l'univers le plus secret qui soit : l'entreprise. "Il n'y a pas de monde plus difficile à pénétrer, constate Christophe Nick, producteur, à l'origine du documentaire. Pour ma série Chroniques de la violence ordinaire, j'avais pu filmer au commissariat, sur une base militaire ou au tribunal des enfants. Mais aucune entreprise n'avait voulu nous laisser entrer. Pourtant, il y a bien un rapport entre le boulot qu'on fait et l'état dans lequel on rentre chez soi le soir."
Cette fois, la journaliste Alice Odiot a convaincu une dizaine de sociétés d'ouvrir leurs portes à Jean-Robert Viallet. Pour le réalisateur, "le travail représente une des grandes zones de fracture de la société contemporaine. Nous voulions comprendre quels sont les invariants qui en régissent l'organisation." Pour rendre la chose plus édifiante, il choisit d'ausculter des boîtes "normales" : "Au bout d'un an de tournage, nous nous sommes concentrés sur deux standards de la mondialisation, Carglass et Fenwick Linde."
Toujours plus d'isolement et de détresse
On y voit un fringant manager rongé peu à peu par les cadences intenables ; des télétravailleurs sommés d'aimer une entreprise qui les traite comme des robots ; un patron débiter au kilo des axiomes sur l'excellence et le dépassement de soi ; une paire de consultants mandatés pour faire de "l'extraction de connaissances", ou comment percer les secrets des meilleurs pour en tirer des normes - version ultralibérale du stakhanovisme.
Objectif du réalisateur : pointer les idéologies dominantes en matière de management, qui conduisent depuis vingt ans les salariés à toujours plus d'isolement et de détresse, et montrer comment on invite des ouvriers à optimiser leur production pour pouvoir mieux les virer ensuite. Démonter, enfin, le cynisme des mécanismes financiers qui poussent des fonds d'investissement géants à s'offrir des sociétés à crédit pour leur faire cracher toujours plus de cash. "Ça ressemble beaucoup à la décadence d'une civilisation", juge le psychiatre Christophe Dejours. On en sort glacé d'effroi.
Initialement commandée par France 2 pour sa case documentaire Infrarouge, en deuxième partie de soirée, La Mise à mort du travail est finalement diffusée (pour les deux premiers volets) à 20 h 35 sur France 3. "L'actualité dramatique de ces dernières semaines a imposé l'idée de le programmer à une heure de grande écoute, explique Patricia Boutinard-Rouelle, directrice des documentaires de France Télévisions. La nouvelle émission documentaire de France 3, le lundi soir, nous semblait tout indiquée." Un choix courageux, qui a demandé de raccourcir légèrement les deux premiers épisodes du triptyque. Les scènes coupées, d'ores et déjà visibles sur le site de France 3, seront présentes sur le DVD, bientôt disponible.
Salariés en danger
FO se mobilise
Aujourd’hui, dans certains magasins EURODIF, les conditions de travail affectent la santé des salariés. Les prises d’anxiolytiques, le nombre de plus en plus grand des arrêts maladie traduisent une détresse et une souffrance au travail intolérable.
NOUS SOMMES TOUS CONCERNES.
FORCE OUVRIERE accuse : des surcharges de travail, une pression commerciale, une mauvaise organisation du travail, un sous-effectif, une individualisation qui organisent l'isolement, un stress, une détresse et nourrissent la souffrance.
Les salariées de Nantes nous ont interpellé : le jeudi 20 octobre aura lieu à Nantes une réunion extraordinaire du CHSCT avec pour ordre du jour les conditions de travail.
FORCE OUVRIERE appelle les salariés à se faire entendre pour exiger que cesse le déni patronal sur les conditions de travail, que la société assume son obligation en matière de santé physique et mentale des salariés, que soit reconnue la pénibilité de leur travail.
Si vos conditions de travail sont susceptible d’affecter votre santé ou celle de vos collègues n’hésitez pas contactez nous
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