Les PSE s'enchaînent dans l'aéronautique, avec des entreprises réticentes à recourir à l'APLD

Publié le par angeline351

Les PSE s'enchaînent dans l'aéronautique, avec des entreprises réticentes à recourir à l'APLD

Airbus, Lisi Aérospace, Figeac, Latécoère, Mecachrome ou Daher : la liste des entreprises aéronautiques frappées par la crise est longue comme une piste de décollage. Si, pour l’instant, leurs salariés craignent surtout de se faire débarquer, notre organisation et l’ensemble de ses équipes syndicales sont à l’œuvre pour négocier et signer des accords les protégeant et limitant la casse.
Mais les entreprises jouent-elles le jeu ou ont-elles leur propre agenda ?

La situation est catastrophique
 
L'accord majoritaire sur le PSE et l'instauration de l'APLD a permis de limiter les conséquences sociales chez Airbus mais les PSE s'enchaînent dans la filière aéronautique, chez Lisi Aérospace, FIgeac, Latécoère, Mecachrome ou Daher. Chez Daher, le PSE initial prévoyait 1 261 suppressions d'emplois mais ce chiffre a été réduit durant les négociations, pour s'établir à 582. Je ne suis pas convaincu que nous pourrons réussir ailleurs ce que nous avons fait chez Airbus ou Safran. Nous aurons une vision plus précise de la situation en fin d'année.

Ces plans seront mis en œuvre durant le premier trimestre 2021. Avec la deuxième vague de l'épidémie, même avec les prêts garantis par l'État (PGE), les entreprises auront des problèmes de trésorerie au second trimestre 2021. Prudence et inquiétude sont donc de mise. Avec une reprise d'activité, les PSE seront-ils moins importants ? Airbus semble se préparer à une légère reprise au second trimestre 2021 mais l'activité des compagnies aériennes continue de décliner. L'incertitude est donc grande.

Les entreprises semblent réticentes à recourir à l'APLD
 
Le gouvernement a pris des mesures, nous avons construit des outils avec l'UIMM mais ceux-ci ne bénéficient qu'à très peu de gens. Dans les entreprises, les délégués FO se battent pour élargir le périmètre d'utilisation de l'ALPLD/ARME, comme ça était le cas chez Airbus et Daher.

La négociation avance chez Latécoère mais reste difficile. Ces outils vont permettre de se préparer à la reprise, même en cas de crise longue car ils préservent les emplois et les compétences. Mais beaucoup d'entreprises avancent l'argument que le mouvement actuel est structurel et qu'il faut s'adapter, c'est-à-dire réduire les effectifs.

Or, l'APLD est l'un des outils qui permet justement d'éviter les licenciements contraints. Nous ne sommes pas opposés aux départs volontaires ou aux départs à la retraite mais nous voulons absolument éviter les licenciements contraints.

Une logique financière de rentabilité 
 
Il semble qu'une logique financière de rentabilité soit à l'œuvre, voire la préparation à une consolidation dans la chaîne d'approvisionnement de donneurs d'ordres comme Airbus ou Safran. Le plan de relance présenté par Bruno Le Maire prévoyait d'ailleurs un budget pour une consolidation dans le secteur.

La réticence des entreprises du secteur à recourir aux dispositifs permettant de préserver l'emploi et les compétences pose donc question. Le gouvernement, les organisations syndicales et l'UIMM ont pris leur responsabilités. Les entreprises doivent aussi prendre la leur. Il faut aussi mettre un terme aux délocalisations enclenchées en pleine crise sanitaire. Latécoère a annoncé vouloir délocaliser une partie de la production dédiée à l'Airbus A350 et la fabrication des portes de l’A320 en Bulgarie. L'opération est prévue dans l'année 2021 et ne permet donc pas de maintenir des emplois en France.

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