Élections TPE : FO porte les revendications des artistes

Publié le par angeline351

Élections TPE : FO porte les revendications des artistes

La crise sanitaire malmène le monde du spectacle depuis huit mois et ce deuxième confinement arrive comme une nouvelle chape de plomb. Les artistes et les TPE qui les emploient exigent davantage d’aides.

Certes le gouvernement a engagé des aides, plus de 5 milliards d’euros depuis mars, pour la culture et les médias dont un plan de soutien (activité partielle, fonds de solidarité, prêts garantis par l’État, exonérations de cotisations) de 2,9 milliards d’euros annoncé en mai et un renforcement de ces aides depuis. Mais cela ne résout pas tout. Les 16 000 entreprises de spectacle vivant, sans compter celles de spectacles enregistrés et celles de prestations, sont très inquiètes. Les artistes qui travaillent pour elles, tout autant. Parmi ces très petites entreprises (TPE), plus de la moitié ont zéro salariés permanents. Elles ne tournent qu’avec des intermittents, explique Jean-Luc Bernard, secrétaire général du syndicat FO des musiciens. Contrairement aux grandes structures aux statuts nationaux, territoriaux ou privés et dotées d’une assise financière solide, ces TPE n’ont pas les reins solides. 90 % des compagnies indépendantes n’ont pas de fonds propres, explique Roland Timsit, acteur, metteur en scène et secrétaire adjoint de la FASAP-FO. Or, elles sont les grandes oubliées de la crise. Il faut apporter davantage d’aides et c’est très complexe. Nous craignons des effets d’aubaine, que les aides aillent essentiellement aux grandes structures, s’inquiète Jean-Luc Bernard. Pour faire vivre un spectacle, et donc recruter des artistes, il faut le jouer, le faire connaître, insiste Roland Timsit. Les petites structures indépendantes, qu’il faut soutenir, n’ont que cette solution pour vendre leur travail à de grands centres dramatiques nationaux par exemple.

 Des salariés particulièrement isolés
Ce mode, en quelque sorte, de sous-traitance n’a rien à envier par ses pratiques à celles du monde non artistique. La petite structure est ainsi invitée par la grande à compresser son coût plateau, principalement le coût des salaires, indique le militant pour qui il faut un vrai partage des recettes des spectacles, aider aussi à la diffusion des spectacles, dans les écoles et autres lieux, augmenter le nombre de représentations... Le gouvernement dit aux artistes de s’adapter ? Mais depuis des années nous nous adaptons !. Ainsi, la méthode de financement public des actions culturelles doit être revue, martèle-t-il. Quand des subventions régionales arrivent huit mois après le début d’un spectacle, comment fait-on ? Les artistes salariés des TPE sont particulièrement isolés et s’ils sont en danger, ils ont peur de le montrer et de n’être pas réengagés, explique Jean-Luc Bernard. Ils sont contraints parfois d’accepter des situations qui bafouent leurs droits, s’irrite le musicien, tel le travail non déclaré, le paiement sur facture…. Un artiste musicien peut aussi dépendre, selon son type d’employeur, de conventions collectives différentes. Si celles-ci protègent les plus fragiles, elles restent un socle de garanties. Pour décrocher davantage dans une relation de gré à gré avec l’employeur il faut de la notoriété, explique-t-il. Or, pour beaucoup de salariés ce n’est pas le cas. Autant de difficultés qui soulignent l’importance pour ces artistes de se doter d’une représentation syndicale qu’ils auront choisie et qui portera leurs revendications. Cela passe par le vote FO aux élections TPE du 22 mars au 4 avril 2021.

 VALÉRIE FORGERONT
Journaliste à L’inFO militante

Publié dans INFORMATION, COMMUNIQUE FO

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