Covid-19. Des lycéens manifestent pour dénoncer un protocole sanitaire qu’ils jugent insuffisant

Publié le par angeline351

Covid-19. Des lycéens manifestent pour dénoncer un protocole sanitaire qu’ils jugent insuffisant

Un jour après la rentrée, la grogne monte déjà dans les lycées : des élèves ont manifesté mardi devant des établissements pour dénoncer le protocole sanitaire, jugé insuffisant face à l’accélération de l’épidémie de coronavirus, et des voix réclament déjà en urgence de nouvelles mesures.

Dans la matinée, une dizaine de lycées parisiens ont été la cible de brefs blocages ou de tentatives de blocage. Après l’intervention des forces de l’ordre, la situation s’est rapidement stabilisée, selon le rectorat de Paris.

Les élèves ont dénoncé le protocole sanitaire actuellement en vigueur, qui n’a pas été modifié ou très peu malgré la recrudescence des cas de coronavirus.

« La cantine est toute petite, sans aération »
On est dans un lycée avec des classes de 35, tous collés, a déploré Nora, en terminale au lycée Sophie-Germain.

On a des toutes petites salles. La cantine est toute petite, sans aération et on mange sans les masques… Donc, ce qu’on demande, c’est un nouveau protocole sanitaire qui permettrait aux professeurs de dédoubler leurs classes, a renchéri un de ses camarades, Jules.

Deuxièmement, peut-être une modification des horaires de cantine pour éviter de trop gros flux, et puis un allègement des programmes, a-t-il ajouté.

Ailleurs en France, quelques autres tentatives de blocus ont eu lieu, comme au lycée Pasteur de Besançon, où plus d’une centaine de lycéens étaient mobilisés. A Saint-Nazaire, une dizaine d’élèves du lycée Aristide-Briand ont bloqué les portes de l’établissement, empêchant l’accès aux cours. Au plus fort de la mobilisation, en début de matinée, ils étaient entre 200 et 300 sur place.

Ceux qui ne mettent pas le masque ne sont pas « reprimandés »
Dans notre lycée, les couloirs sont étroits, on est collés-serrés, c’est impossible de ne pas se toucher et il y a 35 élèves par classe, dont certains ne mettent pas le masque et ne se font pas réprimander, a rappelé Anaëlle David, élève en terminale. Si on reste au lycée, on risque de se faire contaminer.

Des blocages ou rassemblements se sont aussi tenus devant plusieurs lycées en Corse, conduits par des lycéens affirmant avoir peur du contexte sanitaire et de la menace terroriste. Ils ont demandé au gouvernement de les mettre en sécurité en fermant les lycées et en installant une continuité pédagogique.

Hormis l’obligation du port du masque en primaire, le nouveau protocole prévu pour la rentrée des vacances de Toussaint invite à limiter les brassages et à respecter la distanciation physique dans la mesure du possible.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, s’est inquiétée des difficultés à le suivre dans les dizaines de lycées surpeuplés de sa région.

Mardi, la région Hauts-de-France a aussi demandé une révision du protocole, pas applicable dans les gros établissements, alors que des enseignants observaient une grève à Roubaix.

Plusieurs syndicats plaident depuis des semaines pour un renforcement des règles et l’accueil des élèves en effectifs réduits, via un système de rotation. Une option pas privilégiée à ce stade par le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, qui veut pouvoir accueillir tous les élèves sur l’ensemble du temps scolaire.

« La situation sanitaire n’est pas tenable »
Le contexte sanitaire est grave, on a fait une rentrée dans les mêmes conditions qu’au mois de septembre, alors que le virus circulait beaucoup moins alors, a regretté Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire.

Son organisation, qui a déposé des préavis de grève, demande en urgence le passage à des demi-groupes, la réorganisation de la demi-pension, le recrutement d’agents pour nettoyer davantage les salles et une réflexion pour renforcer l’aération.

À Bobigny (Seine-Saint-Denis), des personnels en grève de plusieurs collèges ont demandé mardi en urgence une audience au directeur académique.

La situation sanitaire n’est pas tenable, a jugé pour sa part Mathieu Devlaminck, président de l’Union nationale lycéenne (UNL), réclamant la mise en place de demi-groupes et un allègement de moitié des programmes.

Si on ne fait rien, on va tout droit vers une fermeture des lycées dans quelques semaines, a-t-il lancé.

Ce week-end, le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé possible que les lycées referment si les mesures prises ces derniers jours pour freiner l’épidémie ne s’avèrent pas suffisamment efficaces.

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