Yves Veyrier : « Hommage à Samuel Paty »

Publié le par angeline351

Yves Veyrier : « Hommage à Samuel Paty 

Instruire, protéger, informer, rire, sortir et vivre libres entre amis, hommes et femmes, ne pas croire ou croire différemment… c’est ce que l’attentat terroriste – l’assassinat horrible de Samuel Paty – et ceux qui l’ont précédé voudraient empêcher en terrorisant et mettant en cause la République, ses fondements, dont la laïcité et la démocratie.

La Confédération Générale du Travail Force Ouvrière – FO – a toujours affirmé son attachement indéfectible à la République, une et indivisible, laïque, et au rôle de l’instruction publique.

Si nous agissons, bien sûr en tant que syndicat, sur le terrain économique et social, pour l’émancipation des salariés contre toute forme d’exploitation, nous savons que l’émancipation demande de combattre l’ignorance, de permettre à tout un chacun de devenir un citoyen libre, en accédant au savoir, en exerçant son esprit critique.

Combattre l’ignorance dont se nourrissent l’intolérance, l’obscurantisme, la barbarie

C’est ce que voulait Samuel Paty pour les enfants à qui il enseignait. C’est la raison de l’expression immédiate de la confédération, nous replongeant – à nouveau malheureusement ― dans la sidération des attentats de 2012, puis de janvier 2015 contre les dessinateurs journalistes de Charlie Hebdo, l’assassinat de policiers, dont Ahmed Merabet, des personnes de l’Hyper Casher pour leur supposée religion juive, d’un prêtre, ceux de novembre 2015 au Bataclan et aux terrasses des cafés, puis à Nice en 2016, et la tentative récente devant les ex-locaux de Charlie Hebdo…

Nous étions présents dès samedi devant l’école de Samuel Paty, et dans les nombreux rassemblements organisés depuis. Nous étions place de la République dimanche. Pour exprimer notre engagement pour l’instruction publique, laïque, pour la défense sans faille des enseignants et personnels de l’Éducation nationale, et plus largement de l’ensemble des agents publics.

Parce que leur rôle est essentiel, et notre attachement doit l’être, pour combattre l’ignorance dont se nourrissent l’intolérance, l’obscurantisme, la barbarie.

Ce combat est essentiel pour la démocratie, pour la liberté syndicale à laquelle est associée la liberté d’expression. Il est essentiel à l’indépendance syndicale. Celle-ci exige l’aptitude de chacun et chacune de nos adhérents à pouvoir s’exprimer, prendre part au débat, librement, en préservant son libre-arbitre, en se forgeant sa propre analyse et sa propre opinion, sans céder aux pressions et influences extérieures.

Forts, toujours, de nos principes et convictions, nous entendons bien poursuivre en toute indépendance, avec détermination, notre action pour la défense des intérêts moraux et matériels, économiques et professionnels des salariés. À ce titre, nous ne pouvons que nous féliciter d’être parvenus à ce que les cinq confédérations s’expriment conjointement en s’adressant au Premier ministre et au président de la République, notamment pour revendiquer l’abandon de la réforme de l’Assurance chômage et le non-retour de celle des retraites, et exiger des contreparties – en matière d’emplois, de salaires et de garanties collectives – aux aides publiques.
Et nous devons rappeler notre attachement au statut général de la fonction publique, dont l’objet est de préserver les fonctionnaires et agents publics des pressions extérieures et de garantir ainsi la neutralité de la fonction publique et l’égalité de traitement des citoyens. Cela vaut à l’école, à l’hôpital, comme dans toutes les administrations et services publics. C’est pourquoi aussi nous revendiquons les moyens matériels et en personnels qui rendent effectives les protections conférées par le statut.

Publié dans INFORMATION, COMMUNIQUE FO, FO44

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