Toulouse. Sans faire de bruit, cette entreprise "licencie en cascade" : voici comment

Publié le par angeline351

Toulouse. Sans faire de bruit, cette entreprise "licencie en cascade" : voici comment

Pour faire face à la crise dans l'aéronautique, la direction de l'entreprise Alten Sud Ouest licencie des salariés "en cascade" à Toulouse. Les syndicats semblent impuissants.

À l’heure où de grands groupes négocient des accords avec les syndicats, la direction du groupe Alten Sud Ouest mène une stratégie qui lui est propre face à la crise du Covid-19. 

Un secteur en crise
Présente à Toulouse, l’entreprise – spécialisée dans la sous-traitance pour l’ingénierie et le conseil – n’échappe pas à la crise dans l’aéronautique. Ses consultants travaillent, dans l’immense majorité, pour Airbus.

Mais chez Alten, aucun accord pour l’Activité partielle de longue durée (APLD) n’a été signé. La direction n’a pas non plus eu recours à un Accord de performance collective (APC) comme chez Derichebourg. 

Des licenciements « en cascade »
Et pourtant, pour réduire ses effectifs, Alten procède à des « licenciements en cascade ». Les chiffres donnés par un syndicaliste de la CGT parlent d’eux-mêmes : « nous étions 1 978 salariés en septembre, contre 2 112 salariés en février ».

Ce responsable syndical, qui préfère garder l’anonymat, confie assister quasi quotidiennement à des entretiens préalables au licenciement pour des collègues. Ces dernières semaines, le phénomène s’accélère.

Une procédure bien rodée…
Ces ruptures de contrat sont brutales et suivent un même schéma. Le syndicaliste de la CGT décrit, pour Actu Toulouse, le procédé :

« L’entreprise propose à des consultants des missions éloignées, par exemple à Lille, Orly ou Istres, avec une date de démarrage au cours du mois. En cas de refus, la société fait valoir la clause de mobilité nationale au sein du contrat. Quelques jours plus tard, l’intéressé reçoit alors une convocation pour un entretien préalable au licenciement. La procédure se répète à chaque fois ».    

Airbus, pour principal client 
Un autre responsable syndical, cette fois à la CFDT, admet son impuissance face à cette situation : « Des salariés sont en effet licenciés, parce qu’on leur propose des missions lointaines. La région toulousaine est très impactée au niveau de l’emploi, ce n’est pas un secret. Alten Sud Ouest est un sous-traitant de rang 1 dans l’aéronautique avec un client ultra-majoritaire, à savoir Airbus ».

Des syndicats impuissants
L’élu syndical confie avoir très peu d’échanges avec la direction. « Quelle est la stratégie d’Alten ? Je n’ai pas de réponse à cette question. Pour éviter ces licenciements, nous avons proposé de recourir à l’Activité partielle de longue durée. Nous n’avons pas eu de retour à ce sujet ».

Taux de syndicalisme faible
Les syndicats seraient-ils impuissants, face à la direction ? « Notre taux de syndicalisme, chez Alten Sud Ouest, est de moins de 1% », rappelle ce syndicaliste à la CFDT. « Ce n’est pas Airbus ». Son collègue de la CGT renchérit :

« Nous sommes dans une entreprise avec de jeunes ingénieurs, et une culture individualiste. Il y a un problème de culture syndicale dans l’entreprise. Les syndicats sont vus comme des empêcheurs de tourner en rond. En cas d’échec, ces salariés pensent pouvoir trouver mieux ailleurs. Sauf qu’aujourd’hui, les autres entreprises n’embauchent pas ».  

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