Ces 5 tendances bio pas si écolos... ni économiques

Publié le par angeline351

Ces 5 tendances bio pas si écolos... ni économiques

Le bio a bon dos. Aujourd'hui, de nombreuses marques adoptent la publicité verte pour séduire le consommateur : packagings verts, mise en avant de composants naturels... Mais derrière les étiquettes, les ingrédients et les provenances sont souvent loin d'être irréprochables. On décortique pour vous 5 champions du greenwashing.

Les huiles essentielles, les fausses amies de l'écologie
On décline leur usage à toutes les sauces : contre l'anxiété, les boutons, les brûlures, les crampes... L'aromathérapie s'est invitée partout : il se vend 2000 flacons d'huiles essentielles par jour ! La raison de leur succès ? Leurs vertus 100 % naturelles, les huiles essentielles étant obtenues par distillation de la plante.

Toutefois, les huiles essentielles ne sont pas si green. Pour commencer, elles représentent un danger pour la santé si elles ne sont pas bien dosées et diluées. Difficultés respiratoires, allergies, convulsions... Naturel ne veut pas dire bénin !

Les huiles essentielles ont aussi un fort impact écologique. Pour créer 1 flacon d'huile essentielle, il faut une énorme quantité de matière première. Ainsi, 1 litre d'huile essentielle de rose nécessite... 500 kg de roses. Pour répondre à la forte demande mondiale, les plantes sont ainsi produites en agriculture intensive. Et les molécules atterrissent dans les eaux usées, mettant la flore aquatique en première ligne des victimes.

Quelles alternatives ?

Si vous utilisez un diffuseur d'huiles essentielles, dosez son usage. En principe, il doit être dédié avant tout à un traitement thérapeutique. Cela vous permettra aussi de faire des économies sur son utilisation : un flacon coûte en moyenne 7 à 10 €. Sélectionnez donc des flacons multi-usages, comme le tea tree, la lavande vraie ou la menthe poivrée !
Les capsules de lessive hydrosolubles, la tendance vraiment biodégradable ?
Elles représentent 25 % du total des produits de lessive vendues en France. Il faut admettre qu'elles sont bien pratiques : adieu les gros bidons de lessive, il suffit de jeter une capsule avec le linge sale, d'appuyer sur ON, et roulez tambour. Vous avez exactement la bonne dose de lessive et en plus, vous ne produisez aucun déchet. Une bonne initiative écolo, non ?

Sauf que... pas vraiment. Certes, l'enveloppe hydrosoluble ne finira pas à la poubelle. Mais sa compo n'est pas irréprochable pour autant. Une enveloppe de capsule est fabriquée à base de PVOH (ou alcool polyvinylique). Un composant utilisé dans l'élaboration de colles qui, mal traité dans les stations d'épuration, peut être toxique pour la faune aquatique.

Autre problème : la composition de la lessive elle-même (tensioactifs, thiazolinones, allergènes...). Bref, si vous voulez faire un éco-geste, ne pensez pas seulement zéro déchet : checkez la composition en entier.

Quelles alternatives ?

Aujourd'hui, la meilleure lessive zéro déchet est encore la lessive en poudre vendue en vrac dans les magasins bio. Vous pouvez aussi la faire maison à base de savon de Marseille en copeaux et de cristaux de soude.

Les objets en bambou : la tendance économique... et polluante
Le bambou a tout bon. Du moins sur le papier : il est 100 % recyclable, il pousse vite sans demander beaucoup d'eau et il a les mêmes qualités esthétiques que le bois. En bonus, il est facile à découper et très léger tout en étant résistant. On l'a donc invité partout : sur les revêtements de sol, la vaisselle, les objets du quotidien... et même la vaisselle jetable.

Propulsé matériau écolo par excellence, le bambou est devenu victime de son succès, au point d'accélérer la déforestation mondiale. La culture du bambou, c'est aujourd'hui une industrie à 60 milliards de dollars dans le monde.

Qui dit profit dit emplois et accroissement d'exploitation : des espaces naturels ont été entièrement reconvertis, un vrai coup de bambou pour nombre d'écosystèmes fragiles. Sans oublier la fibre de bambou, utilisée pour produire des vêtements : elle est soumise à nombre de traitements chimiques et toxiques (soude, sulfure d'hydrogène...) qui alourdissent le bilan écologique de la fast fashion.

Quelles alternatives ?

Tout n'est pas à jeter dans le bambou : son recours peut avoir un impact moindre que le bois classique pour certains objets durables. En revanche, fuyez les vêtements en viscose de bambou. Et recourez à l'achat d'occasion quand vous le pouvez !

Les faux cosmétiques bio : l'arnaque écologique
Aujourd'hui, on a l'impression que toutes les marques de cosmétiques se sont mises au vert. Emballages green, ornés de fleurs ou d'arbres, mention d'éléments naturels, formulations "sans" (sans paraben, sans silicones)...

Pourtant, les arnaques et les abus de la mention "bio" sont légion dans les rayons. L'argument bio fait vendre, les marques l'ont bien compris. Vous risquez donc de payer au prix fort des arnaques bien camouflées.

Si vous voulez éviter les composants pétro-chimiques, résistez donc aux sirènes des packagings. La seule façon de bien choisir, c'est de lire les petites lignes !

Checkez la composition INCI (International Nomenclature Cosmetics Ingredients) de votre produit. Vous aurez une idée très rapide de son degré de fiabilité. Pas besoin d'avoir un diplôme de chimiste, des applications et des sites peuvent faire le déchiffrage des composants pour vous : INCI Beauty, Pharmapocket, Yuka, Zenziscope...
Fiez-vous aux écolabels certifiés : Ecocerf, Cosmebio, Demeter, Natrue... Vous serez assuré que les composants de votre produits auront été examinés : origine, type de production, naturalité, etc.
Quelles alternatives ?

Si vous voulez vraiment minimiser l'impact de vos achats cosmétiques, il existe des marques certifiés écologiques, vegan et zéro déchet. Un bon combo pour réduire au maximum votre bilan carbone. Vous pouvez aussi faire certains produits maison !

La trottinette électrique, la mobilité pas si verte
C'est LA grosse tendance mobilité responsable. La trottinette électrique s'est répandue dans toutes les villes et a conquis des milliers d'adeptes. On peut l'acheter, la louer, circuler dans les rues à 25 km/h et se faufiler partout là où, en voiture, les embouteillages nous mettent au point mort. Le tout pour un encombrement minimum : une fois pliée, elle se transporte et se range à peu près partout grâce à ses 5 kg maximum.

Hélas, d'un point de vue écologique, la trottinette électrique pèse son poids : d'une durée de vie réduite (6 mois), elle nécessite des composants extrêmement polluants : aluminium, acier, sans compter la batterie lithium-ion (à remplacer au bout de 1000 recharges en moyenne) et le moteur électrique.

En somme, selon une étude du cabinet Arcadis, le bilan carbone d'une trottinette électrique équivaut à celui d'une voiture de 3 passagers. C'est beaucoup pour un véhicule de cette taille... et de cette durée de vie. Pas si écologique, et encore moins économique !

Quelles alternatives ?

La même étude du cabinet Arcadis a montré que les consommateurs de trottinettes électriques étaient plus d'anciens piétons que d'anciens conducteurs.

En milieu urbain, les modes de déplacement alternatifs ne manquent pas : transports en commun, vélo... ou vos pieds, ce qui sera bien meilleur pour votre santé (et votre sécurité).

Contrairement à ce que le greenwashing veut nous faire croire, consommer bio n'est pas si simple. Impact environnemental, obsolescence, publicité mensongère... Faites le tri parmi les nombreuses offres pour choisir les produits qui épargneront la planète et votre porte-monnaie.

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