EDF économise et met fin aux déplacements en première classe

Publié le par angeline351

EDF économise et met fin aux déplacements en première classe

L'énergéticien a détaillé son plan d'action pour économiser 500 millions d'euros entre 2019 et 2022 et ainsi faire face aux effets de la crise sanitaire. Au menu : la fin des voyages en première classe pour les déplacements professionnels, des possibles incitations au départ en retraite et le report de projets informatiques.

C'est un air de déjà-vu qui plane chez EDF. Les plans d'économies y sont devenus un exercice régulier et pour faire face à la crise du Covid-19, l'énergéticien doit à nouveau se serrer la ceinture. Cette fois, le groupe s'est fixé un objectif de 500 millions d'euros d'économies à réaliser entre 2019 et 2022.

Pour y parvenir, EDF doit redoubler d'inventivité car ses marges de manoeuvre sont faibles. En effet, la plupart de ses investissements sont contraints car liées à l'entretien de son parc nucléaire ou à des chantiers clefs comme le déploiement de Linky, par exemple. Détaillées ce vendredi devant les représentants des salariés d'EDF, certaines nouvelles mesures d'économies font du remous.

La fin des voyages en première classe
La plus polémique d'entre elles ne sera sûrement pas la plus rémunératrice pour EDF. Cela ne l'empêche pas de nourrir une fronde syndicale. « Le comité exécutif a décidé de ne plus autoriser les voyages en première classe pour les déplacements professionnels. Or, cette décision va à l'encontre d'un accord de la branche professionnelle des Industries Electriques et Gazières », explique Hervé Desbrosses, délégué syndical central CFE-CGC chez EDF. S'il reconnaît que l'accord de branche en question date de 1956 et qu'il pourrait être modernisé, il n'entend toutefois pas tirer une croix sur cet acquis. « Ce sont des économies de bouts de chandelle », fustige de son côté, Philippe Page Le Merour (CGT), le secrétaire du comité social et économique central d'EDF SA.

Chez EDF, cette mesure fait partie d'une logique plus globale qui consiste à mieux maîtriser les dépenses de communication, d'événementiel, de conseil, de formation, d'immobilier ou encore de transport et de logistique. Pour atteindre ses objectifs de réduction de coûts, EDF mise aussi, entre autres, sur ses achats informatiques et télécoms. De sources syndicales, le groupe entend reporter les projets informatiques, lorsque cela est possible.

La maintenance nucléaire doit aussi participer
Les « métiers coeur » du groupe, c'est-à-dire la production nucléaire, devront aussi faire des efforts. Selon des sources syndicales, EDF vise une économie de 100 millions par an sur son budget de maintenance dans le nucléaire en France en 2021 et en 2022. Dans le nucléaire au Royaume-Uni, l'objectif a été fixé à 110 millions par an sur la même période. Un montant qui reste toutefois très modeste au regard des milliards investis chaque année dans le parc de réacteurs d'EDF.

Le dernier volet du plan d'économies d'EDF vise sa masse salariale. Là encore, le sujet fait débat. « La mise en oeuvre d'un plan est à l'étude pour inciter au départ à la retraite des salariés qui bénéficient de l'ouverture de leurs droits mais qui restent dans l'entreprise. Ce plan viserait en particulier les cadres supérieurs. Une telle mesure discriminatoire n'est pas acceptable », alerte Hervé Desbrosses.

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