Budget européen, plan de relance : les 27 entrent dans l'arène

Publié le par angeline351

Budget européen, plan de relance : les 27 entrent dans l'arène

 

Quand il y a 1.800 milliards d'euros sur la table, il vaut mieux être physiquement autour. Pour la première fois depuis plus de quatre mois, les chefs d'Etats et de gouvernement de l'UE se retrouveront de visu, ces vendredi et samedi à Bruxelles, pour un sommet européen crucial .

Objectif : trouver un accord sur le futur budget communautaire 2021-2027, qui devrait osciller entre 1.000 et 1.100 milliards d'euros, et sur le plan de relance qui lui est adossé, de 750 milliards d'euros, qui se veut la réponse du Vieux continent à la crise du Covid-19.

Initié par le couple franco-allemand et salué par une majorité d'Etats, le projet de plan de relance se heurte aux fortes réticences de quatre pays du nord autoproclamés « frugaux » , les Pays-Bas, la Suède, le Danemark et l'Autriche, emmenés par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte. Ils revendiquent une meilleure gestion de leurs finances publiques et s'opposent à l'idée que 500 milliards du plan de relance soient distribués sous la forme de subventions et non de prêts.

 

Cette approche par subvention, qui serait une forme de transferts budgétaires entre Etats, constituerait une petite révolution et un fort signal en faveur de l'intégration européenne. Un accord nécessitant l'unanimité, tout l'enjeu sera de convaincre ces « frugaux » de franchir le pas d'un endettement commun pour financer le plan, une idée dont ils ont longtemps refusé d'entendre parler. Depuis un mois, les rencontres se multiplient pour convaincre leurs dirigeants , vers lesquels seront braqués les regards.

Amadouer les frugaux
Vendredi dernier, Charles Michel, le président du Conseil européen, a lancé le mouvement en dévoilant une « boîte de négociation » dont l'objectif est clairement d' amadouer les pays réticents . Il a en particulier revu à la baisse le montant du budget européen proposé en mai par la Commission européenne, remonté à 30 % la part des dépenses devant être consacrée au climat et avancé à 2027 le début des remboursements de l'emprunt commun.

Autant de gestes dont l'objectif est de préserver la magnitude du plan de relance, ce qui constitue aussi la priorité d'Emmanuel Macron et d'Angela Merkel. Cette dernière a fait un geste fort en brisant face à l'ampleur de la crise le tabou d'une dette commune . Elle sera d'autant plus à la manoeuvre lors de ce sommet que l'Allemagne occupe la présidence tournant de l'Union depuis le 1er juillet.

 

Jeudi, Christine Lagarde, présidente de la BCE, a appelé les dirigeants européens à adopter « rapidement » ce plan de relance, auquel elle apporte son « soutien. » Elle a estimé qu'il devait être constitué « de subventions » d'une ampleur « supérieure » au montant de prêts.

Paris veut un plan ambitieux
L'équilibre entre ces deux dispositifs sera bien au coeur des débats. Si les pays frugaux ont fait du chemin sur l'idée de subventions, ils tiendront à en réduire le montant et à obtenir de solides garanties sur la gouvernance de ces fonds et les conditions de remboursement de l'emprunt commun de 750 milliards d'euros. De fait, pointent-ils, les pays qui seront les principaux bénéficiaires du plan, à commencer par l'Espagne et Italie (172 et 140 milliards d'euros respectivement) sont aussi les plus dispendieux. Ils attendent donc en réponses des efforts structurels sur leurs finances publiques, et « des promesses de réforme, on en a déjà entendu », a raillé Mark Rutte, évoquant les retraites ou le marché du travail. Les conditions dans lesquels les plans de relance nationaux financés par l'emprunt communautaire devront être validés par le Conseil européen seront très discutées.

A ces débats s'ajouteront ceux, classiques mais toujours laborieux, sur le montant final du budget européen et la répartition de ces fonds, notamment en faveur de la Politique agricole commune. Sans oublier l'épineuse question de la conditionnalité de l'accès à ces fonds au respect de l'Etat de droit, le Hongrois Viktor Orbán menaçant ici de renverser la table . Paris juge « possible » de parvenir un accord dès ce week-end. Il s'annonce long.

Publié dans INFORMATION, EUROPE

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