NOVEMBRE 1995 – NOVEMBRE 2019 LA « GUERRE DES CLASSES » … DU XXIIÈME SIÈCLE.

Publié le par angeline351

NOVEMBRE

 

1995 – NOVEMBRE 2019 LA « GUERRE DES CLASSES » … DU XXIIÈME SIÈCLE.

 La presse titre ce jour : « réforme des retraites, les français résignés ? ».

La presse, presque toute au service du gouvernement et du MEDEFDT agite le spectre de novembre-décembre 1995, et peut-être même, « pire ». Il est vrai que depuis, le « dégagisme » est passé par là. Enfin !

« Ils » ont peur. Pas du 5 décembre, mais du « risque » de reconduction.

Il ne s’agit pas ici de retracer l’historique de novembre-décembre 95. Au centre, il y avait la tentative de « hold-up » (Marc Blondel) sur notre sécu, conquête des combats révolutionnaires de 1944-1945.

La presse aux ordres, « les chiens de garde » s’était déchaînée. Ce sera la même chose cette fois, avec en prime, les chaînes de désinformation en continue …

L’axe de la « modernité », le Monde, Libération, Esprit, Témoignage chrétien avaient mené campagne en soutien de la CFDT et de Nicole Notat. Le plan « vigi-sécu » apporte tout son soutien à Juppé.

Ce n’était pas suffisant : il fallait du renfort. Quelques exemples :

Le FIGARO : « Les agents de la SNCF et de la RATP rançonnent la France pour la pressurer davantage. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, de corporatisme, c’est-à-dire de racket social ».

Le POINT : « Il y a d’un côté la France qui travaillent, veut travailler et se bat et de l’autre, la France aux semelles de plomb, campée sur ses avantages acquis. » On pourrait en citer des centaines d’autres tout aussi délectables. Sauf que les « semelles de plomb » pourraient bien leur botter le c…

Les gens de « droite », de « Gauche », d’ « extrême droite » se relaient sur le petit écran pour dénoncer FO, « le « fromage de FO … ». Logique.

Notons bien que les partisans des contre-réformes et de « l’ordre républicain », – c’est-à-dire du maintien du régime du « coup d’Etat permanent » – (Mitterrand en 1964), n’avaient pas imaginé de faire défiler bras-dessus, bras-dessous, exploiteurs et exploités, en « défense de la planète », menacée par le … Climat. Le combat de classe reprenant tous ses droits, les processions vertes pourraient bien avoir du plomb dans l’aile … 

Les militants syndicalistes les gilets jaunes, les jeunes, habitués aux campagnes de haine des médias et à la répression d’Etat ne se laisseront pas intimider.

2 Comme toujours, il peut y avoir dans nos rangs syndicaux quelques défections.

Un bulletin relativement confidentiel, partisan de « l’action directe » publie ceci :

« Nous n’avons rien à attendre d’elles (des directions confédérales) pour réussir le 5 décembre et le moins que l’on puisse dire, c’est que les confédérations y vont « piano-piano ». Cela ne sent pas la poudre ! ». Difficile d’être plus déconnecté de la réalité.

Le même qui dénonce les « directions confédérales » ne se pose pas la question de la reconduction, c’est-à-dire de la grève générale.

L’objectif est d’être là le 5. Un point, c’est tout. Pourquoi ?

La réponse figure dans un autre article, du même bulletin, anonyme celui-là :

« Il me semble, mais j’espère bien me tromper, que si la France n’est pas bloquée, économiquement parlant le 5 décembre au soir, le syndicalisme de lutte de classe aura, non seulement pris un sacré morceau de plomb dans l’aile, mais aura du mal à s’en remettre, non seulement en ce qui concerne la confiance qu’auront pu lui accorder les ouvriers et salariés jusque-là … ! »

Il y a toujours eu des syndicalistes terriblement révolutionnaires en … « peaux de lapins ».

Comme les pacifistes, pacifistes en temps de paix, ils ne sont plus guère « lutte de classes » quand le moment est venu pour la classe ouvrière d’engager l’offensive.

Si la perspective, comme le sous-entend l’extrait ci-dessus, c’est la reconduction d’un 30 novembre 1938, alors ? « tout le monde aux abris » en attendant des jours meilleurs ?

Le 30 novembre 1938, la CGT toujours « unifiée » (jusqu’à la signature du « pacte germano-soviétique ») appelle du bout des lèvres à une journée de grève pour protester contre les décrets Daladier : remise en cause des 40 heures etc. Les trois tendances – personnifiées par Frachon (membre du BP du PCF), Jouhaux (« réformiste »), et Belin (le futur ministre du travail de Pétain) sont d’accord pour limiter la « grève » à une journée. Malgré cela, il y a plus de 2 millions de grévistes. L’ex chef du « Front popu », le radical Daladier déchaîne la répression. C’est Daladier à visage découvert.

Mais nous ne sommes pas en novembre 1938.

Document : mémoires politiques de l’ambassadeur de France à Berlin Coulondre. La scène se déroule le 29 novembre 1938. Discussion entre Herman Goering et Robert Coulondre.

Goering : « Demain est un jour grave pour votre pays. Si le parti du désordre venait à l’emporter la révolution qui bat déjà vos portes pourrait entrer chez vous ».

Et qui sait, en Allemagne …

« J’ai confiance dans votre chef (Daladier). Je suis certain qu’il aura le dessus. Mais surtout, qu’il ne cède pas d’un pouce. C’est à cette condition qu’il matera les mutins. Je parle par expérience ».

L’ambassadeur lui offre en remerciements de ses réconfortants conseils, cinquante bouteilles de Pommery 1928 … (Source : « De Staline à Hitler, souvenirs de deux ambassades ; 1936-1939 ». Page 217).

Pour ces deux-là, le « démocrate » et le « totalitaire », il y a bien une « guerre des classes ».

Publié dans INFORMATION, FO44

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