HÔPITAL PUBLIC. LA POURSUITE ININTERROMPUE DES CONTRE-RÉFORMES. XVIIÈME CONGRÈS CONFÉDÉRAL : AVRIL 1992.

Publié le par angeline351

HÔPITAL PUBLIC. LA POURSUITE ININTERROMPUE DES CONTRE-RÉFORMES. XVIIÈME CONGRÈS CONFÉDÉRAL : AVRIL 1992.

 

 1992 : la politique de destruction de l’hôpital public après une dizaine d’années de « budget global » commence à peser lourdement.

« L’Hôpital est menacé » indique le rapport préparatoire au congrès. En voici quelques extraits.

« L’hôpital est menacé. L’hospitalisation représente des sommes importantes dans les dépenses de santé. Les secteurs hospitaliers publics et privés représentent 53 % des dépenses de l’assurance maladie du régime général, soit 175 666 millions en 1990. Comment les salariés que nous sommes pourraient-ils se désintéresser de l’hôpital sachant que près de 90 % des dépenses hospitalières sont en fait couvertes par la Sécurité Sociale, sachant le rôle social et humain que jouent les 1059 hôpitaux publics existant dans ce pays ?

Pourtant les critiques fusent de nombreuses sources, attaquant le fonctionnement de l’hôpital, trop cher, trop lourd, mal administré et qui émanent souvent de milieux qui ont eu, à une époque ou à une autre, la responsabilité de la conduite de la politique hospitalière ».

Le rapport note que la Compagnie Générale de Santé, filiale de la Générale des Eaux est à l’affût d’un marché qu’elle espère juteux ; et qu’ « un grand groupe de BTP échoue de peu dans le montage d’un institut du cœur dont il aurait assuré le financement et la gestion ».

Suivent quelques chiffres.

« Les suppressions annoncées sont ainsi réparties :

Court séjour.

Médecine : entre 29 000 et 34 000 lits.
Chirurgie entre 21 000 et 24 000 lits.
Gynécologie : entre 5000 et 6000 lits.
Long séjour.

Psychiatrie entre 55 000 et 64 000 lits.
Mais préviennent les maniaques des coupes, « on se fait de grandes illusions en pensant réaliser des économies par la fermeture de 5 % seulement de lits dans un établissement. Les fermetures partielles n’auront que peu d’impact. Il faut fermer des centres de soins ou tout au moins des services entiers ».

Le crime est signé : Pr VIENS-ESSEC SANTE.

Le rapport confédéral poursuit :

« La régulation économique fut dénoncée dès son origine par la Confédération CGT-FO : budget global appliquée administrativement avec un taux directeur défini arbitrairement par le Ministère des Finances. De surcroît, la Confédération a dénoncé le forfait hospitalier, parfaitement injustifié dans son principe et générateur d’inégalités flagrantes pour les malades disposant de ressources modestes ».

Le père du budget global,  le ministre PCF, Jack Ralite, à droite sur la photo.

La loi de juillet 1991.

Le rapport décortique la loi de juillet 1991. En voici un très bref résumé.

Le rapport indique :

« Force ouvrière a regretté que la notion fondamentale définissant l’hôpital comme service public hospitalier pivot du système de santé  ait disparu alors qu’elle figurait dans l’exposé des motifs de la loi de 1970 ».

Parmi les dangers évidents d’une loi intégralement réactionnaire, le rapport note que : l’établissement des nouveaux Etablissements publics de santé est « porteur d’illusions et de nouveaux conflits… »

« Conflits dans la tentative d’éclatement de la représentation du personnel par la multiplication de « conseils », accentuant les clivages catégoriels.

Ces réformes portent atteinte à la représentation par délégation assurée par les syndicats dont on parviendrait ainsi à marginaliser le rôle.

Il s’agit ainsi d’inscrire l’ensemble des personnels dans une logique de projets définis par Etablissements, (1) le tout restant encadré au plan budgétaire, par l’enveloppe régionale, après négociations entre les caisses et l’établissement hospitalier concerné …

« Négociations » avec un révolver braqué sur la tempe puisqu’il n’est pas question de sortir de la logique de l’enveloppe fermée.

Pour mettre en œuvre cette démarche, le texte de loi instaure tout un écran d’organismes, tels que, Conseils de services, de départements, services de soins infirmiers, comités techniques d’établissement … »

A quoi servent tous ces bidules ?

Le rapport préparatoire au congrès répond avec la plus grande clarté.

« Ils tendent en priorité à marginaliser les organisations syndicales, voire à les laminer (2) si elles n’adhèrent pas ouvertement au projet d’établissement. Sous couvert de libre expression des salariés, on en arrivera à favoriser l’éclosion de certaines formes de corporatisme ».

C’est en effet le sens des contre-réformes initiées dès 1982 par la très cléricale, certes de « gauche », CFDT.

Le chapitre Assurance-maladie et hôpital se conclut par cette autre mise en garde :

« D’autres points mériteraient d’être développés, en particulier les relations hospitalisation publique et privée, le rééquilibrage se faisant au profit du privé le financement régional des établissements de soins, générateur, sur le long terme de graves inégalités dans un contexte économique dégradé … »

Octobre 1993 : XXIème congrès national de FO, SERVICESPUBLICS ET DE SANTE ;

Un chapitre du rapport est consacré aux urgences.

«  Le scandale des urgences.

« Ne nous y trompons pas, indépendamment des arguments éhontés avancés par un organisme de consommateurs et relayés par le ministre de l’époque, le plus insignifiant qu’il nous ait été donné de connaître, la mise en cause des urgences n’était pas sans arrière-pensée.

Nous pouvons affirmer sans crainte de nous tromper qu’il s’agissait d’une opération … conduisant à équilibrer public et privé.

En effet, la fermeture d’un certain nombre de services d’urgence permettait de réaliser une partie des objectifs de suppression de 60 000 lits (« revendication » CFDT) et dans le même temps, d’offrir le relais à l’hospitalisation privée, qui, lors de son congrès en juin 1992, recevait du Directeur des Hôpitaux, l’accord lui permettant de participer à l’accueil et au traitement des urgences.

Pour FORCE OUVRIERE, notre exigence demeure le maintien d’antennes de première urgence au plus près de la population ».

Ce ministre insignifiant aura fait de nombreux émules.

1995, ce sera le plan CFDT-Juppé-droit-dans-ses-bottes, contre la sécu, l’assurance maladie et les retraites. 

Le XVIIIème congrès confédéral se réunit en 1996. Ce sera l’objet de l’article suivant.

La loi scélérate Jospin, loi dite « d’orientation » est calqués sur un schéma identique : éclater l’Education Nationale en une poussière « d’établissements » ayant chacun son caractère propre, son « projet ».
Les «laminer ». Bien sûr. La loi Auroux dite « d’expression directe des salariés » avait déjà pour fonction de « pulvériser » les confédérations. (Selon le terme inoubliable de monsieur Praderie, chef de cabinet de Jean Auroux ; discours devant les patrons de la région nantaise, intervention rendue publique par la presse confédérale).
1992 … 2020. « Les héros en blouses blanches … »

1er mai 2019 à Paris. A l’appel des deux confédérations ouvrières, FO et CGT, des milliers de manifestants bravent les « forces de l’ordre ». Les personnels hospitaliers sont présents pour rappeler leur refus de la contre-réforme des retraites et exiger que s’ouvrent de réelles négociations pour la satisfaction de leurs revendications catégorielles.

Comme d’habitude, les « forces de l’ordre » chargent.

Les « streets médics », sont là pour venir en aide aux travailleurs, matraqués, gazés, ou victimes de tirs de LBD … dont les stocks semblent inépuisables !

JM

 

 

 

Publié dans INFORMATION, FO44

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