e me sens trahie" : des mères privées du maintien de salaire promis en cas de garde d'enfants pendant le confinement

Publié le par angeline351

Je me sens trahie" : des mères privées du maintien de salaire promis en cas de garde d'enfants pendant le confinement

Malgré la promesse du gouvernement, certains salariés n'ont pas reçu de leur employeur le complément que devait leur permettre de toucher 90% de leur salaire.

Si vous êtes un parent qui garde son enfant, vous avez au moins 90% de votre salaire." Au deuxième jour du confinement en France, la ministre du Travail Muriel Pénicaud avait été claire : tous les parents contraints de se mettre en arrêt pour s'occuper de leurs enfants auraient droit à un maintien quasi-intégral de leur paie. "On va obliger tous les employeurs à payer la partie complémentaire jusqu'à 90%", avait-elle assuré, mercredi 18 mars, sur Radio Classique.

Cette promesse, Louise* ne l'a pas oubliée. "Au début, j'avais même compris qu'aucun salarié ne perdrait un centime", se souvient-elle. A la mi-mars, cette mère de 44 ans s'est mise en arrêt de travail pour garder son fils de 5 ans, qu'elle élève seule. En temps normal, elle dit gagner "environ 1 200 euros par mois" comme employée du secteur de la relation client. Fin mars, elle n'a pourtant découvert que 738 euros sur son compte. "J'étais effondrée. Je me suis sentie trahie par mes gouvernants, par rapport à leur promesse", confie-t-elle.

Comme prévu, la Sécurité sociale a pris en charge 50% de son salaire sur la période d'arrêt. Mais l'employeur de Louise n'a pas versé les 40% restants. Il s'est contenté de payer les jours de travail de la première quinzaine de mars. Il est en tort, pense alors Louise. "Mais je suis nouvelle dans l'entreprise et tous les autres salariés sont en télétravail, je ne sais pas vers qui me tourner, dit-elle. Je n'ose trop rien dire, pour ne pas compromettre ma situation. J'ai peur des sanctions, j'ai peur de me retrouver SDF."

D'autres mères précaires privées de complément
Des témoignages de mères de famille découvrant un salaire nettement amputé, franceinfo en a recueilli plusieurs. Marion*, 32 ans, téléopératrice dans le Sud-Ouest, n'a touché que 770 euros le mois dernier, contre 1 100 euros d'habitude. Là aussi, l'employeur n'a payé que les jours travaillés avant la fermeture des écoles. "J'ai un loyer de 600 euros à payer et deux enfants de 5 et 7 ans à nourrir, soupire la trentenaire. C'était déjà pas la folie tous les mois, mais là, je vais devoir tout limiter. J'ai déjà demandé à ma banque de repousser de trois mois mon crédit auto."

Gouvernante au sein d'un grand groupe hôtelier, Stéphanie* n'a reçu que 1 173 euros en mars, contre 1 500 euros d'ordinaire. Là aussi, pour la deuxième moitié du mois, seule la Sécu a versé des indemnités. "Mon employeur ne paie pas les 40% parce que je n'ai pas un an d'ancienneté, paraît-il", témoigne cette mère de 30 ans. En poste depuis septembre, Marion, la téléopératrice, a reçu la même réponse.

On m'a dit que c'était normal de ne pas avoir de complément, parce que j'étais depuis moins d'un an dans l'entreprise.

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