Coronavirus : les soignants brestois en première ligne pour délester les hôpitaux parisiens

Publié le par angeline351

Coronavirus : les soignants brestois en première ligne pour délester les hôpitaux parisiens

Ils ont organisé le transfert de 16 patients atteints du coronavirus depuis Paris jusqu'à la pointe finistérienne : les soignants de l'hôpital de Brest sont sur le front pour prendre en charge ces malades venus d'autre régions, tant que le pic de l'épidémie n'est pas atteint dans le département.

Ils ne sont pas submergés par les patients bretons atteints du Covid, du moins pour l'instant : les soignants du CHRU de Brest sont donc en première ligne pour gérer le transfert et accueillir les malades d'autres régions. La Cavale Blanche, qui en a accueilli dix ce mercredi 1er avril (six autres étant hospitalisés à l'HIA), tente d'anticiper cette demande de soutien des hôpitaux de Paris et de l'Est, d'autant qu'elle pourrait se répéter dans les prochaines semaines.

Des transferts minutieusement préparés
Impossible de transformer un train en salle de soins d'un claquement de doigt : le matériel médical a été envoyé depuis Brest dès lundi, les équipes soignantes ont suivi mardi. _"_On a préparé les wagons avant d'aller récupérer mercredi matin les patients dans les différents hôpitaux", explique Alexis Philippe, médecin anesthésiste au SAMU de Brest. 

"En arrivant sur place gare d'Austerlitz, une certaine anxiété s'installe car ce n'est vraiment pas comme d'habitude, lance Nicolas Ferrière, un des réanimateurs. Finalement, _la coopération favorise la fluidité du transfert_". "Il y a eu des moments intenses, notamment pour aller récupérer les patients dans des services de réanimation différents au sein de chaque hôpital, ça a mobilisé beaucoup de monde", ajoute Gwenaël Prat, médecin réanimateur.

On s'est retrouvé dans les wagons comme si c'était des salles de réanimation, avec toute la logistique et les médicaments nécessaires.

Les équipes de pharmacie ont également dû préparer une soixantaine de produits : "on a équipé chaque voiture du train avec le matériel nécessaire, indique Catherine Balcon. Pendant le trajet, notre rôle était d'ajuster les médicaments et dispositifs en fonction des besoins". 

Peu de patients finistériens en réanimation
Alors que les hôpitaux d'autres régions sont débordés, le Finistère est pour l'heure relativement épargné par l'épidémie. Le CHRU de Brest tente donc d'anticiper de nouveaux transferts de patients vers la Cavale Blanche. "On se prépare depuis un moment à la vague avec plus de 200 personnes formées pour la réception des patients Covid+, indique Gwenaël Prat. On est très prêts, mais la chance pour l'instant, c'est qu'on a très peu de patients finistériens. Il paraissait donc assez logique d'admettre des malades venus d'ailleurs".

Gérer les transferts par train demande aussi une préparation pour les équipes du SMUR et du SAMU : "j'ai pu bénéficier de formations pendant deux jours au sein du service de réanimation médicale, explique Magali Moreau, infirmière anesthésiste du Smur. Ça permet de préparer cette mission pour prendre en charge les patients Covid, connaître les procédures de décontamination et le matériel nécessaire pour chaque patient à bord du train".

Pour l'heure, les services de réanimation de la Cavale Blanche sont loin d'être complets. "On dû avoir six ou huit patients finistériens en réanimation, qui sont pour la plupart sortis pour retourner dans des services conventionnels. On a en parallèle accueilli 10 patients de Paris et quatre du Grand Est, précise Gwenaël Prat. Alors qu'on avait le même nombre de patients il y a quinze jours dans nos services à Brest que dans d'autres régions, on n'a pas eu le même afflux de malades depuis. _On reste sur un nombre limité_". Au total, plus de 120 lits sont prévus au CHRU de Brest-Carhaix pour faire face à l'épidémie.

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