Chez Leclerc, la crise sanitaire révélatrice d’un management par la peur

Publié le par angeline351

Chez Leclerc, la crise sanitaire révélatrice d’un management par la peur

Des salariés des magasins du réseau de distribution témoignent de conditions de travail difficiles où « pressions » et « flicage » sont monnaie courante.

Lorsqu’il s’est ému auprès de l’Agence France-Presse, vendredi 20 mars, de l’absence de décontamination du rayon boulangerie après le confinement d’une de ses collègues, dont le conjoint était suspecté d’infection par le SARS-CoV-2, Mathieu Lamour, employé depuis douze ans par le magasin Leclerc de Saint-Etienne-du-Rouvray, dans la Seine-Maritime, et délégué CGT, a reçu de son employeur… une lettre. Ce courrier, que Le Monde a pu consulter, lui indiquait que, à la suite de son « intention malveillante » de diffuser de « fausses nouvelles » et de « diffamer » l’entreprise, la direction prendra « les mesures qui s’imposent » et engagera des ­« actions en justice ».

« Ils ont mis des Plexiglas aux caisses, fourni du gel, mais les employés n’ont pas de gants, explique le salarié. Et la direction nous a dit qu’elle n’en fournirait pas. Ils ont même mis des affichettes disant qu’il était inutile de mettre des gants sous prétexte d’une surcontamination ». La prime de 1 000 euros – versée par certains groupes de la grande distribution à l’appel du gouvernement pour les salariés mobilisés pendant la crise –, il en était encore moins question. Et quand certains employés ont voulu savoir comment exercer leur droit de retrait, « la direction a répondu que ceux qui exerceraient ce droit ne seraient pas payés », raconte M. Lamour.

 Le magasin applique la réglementation relative au droit de retrait, indique la direction nationale de l’enseigne E. Leclerc. Sa direction a pris des mesures de protection pour ses salariés, conformément à la recommandation du gouvernement. Le droit de retrait ne paraît donc pas, dans ce cas, justifiable, comme l’explicitent d’ailleurs les instructions du ministère du travail sur son site Internet. »

La direction précise être « d’accord sur le principe d’une prime », dont elle étudiera les modalités « dans les semaines qui viennent ». Elle souligne que pour les masques, « des livraisons sont programmées pour le magasin en fonction des arrivages » ; et que « pour ce qui est des gants, la médecine du travail a recommandé au magasin de privilégier le lavage des mains plutôt que le port des gants ».

Chaque magasin a son propre patron
S’ils adhèrent tous au Mouvement E. Leclerc, chaque magasin, franchisé, possède son propre patron. Un entrepreneur local, indépendant, gros pourvoyeur d’emplois peu qualifiés dans sa région, souvent à la tête de plusieurs supermarchés ou hypermarchés Leclerc, complétés parfois de drive, de stations-service, de magasins de bricolage…

L'Unef a obtenu gain de cause. Les universités et autres établissements d'enseignement supérieur devront publier les critères qu'ils ont utilisés pour sélectionner les étudiants via la plateforme Parcoursup, a tranché vendredi le Conseil constitutionnel . comme le demandait le syndicat étudiant.

Il juge que le « droit d'accès aux documents administratifs » impose de dévoiler les critères utilisés pour sélectionner les candidats. Au contraire, l'argument de certains établissements qui voulaient protéger « le secret des délibérations des équipes pédagogiques » constitue une « atteinte disproportionnée au regard de l'objectif d'intérêt général poursuivi », selon les Sages.

Les universités devront donc publier « les critères en fonction desquels les candidatures ont été examinées ». Cela concerne notamment « les traitements algorithmiques ».

L'Unef triomphe

L'Unef se félicite bien sûr de cette décision. « Depuis deux ans, les universités se sont donc exemptées sans réelle base juridique de toute transparence », souligne le syndicat dans un communiqué. Selon lui, les établissements du supérieur cherchent à dissimuler « un traitement discriminatoire des candidatures », en fonction du lycée notamment.

Le syndicat avait saisi le Conseil constitutionnel d'une question prioritaire de constitutionnalité demandant de rendre publics les critères et leur pondération.

Pour les Sages, la communication de Parcoursup jusqu'ici « ne bénéficie qu'aux candidats » et le fait que des tiers ne puissent avoir accès aux informations sur les critères et modalités d'examen des candidatures « porterait au droit garanti par l'article 15 de la Déclaration de 1789 une atteinte disproportionnée au regard de l'objectif d'intérêt général poursuivi (de) protection du secret des délibérations des équipes pédagogiques ».

Opacité et suspicion
Lors de l'audience en mars, l'avocat de l'Unef, Me Paul Mathonnet, avait dénoncé « l'opacité des critères utilisés pour le traitement automatique des candidatures », « génératrice de suspicion », selon lui. « Les rendre publics montrerait leur cohérence avec les attendus nationaux mais permettrait également de vérifier si d'autres critères comme le redoublement ne sont pas pris en compte au détriment des candidats », avait-il plaidé.

Pour le syndicat étudiant, les dispositions actuelles de la loi, en n'autorisant qu'une communication très limitée des critères des traitements algorithmiques utilisés par les universités pour l'examen des candidatures, portent atteinte au droit d'accès aux documents administratifs qui est « désormais élevé au rang de principe constitutionnel ».

Parcoursup : les élèves ont confirmé leurs voeux malgré la crise sanitaire
Le nombre d'élèves ayant confirmé au moins l'un de leurs voeux avant le 2 avril est en légère hausse (+2%) par rapport à l'année dernière, a annoncé vendredi le ministère de l'Education nationale. «Pour l'édition 2020, 658.039 élèves de terminale générale, professionnelle ou technologique ont confirmé au moins un voeu,» écrit-il.

 

 

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