Portugal : des immigrés touchés par le coronavirus et traités avec dignité

Publié le par angeline351

 

Portugal : des immigrés touchés par le coronavirus et traités avec dignité

Au sud du Portugal, un groupe de travailleurs agricoles étrangers a été placé en isolement total après la découverte du Covid-19 parmi eux. Une prise en charge emplie d’humanité.

Ils viennent d’Asie pour la plupart et sont indispensables au fonctionnement de l’agriculture au Portugal. Depuis le 16 mars, un groupe de travailleurs agricoles immigrés est en isolement à Faro, dans le sud du pays.

Sous escorte des gendarmes
Les membres de sa communauté étaient logés sur place et tous travaillaient dans les serres de la région. Face aux soupçons de contagion, l’ARS, la délégation régionale de la santé, a aussitôt pris des mesures fortes pour les isoler. Et c’est sous escorte des gendarmes que les ouvriers agricoles asiatiques ont été emmenés dans une école cédée par la mairie de Faro. Les ouvriers, qui ne comprenaient pas ce que l’on attendait d’eux et refusaient d’abandonner leur travail, leur seule source de revenu, ont résisté.

Nous avons eu recours à un interprète anglais pour expliquer la situation de confinement total. Au début, pour faire vite, les Asiatiques ont été installés dans le pavillon sportif de l’école, doté de sanitaires. Mais ensuite, nous avons pu les installer dans les salles de classe équipées de lits », explique Pedro Medina, chef du cabinet du maire de Faro.

Un réseau de solidarité s’est mis en place pour fournir draps, vêtements et nourriture. Là encore, il a fallu faire face, comme l’explique la délégation régionale de la santé. Les premiers repas servis étant trop portugais, il a fallu recourir à l’aide d’un cuisinier asiatique. Riz, lentilles et épices ont été donnés par une association de Népalais. La mairie assure la confection des repas et la Croix-Rouge leur distribution. Une situation qui pourrait se répéter.

À Faro, on se tient prêts
« Actuellement, 53 personnes sont en confinement total. À l’intérieur de l’école, les travailleurs agricoles ont été séparés avec d’un côté, en isolement sévère, les cinq personnes qui présentent des symptômes du Covid-19. Quatre autres ont été hospitalisées et un couple a pu regagner son logement », précise Pedro Lima. Malheureusement, les conditions de vie communautaires imposées à ces travailleurs sont propices à la propagation du virus, avec notamment des dortoirs aux lits superposés utilisés par plusieurs personnes différentes, les courses en groupe dans les magasins de la région, les repas collectifs, etc., sans oublier le contact avec d’autres groupes de travailleurs dans les serres.

À Faro, on se tient prêts. « Pour l’instant, il n’y a pas de nouveaux foyers communautaires d’infection. Mais nous disposons d’autres établissements et de lits, si nécessaire, et si les services de santé l’exigent », explique le chef du cabinet de la mairie de Faro. Quelque 500 immigrés vivraient dans la région.

Ailleurs, à Odemira, dans l’Alentejo plus au nord, les 8 000 immigrés recensés représente 50 % de la population résidente. Là aussi on se dit prêt, avec 500 lits, à faire face à une épidémie locale. Les municipalités tiennent à apporter des réponses empreintes d’humanité. Au Portugal, la main-d’œuvre asiatique est indispensable pour une économie locale qui manque de bras.

 

 

 

Publié dans INFORMATION, EUROPE, SANTE

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