Coronavirus : «Il faut aller vers un confinement beaucoup plus sévère», préconise Anne Hidalgo

Publié le par angeline351

 

Coronavirus : «Il faut aller vers un confinement beaucoup plus sévère», préconise Anne Hidalgo
La maire de Paris assure que le maximum a été fait au niveau de la municipalité pour se préparer et tenter de limiter les dégâts du coronavirus. Mais elle réclame un durcissement du dispositif.
Encore une fois le grand bureau d'Anne Hidalgo à l'Hôtel de Ville de Paris s'est transformé en « war room ». Une cellule de crise qui tente de prendre toutes les mesures pour contrer l'épidémie du coronavirus. Dans cette course de vitesse, chaque minute compte et chaque décision est lourde de conséquences. Anne Hidalgo, qui vient tout juste de sortir — à son avantage avec 29,33 % des voix — de la première manche des élections municipales, n'en est pas à son baptême du feu. La liste des crises qu'elle a dû affronter donne le tournis avec entre autres attentats terroristes du 13 novembre 2015 et incendie de Notre-Dame le 15 avril 2019.

Une telle « expérience » explique sans doute que l'équipe d'Hidalgo a perçu assez tôt la menace du Covid-19. Fin janvier décision est prise, en accord avec les organisateurs, d'annuler les festivités parisiennes du Nouvel An chinois. Dans le même temps, la mairie informe fin janvier et début février le gouvernement des mesures qu'elle met en place pour prévenir sur son territoire l'épidémie et des précautions nécessaires pour le retour en classe après les vacances de février des enfants ayant séjourné en Chine. Durant la campagne, Agnès Buzyn attaquera maladroitement la maire de Paris en lui reprochant son inaction… Un faux pas qui lui coûtera très cher.


Tout en étant en cellule de crise, Anne Hidalgo s'est soumise aux contraintes d'une campagne pour des élections municipales dont elle n'a pas contesté la tenue du premier tour. Concentrée sur la crise du coronavirus, elle se refuse pour l'instant à ouvrir la moindre polémique sur l'opportunité de ces opérations électorales alors que démarrait l'épidémie. Au nom d'un pragmatisme qu'elle revendique souvent, elle mise tout sur l'efficacité.

Hidalgo préfère taire donc son jugement sur l'action de l'exécutif dans la lutte contre la pandémie, relevant au contraire pour l'instant la qualité d'un dispositif « rodé et fluide » entre les équipes de la mairie de Paris et l'Etat. Face à la gravité d'une crise sanitaire sans précédent dans la période moderne, la maire de Paris s'efforce d'incarner la devise légendaire de sa ville, Fluctuat nec mergitur (Il est battu par les flots mais ne sombre pas). Une devise qui n'a jamais été autant d'actualité. Ce qui ne veut pas dire que la première magistrate de la capitale ne connaît ni angoisse ni colère.

Comment gérez-vous la crise sanitaire ?

ANNE HIDALGO. Je travaille avec une équipe resserrée composée d'une dizaine de personnes. Tous les matins, je fais un point avec mes adjoints sur les services municipaux essentiels, notamment le portage des repas au domicile des personnes âgées, la sécurité, le nettoyage des rues, la situation dans les Ehpad et l'état civil. Et mon premier adjoint Emmanuel Grégoire anime une conférence téléphonique avec l'exécutif et tous les maires d'arrondissement, de la majorité comme de l'opposition, qui sont tous très mobilisés.

Nous avons aussi mis en place avec eux une boucle WhatsApp très réactive. J'ai des échanges téléphoniques quotidiens avec Aurélien Rousseau, le directeur général de l'Agence régionale de la Santé, Martin Hirsch, le président de l'AP-HP, le préfet de Police et le préfet de région. Patrick Pelloux (NDLR : médecin urgentiste) nous donne tous les jours des nouvelles du « front » et des conseils pour faire face à la crise. Notre dispositif est bien rodé et très fluide. Le lien entre les acteurs de l'Etat et la Ville est absolument remarquable.

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