Réforme du travail: des militants CFDT pressent Berger de «descendre dans la rue»

Publié le par angeline351

Réforme du travail: des militants CFDT pressent Berger de «descendre dans la rue»

«Qu’est-ce qu’on attend pour descendre dans la rue?»: Des militants CFDT ont pressé mardi leur direction de manifester contre la réforme du Code du travail, mais cette dernière est restée imperturbable lors d’un rassemblement organisé pour fêter la première place de ce syndicat dans le privé.

Prévue depuis fin mars, cette grand-messe qui a réuni à Paris près de 10.000 représentants du personnel CFDT, ne devait pas traiter des ordonnances, mais le sujet s’est invité: un forum a été organisé par la direction pour permettre aux militants d’exprimer leur frustration.

Mais face à une volée de bois vert mardi, les responsables sont restés inflexibles. A l’inverse de FO la veille, dont le secrétaire général Jean-Claude Mailly a dû faire volte-face en termes de stratégie, en promettant une journée de mobilisation, contraint par sa base.

Au forum de la CFDT, les reproches ont porté sur le ton «modéré» de la direction, le secrétaire général Laurent Berger «se contentant» de qualifier depuis quelques semaines les ordonnances d'«occasion manquée». Ce dernier a expliqué son refus de manifester en expliquant qu’il ne voulait pas «faire démonstration de faiblesse».

Cette réforme «est inadmissible! Il faut dire qu’elle est inadmissible!», s’est énervé Pascal, délégué syndical chez Orange, sous une pluie d’applaudissements de ses pairs. Micro à la main, il s’adressait à une poignée de responsables nationaux, assis en tribune.

«Il faut un message plus ambitieux, plus combatif et pas celui que vous laissez entendre: +On a perdu moins qu’on aurait pu+», a renchéri Frédéric, de Capgemini. Lui a battu le pavé les 12 et 21 septembre, à l’appel de la CGT et Solidaires, comme quelques autres «camarades» de la CFDT un peu partout en France.

Les ordonnances représentent «un recul sans précédent. Je suis en fin de carrière et je n’ai jamais vu autant de casse sociale», s’est inquiété Jean-Paul, délégué syndical, se disant lui aussi «très déçu» de la stratégie de la direction.

- 'Un projet patronal' -

La fusion des instances représentatives du personnel, une mesure dont le ou les décret(s) d’application n’ont pas encore été publiés, cristallise les craintes.

«Qu’est-ce qu’on attend pour descendre dans la rue? La réforme des retraites?» prévue au premier semestre 2018, s’est encore agacé Geoffroy, délégué du personnel à Air France.

«Soit vous ne comprenez pas, soit vous faites semblant de ne pas comprendre que derrière toutes ces réformes, il y a un projet patronal», a relevé son confrère Jean-Luc, évoquant la loi Rebsamen de 2016 sur la réforme du dialogue social et la loi Travail de 2016. Lui aussi réclame des «actions beaucoup plus fortes et vigoureuses» de la part de la direction «pour contrer les ordonnances».

Les interventions ont souvent été accompagnées d’applaudissements, de «Bravo» ou de «Écoutez la base!», mais la direction s’est défendue pied à pied.

«Je comprends l’envie légitime de certains d’entre nous d’enfiler les baskets pour exprimer notre colère. Mais avec quels résultats possibles ? Avec quel soutien des salariés ? Ne donnons pas au gouvernement les arguments pour nous ranger sur l’étagère du vieux monde, au rayon des râleurs impuissants», a rétorqué Laurent Berger dans son discours de clôture.

Tout en reconnaissant que certaines mesures étaient «regrettables» (référendum à l’initiative de l’employeur, fusion des IRP, accord sans syndicat, barème prud’homal...), les responsables nationaux ont mis en avant les avancées obtenues grâce à la concertation. Par exemple l’augmentation des indemnités légales de licenciement, qui va concerner «1,5 million de personnes chaque année», mais aussi le renoncement du gouvernement à autoriser la négociation sans syndicat dans les entreprises jusqu’à 300 salariés.

«Nous sommes la seule organisation à avoir obtenu des choses», a assuré Marylise Léon, secrétaire nationale, qui n’a toutefois pas exclu d'«aller dans la rue» sur les prochaines réformes sociales (formation, assurance chômage, retraites).

La numéro deux de la CFDT, Véronique Descacq, a aussi présenté la stratégie de la centrale comme la plus «efficace». «Notre positionnement est celui qui pèse et pèsera encore plus pour les prochaines réformes. (Est-ce que) quelqu’un peut dire que la CGT pèsera sur les (prochaines) réformes ? Personne! Nous, oui, nous pèserons», s’est-elle avancée.

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