L’évaluation des enseignants dans le collimateur de la Cour des comptes

Publié le par angeline351

L’évaluation des enseignants dans le collimateur de la Cour des comptes

« Qu’on puisse évaluer sans prendre en considération les résultats des élèves peut apparaître comme surréaliste », estime le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud.

C'est « une particularité française » qui n'est pas du goût de la Cour des comptes.

L'évaluation des enseignants ne tient pas compte des résultats des élèves, déplorent les magistrats financiers dans leur  rapport sur la gestion des enseignants paru mercredi. Interrogé, le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, va plus loin : « A priori, l'éducation, c'est fait pour que les élèves apprennent et aient des résultats, glisse-t-il avec malice. Qu'on puisse évaluer sans prendre en considération les résultats des élèves est quelque chose qui peut apparaître comme surréaliste. Notre rapport est plein de réponses de bon sens... » 

Pour Géraud Guibert, conseiller maître à la Cour des comptes, « il ne s'agit pas de faire un lien direct entre les résultats annuels des élèves et les conditions de rémunération et de travail des enseignants mais d'avoir une vision sur plusieurs années qui soit un élément d'appréciation ».  C'est « le seul moyen de récompenser la performance ou la surperformance de certains enseignants qui exercent dans des conditions difficiles », indique de son côté Sophie Moati, présidente de la troisième chambre de la Cour. 

« D'abord » évaluer les établissements

Plus globalement, la haute juridiction regrette que l'évaluation soit « insuffisamment organisée ». Elle ne fait pas de la prise en compte des résultats des élèves dans l'évaluation des enseignants une recommandation formelle. Mais, pour le principal syndicat du secondaire, le SNES-FSU, les propos de la Cour sont suffisamment clairs : « La grande idée de l'évaluation en fonction des résultats des élèves, qui a pourtant des effets catastrophiques partout où elle est mise en oeuvre, est ici recyclée », déplore le syndicat.

Des choses ont évolué avec la mise en place d'un  nouveau système en 2016, mais il est encore «trop tôt » pour l'évaluer, selon la Cour, qui regrette qu'il «ne modifie pas les fondements du dispositif ». Le rapport cite l'exemple de Singapour, où les enseignants sont « évalués chaque année sur le fondement de leur contribution au développement personnel et académique des élèves, de leur collaboration avec les parents et le reste de la communauté, ainsi que leur contribution au travail collectif au sein de l'établissement ». C'est un système dans lequel «les enseignants les plus performants reçoivent une prime sur cette base ». 

 

Dans une  interview aux Echos , le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, avait indiqué fin août vouloir « évaluer d'abord l'établissement ». Le rôle des inspecteurs « est appelé à évoluer pour qu'ils aident [les équipes éducatives] à formuler un projet éducatif au niveau de l'établissement », avait-il indiqué. C'est «à l'intérieur de cette logique » que l'évaluation individuelle doit, selon lui, « prendre son sens ». Jean-Michel Blanquer a promis pour cela « des mécanismes qui, dans le futur, seront plus satisfaisants ».  

« L'ensemble de notre système doit être mieux évalué », avait-il affirmé avant la rentrée, en revendiquant « une évaluation de qualité au service de la réussite des élèves ». 


 

Publié dans Information, SERVICE PUBLIC

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article