Code du travail : le risque d'une journée d'action intersyndicale

Publié le par angeline351

Code du travail : le risque d'une journée d'action intersyndicale

 

La grogne monte contre les ordonnances réformant le Code du travail, et la liste des syndicats décidés à en découdre s'allonge.
Après la CGT, la CGC et FO veulent aussi mobiliser.

La liste des syndicats décidés à en découdre sur la réforme du Code du travail s'est allongée après la publication des ordonnances au « Journal officiel » du 23 septembre. En début de semaine dernière, le comité directeur de la CGC a appelé « à un mouvement unitaire et [invité] l'ensemble des centrales syndicales à réagir selon des modalités dont elles définiront ensemble la nature et la date ». Puis ce fut au tour du « parlement » de Force ouvrière de lancer « une mobilisation interprofessionnelle avant la ratification des ordonnances », prévue par le gouvernement pour la semaine du 20 novembre.

Après le leader de la confédération des cadres, François Hommeril, Jean-Claude Mailly, qui s'est vu imposer l'initiative par ses troupes , va donc contacter cette semaine ses homologues pour leur proposer une rencontre. Rien ne pourra bouger avant le rassemblement qu'organise la CFDT, qui réunit ce mardi à Paris 10.000 militants d'entreprise et d'administration pour  fêter sa place de première organisation syndicale du privé . Une fête endeuillée par le décès d'Edmond Maire, le père de son « recentrage » à la fin des années 1970 (lire également page 35).

Difficultés à construire un appel unitaire

Alors que  la grogne contre les ordonnances monte aussi dans ses rangs , il apparaît difficile pour la CFDT de refuser de participer à une réunion intersyndicale. Autre chose sera la construction d'un appel unitaire à la mobilisation...  « Chez nous, personne n'a envie de défiler avec la CGT », explique-t-on à la confédération, rappelant les violences contre les militants et locaux cédétistes pendant le conflit de la loi travail. Reste qu'en s'abstenant de fixer une nouvelle date de mobilisation en solo, contrairement à ce qu'il avait fait le 12 et le 21 septembre, le numéro un de la CGT aura probablement contribué à élargir le mouvement de protestation.

Certains syndicalistes voudraient pousser l'avantage en élargissant au privé la journée d'action des fonctionnaires du 10 octobre. Le scénario semble toutefois improbable, car ce serait prendre le risque de faire voler en éclats l'unité syndicale dans la fonction publique, une première depuis dix ans. Enfin, les fédérations du public de FO n'ont donc aucune envie de dérouler le tapis rouge à Jean-Claude Mailly, confie un fonctionnaire qui les connaît bien.

 

Sujets sur lesquels peser

Le choix de la date ne sera pas le seul sujet de discussion entre les syndicats. L'enjeu majeur d'une mobilisation est bel et bien son objectif. « On n'est pas obligatoirement tenus de mettre 1 million de personnes dans la rue, pourquoi pas une manifestation témoignage ? » s'interroge François Hommeril. Même si la lecture des ordonnances leur fait découvrir de nombreuses chausse-trapes, face à un exécutif qui affiche sa fermeté, rares sont ceux qui croient vraiment possible un recul sur la réforme. Il n'en reste pas moins des sujets sur lesquels les syndicats espèrent peser, en particulier celui des moyens qui seront accordés aux représentants du personnel qui doivent faire l'objet d'un décret.

Alors que la réforme de l'ISF nourrit les accusations de l'opposition d'un Emmanuel Macron « président des riches », la perspective d'une mobilisation intersyndicale va en tout cas peser sur la rencontre du président de la République avec les partenaires sociaux le 12 octobre pour évoquer les réformes à venir de la formation professionnelle, de l'apprentissage et de l'assurance-chômage.

 

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