Un avocat rouennais s'oppose à la réforme du code du travail

Publié le par angeline351

Karim Berbra est associé au cabinet Baudeu & Associés, à Rouen. Spécialisé dans la défense des droits des salariés, il participera à la manifestation national du 12 septembre. Pour dénoncer "le déséquilibre" entre employeurs et employés permis par les ordonnances. 

arim Berbra est avocat du barreau de Rouen depuis 2010. Son domaine : le droit du travail, notamment autour des questions de santé et de sécurité professionnelle. "Je viens d'étudier de plus près les ordonnances, c'est vraiment inquiétant...", glisse-t-il en entrant dans son bureau, rue Jeanne d'Arc. Le cabinet dispense des formations à ses clients pour les aider à mieux comprendre le code du travail. Une gageure quand les réformes s'enchainent, et la dernière en date atteint, pour Karim Berbra, un point de rupture : "la relation au travail est déséquilibré". Mardi 12 septembre, il manifestera à Rouen auprès des organisations syndicales.

Pourquoi avez-vous décidé de vous positionner publiquement contre la réforme du code du travail ?

"D'abord parce qu'en tant qu'avocat, je me dédie exclusivement à la défense du droit du travail, des délégués du personnel et des salariés. C'est notre cœur de métier. On est engagé auprès de salariés impactés par des licenciements, des PSE [plan de sauvegarde de l'emploi, ndlr], des questions de santé et de sécurité au travail. Mais surtout, je suis un citoyen. Et nous avons tous des proches qui ont un jour été dans la panade et qu'il faut aider, cela va au-delà du rôle de l'avocat. Je suis contre cette réforme parce qu'elle constitue une régression du droit du travail en devenir."

En quoi ces ordonnances constituent-elles une régression ?

"Je vois ces ordonnances comme un bouleversement de nature juridique. Historiquement, le premier rôle du code du travail est de rétablir un équilibre dans la relation employeur et employé, relation par nature inégale. En posant l'accord d'entreprise, puis de branche, avant la loi en tant que référence juridique, la réforme inverse la hiérarchie des normes. Les licenciements sont facilités, et les pratiques des employeurs que l'on peut contester aujourd'hui seront consacrées dans le code du travail. Par ailleurs, l'affaiblissement du contre-pouvoir que constitue le syndicat dans l'entreprise, dans le sens où la protection des délégués du personnel leur permet de monter au créneau plus facilement en étant élus des salariés, accentue ce déséquilibre.

Macron a toujours vu le droit du travail comme un frein à l'embauche, alors qu'une étude de l'INSEE montrait récemment le contraire. Il faudrait mieux faciliter l'embauche plutôt que le licenciement ! Pour reprendre la formule du président pendant la campagne, c'est de la poudre de perlimpinpin. Les ordonnances ne serviront qu'à sécuriser l'employeur".

 

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