Oise : « Mieux vaut une inondation que du chômage avec les pieds au sec »

Publié le par angeline351

Oise : « Mieux vaut une inondation que du chômage avec les pieds au sec »

Un millier de personnes a participé ce samedi matin à la manifestation organisée par les élus contre le

nouveau plan anti-inondation de la vallée de l’Oise. Avec un message pour la préfecture, auteure du document : « Nous ne lâcherons rien ».

Sur le marché de Compiègne, un habitant s’agace. « Le viaduc est complètement bloqué, ça doit encore être la CGT qui fout le bordel. » Loin de là. Si 1 000 manifestants étaient bien habillés de rouge, ce samedi matin, à Choisy-au-Bac, c’était à l’appel des élus qu’ils s’étaient rassemblés.

L’agglomération de la région de Compiègne (ARC) et la communauté de communes des Deux-Vallées (CC2V) appelaient à protester contre le projet de Plan de prévention contre les risques inondation (PPRI) de la préfecture. Il a pour but d’anticiper une crue centennale en réhaussant les normes de construction de près d’un mètre dans certaines zones.

« On m’a dit que je pourrais avoir des travaux à faire »

Vision rare que ces élus - Philippe Marini (LR) et Patrice Carvalho (PRG) en tête - qui ont défilé derrière une banderole en levant les bras. Au son des harangues de Joël Dupuy de Méry, conseiller municipal Compiégnois arborant un bonnet rouge. Révolution ? « Non, Breton. » Et de scander : « Assez, assez, assez de règlements. »

Des panneaux expliquant les contraintes du nouveau PPRI sur l’urbanisme étaient installés. Des cartes. « J’essaie de trouver ma rue, commente une femme. On m’a dit qu’en fonction de la couleur, je pourrais avoir des travaux à faire. » Principale inquiétude des habitants présents : la baisse de la valeur des maisons affichées en zone sensible.

« Le préfet, cela va lui coûter son poste »

« Le préfet ne veut rien entendre, a lâché d’emblée Bernard Hellal, maire (SE) de Margny-lès-Compiègne, très impactée. Cela va lui coûter son poste. » Guidé par deux cornemuses, le cortège est allé à la rencontre de camions mobilisés par Moustapha Kherief, patron de PKM Logistique et futur acquéreur de l’ancien site Continental de Clairoix.

Au micro, ce dernier a estimé qu’avec l’administration, « c’est un pas en avant, deux pas en arrière ». Sans jamais dire que son projet de reprise pourrait être menacé, il a souligné que « cela pourrait le ralentir ». Selon David de Bosschere, propriétaire de l’Intermarché de Margny, « ce sont 2 200 entreprises et 17 000 salariés qui sont concernés, mieux vaut une inondation que du chômage les pieds au sec ! »

« Le préfet parle de concertation, c’est du pipeau »

Pour le maire (PRG) de Thourotte, la discussion est impossible avec l’Etat. « Le préfet parle de concertation, c’est du pipeau, s’est-il agacé. Des particuliers qui se sont saignés pour construire leur maison, comment leur expliquer que leur patrimoine ne vaut plus rien ? » Symboliquement, les manifestants ont ensuite jeté dans l’Oise un cercueil portant l’inscription « Non au PPRI ».

Publié dans Information

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article