Nokia. Un plan social « difficile mais nécessaire » estime le PDG

Publié le par angeline351

Nokia. Un plan social « difficile mais nécessaire » estime le PDG

Le groupe Nokia affirme qu'il tiendra bien ses engagements sur les embauches en R&D à Paris-Saclay et Lannion. Les fonctions support, elles, perdront 597 postes. Entretien avec Thierry Boisnon, PDG de Nokia-France.

Nokia avait promis de maintenir l’emploi en France, or le groupe projette de supprimer 597 emplois dans les fonctions support. Pour quelles raisons ?

Tous les engagements pris envers le gouvernement, lors du rachat d’Alcatel-Lucent, on compte les tenir. On s’était engagé à maintenir l’effectif à 4 200 salariés. On est un peu en dessous, effectivement, mais on met tout en œuvre pour accélérer les recrutements d’ingénieurs. Concernant les fonctions support, le plan a des raisons multiples. Le marché des télécoms -où la concurrence asiatique est forte- est plutôt à la baisse depuis 2 ans et les prévisions ne sont pas positives pour les 2 ans à venir. Dans le réseau mobile, on voit une contraction du marché de la 4G or le déploiement de la 5G serait pour 2019-2020. Les réseaux fixes ont un marché stable ou légèrement à la baisse… La partie la plus en croissance, c’est la division « logiciels » mais elle ne représente qu’une petite partie de notre chiffre d’affaires. Ce dernier a baissé de 10 % en 2016, d’où 912 millions de pertes. Il nous faut faire davantage d’économies : 1,2 milliard à fin 2018.

Pourquoi les fonctions support ?

Il y a plusieurs sites où l’on fait les mêmes activités de finances, d’opérations, de logistique… c’est assez redondant. Dans ces fonctions, l’impact de la digitalisation et de la robotisation est plus important : il faut désormais moins de personnes pour faire les mêmes tâches.

Ne s’agit-il pas en fait de délocalisations dans les pays de l’Est ?

Pas vraiment. Ce sont des activités qui sont concentrées à l’échelle du groupe. Les postes supprimés à Paris-Saclay ou Lannion ne seront pas forcément recréés ailleurs. C’est un changement profond de notre organisation.

Ce sera le 9e plan social en 10 ans (Alcatel-Lucent inclus). N’avez-vous pas des craintes sur les perspectives de départs volontaires et de reclassements ?

C’est une décision très difficile à prendre. Dans le dernier plan, toutes les personnes ont retrouvé une activité ou une solution. À Lannion par exemple, je pense que sur les 91 suppressions envisagées, il y aura une partie importante de départs volontaires.

Les fonctions support qui resteront après ce plan ont-elles du souci à se faire pour la suite ?

Dans plusieurs années, le groupe sera sans doute différent. Ce plan est sur 2 ans et la visibilité au-delà, la manière dont on sera organisé en 2020-2022, c’est quelque chose qu’on devra définir. En tout cas, ça ne remet pas en cause le site de Lannion. Fermer n’est pas du tout dans nos plans. Le bassin d’emploi de Lannion est très important pour nous. On y a des experts très importants sur la radio, sur l’accès, le cœur de réseaux, le cloud…

Où en sont les 500 recrutements d’ingénieurs promis pour les sites français ?

En 18 mois, on a recruté 190 ingénieurs (essentiellement des jeunes, 50% ont moins de 30 ans), dont une trentaine à Lannion (sur une estimation de 100). On a accéléré à fin août et notre objectif est donc bien toujours de 330 pour la fin d’année. Ce que nous cherchons ce sont des candidats d’excellence. Quand vous recrutez des jeunes, ce qui les intéresse c’est d’être dans un groupe leader en 5G, dans le cloud, etc. C’est pour cela qu’il faut refocaliser la majorité de nos investissements dans la R & D.

L’équation « moins de supports, plus d’ingénieurs », ça ne va pas déconnecter la R & D des attentes des clients ?

On a pris cet élément en compte et les organisations sont en fait déjà très séparées. Je ne pense pas que les fonctions support aient vraiment des échanges importants avec les développeurs. Beaucoup de personnes sur le site de Lannion vont avoir des managers internationaux et les décisions sur les évolutions de produits ou les technologies, on les tient de consultations internationales.

 

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