Loi Travail: la CFE-CGC appelle désormais (comme la CGT) à un «mouvement unitaire»

Publié le par angeline351

Loi Travail: la CFE-CGC appelle désormais (comme la CGT) à un «mouvement unitaire»

La centrale des cadres, opposée aux ordonnances Pénicaud qui font, selon elle, «peser un risque grave sur la situation des salariés», a franchi un pas vers une mobilisation générale. Son président, François Hommeril, répond en ce sens positivement à l'appel du pied de Philippe Martinez jeudi.

Au moins maintenant, c'est on ne peut plus clair. La CFE-CGC, la centrale des cadres et des ingénieurs emmenée par le très radical François Hommeril, appelle désormais très officiellement à se mobiliser par tous les moyens contre les ordonnances Pénicaud. «Refusant de rester passive sauf à se sentir complice de la dégradation de la situation, la CFE-CGC appelle à un mouvement unitaire et invite l'ensemble des centrales syndicales à réagir selon des modalités dont elles définiront ensemble la nature et la date», indique-t-elle ce mardi après la réunion, la veille, de son comité directeur. Elle répond en ce sens positivement à l'appel lancé jeudi par Philippe Martinez, le patron de la CGT, à «un syndicalisme uni» contre la loi Travail.

Et la centrale n'y va pas de main morte pour justifier sa position pour le moins surprenante. «Les ordonnances travail font peser un risque grave sur la situation des salariés, précise-t-elle dans un communiqué, reprenant ce que son président pense et décline depuis le début de l'été. Elles facilitent la précarisation et la destruction des emplois et créent les conditions de la dégradation des conditions de travail. Par son déséquilibre en faveur d'une flexibilité incontrôlée, cette loi marque un recul sans précédent qui n'aura aucun impact positif sur l'emploi et l'économie».

 

L'appel de la centrale des cadres se transformera-t-il en appel à manifester, dans les semaines qui viennent, aux côtés des contestataires CGT, Solidaires (SUD) -qu'elle combat bien souvent dans les entreprises-, FSU et CNT? Possible, tant la CFE-CGC a déjà fortement hésité à se joindre aux mobilisations des 12 et 21 septembre et alors que pas moins de 11 de ses fédérations ont appelé à défiler jeudi dernier dans les rues aux côtés de la CGT.

«Par son déséquilibre en faveur d'une flexibilité incontrôlée, cette loi marque un recul sans précédent qui n'aura aucun impact positif sur l'emploi et l'économie»

Le comité directeur de la CFE-CGC, le 25 septembre 2017

La culture de l'organisation n'est pourtant absolument pas à la grève ou aux manifestations. C'est d'ailleurs peu dire que défiler dans les rues n'est pas dans l'ADN de ses militants... La CFE-CGC est ainsi la seule centrale à ne jamais appeler à manifester le 1er mai, jour de la célébration internationale du travail. Même en 2002, lorsque des manifestations monstres avaient été organisées contre la présence de Jean-Marie Le Pen au 2è tour de la présidentielle, la CFE-CGC avait demandé à ses adhérents et sympathisants de rester chez eux. Son dernier appel à la mobilisation unitaire remonte en fait à 2010, précisément contre la réforme Woerth des retraites qui avait réussi le tour de force de réunion alors toutes les organisations syndicales contre elle. Rien depuis...

Autant dire donc que la prise de position très radicale de la centrale aujourd'hui, contre la loi Travail et les ordonnances Pénicaud, a de quoi surprendre. «J'ai toujours refusé ce clivage entre réformistes et non-réformistes. On répondra présent lorsqu'il s'agira d'une bonne réforme», se défendait pourtant François Hommeril récemment, dans un papier que Le Figaro consacrait à sa ligne qui le place plus du côté des contestataires de la CGT que des réformistes de la CFDT. .

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