Le juteux business des radars

Publié le par angeline351

Le juteux business des radars

Depuis la mise en service du premier radar fixe le 27 octobre 2003, ces derniers poussent comme des champignons sur le bord de nos routes. Si bien qu'aujourd'hui, de nombreux automobilistes mettent en doute les raisons de leur prolifération, et y voient plutôt une manière fiable de remplir les caisses de l'État. Pour vous, Radins.com fait la lumière sur ce juteux business que sont les radars.

Combien les radars rapportent-ils à l'Etat ?

Qu'ils soient fixes, embarqués, pédagogiques, discriminants, à bord de véhicules banalisés ou encore « tronçons », les radars n'ont cessé de se diversifier au fil des années. Tant et si bien qu'au 1er décembre 2014 on dénombrait 4227 radars de toutes sortes, sur le bord des routes de l'Hexagone.

Depuis la mise en service du premier modèle en octobre 2003, les différents gouvernements en ont fait une arme de choix dans leurs politiques de sécurité routière, en augmentant continuellement leur nombre, et en diversifiant leur type, à l'image du tout nouveau radar double face.

D'après le rapport annexé à la loi de finances 2014, les amendes générées par les radars ont permis à l'État d'empocher la modique somme de 800 millions d'euros en 2013. Pour 2014, les estimations tablent sur une augmentation des recettes de l'ordre de 70 millions d'euros. Intéressons-nous maintenant à ce qu'ils coûtent : entre la remise en état d'un côté, la maintenance, la location et l'équipement de véhicules de l'autre, les radars coûtent en moyenne 220 millions d'euros par an, soit un bénéfice de près de 600 millions d'euros. Vous avez dit rentable ? Pas si sûr ! En effet, selon le député et ancien rapporteur spécial du budget des Transports Hervé Mariton, le système Contrôle Sanction Automatisé (CSA) ne serait plus rentable à partir de 2017...

Les radars réduisent-ils le nombre de morts sur les routes ?

La multiplication des radars a, bien entendu, eu des répercussions positives pour la sécurité routière. Ils sont les principaux responsables de la baisse de la vitesse constatée au niveau des radars (de 89,5 km/h en 2002 à 79,3 km/h en 2013). Ils ont, de plus, contribué à faire baisser le nombre de morts dans des accidents de la route. Cependant des éléments nous amènent à penser qu'au-delà des bénéfices pour la sécurité routière, ils sont surtout utilisés pour faire payer une sorte d'impôt supplémentaire aux 40 millions d'automobilistes français, dont les excès de vitesse ne dépasse pas les 20 km/h dans 95 % des cas.

Tout d'abord, contrairement à ce que souhaitent nous faire croire les pouvoirs publics, la baisse de la mortalité sur les routes ces dernières années, n'est pas imputable uniquement à l'apparition des radars. Elle s'inscrit dans une tendance baissière qui a commencé dans les années 1970 et qui combine un tout un ensemble de facteurs : port de la ceinture et du casque obligatoire, apparition de l'ABS, des airbags, baisse du taux d'alcoolémie autorisé, etc.

Des radars positionnés aux mauvais endroits

Selon Denis Bouchard, journaliste au Canard Enchaîné et au Nouvel Obs, et auteur de « Radar Business : A qui profitent les radars ? » plus de la moitié des radars ne se trouvent pas dans des zones accidentogènes... On retrouve dans cette enquête un témoignage d'un policier de Nantes qui ne laisse pas de place au doute : « Nous ne nous mettons pas en zones accidentogènes. Les gens savent que c'est dangereux et ralentissent d'eux-mêmes. Pour aller vite, faire du chiffre et pouvoir passer à autre chose, nous nous installons dans des zones "pièges à con". Des PAC, comme on dit. […] Nous sommes là pour faire du chiffre. Nos primes de fin d'année en dépendent ».

De même, une enquête du magazine Autoplus, menée en 2010, révèle des chiffres surprenants sur l'implantation des radars : sur les routes secondaires, qui concentrent 85 % des victimes de la route, on dénombre un radar tous les 1000 km, alors que sur les autoroutes (5 % des victimes), on recense un radar tous les 40 km...

Les avertisseurs de radars n'échappent pas à la règle

Comme si cela n'était pas suffisant, c'est bien tout le « système radar » qui en profite.
Les sociétés qui commercialisent les avertisseurs de radars (rebaptisés « assistant d'aide à la conduite ») ont connu une croissance fulgurante depuis l'apparition des premiers radars fixes. A titre d'exemple, Coyote, l'un des leaders du marché, créé en 2004 avec un capital de 7000 €, réalise un chiffre d'affaire proche des 100 millions d'euros grâce à ses 850.000 abonnés. 
Ces boitiers enregistrent de multiples données : heure de départ, routes empruntées, vitesse, habitudes de déplacements, etc. Aux Pays-Bas, ces données sont arrivées entre les mains de la police, qui ne s'est pas privée de s'installer dans les zones les plus rentables...

Réduire le nombre de victimes de la route

Si les pouvoirs publics souhaitent réduire le nombre de victimes de la route, ils feraient mieux de s'intéresser aux différentes causes d'accident. Rappelons que la consommation d'alcool et de drogues sont les principales causes de mortalité sur nos routes. Aussi, 42 % des accidents sur autoroute sont causés par la somnolence du conducteur, contre 10 % causés par la vitesse. Mais comme la répression prend le pas sur la prévention (car plus « visible » et plus profitable politiquement), la donne ne semble pas prête de changer...

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