La députée Anne-Laure Cattelot évoque les premiers dossiers chauds

Publié le par angeline351

 

 

La députée Anne-Laure Cattelot évoque les premiers dossiers chauds

Comment se sont passés ces premiers mois ?

A.-L. Cattelot : « Ça a été dense. On a clôturé plusieurs séances à 1 heure du matin, et même une fois à 3 heures. Je n’ai loupé qu’une session pour le moment. On s’est senti assez à l’aise entre députés En marche. Il y a eu beaucoup de travail sur les ordonnances du dialogue social. qui a nécessité 32 heures de débat. Ce serait une bonne chose que le vote électronique soit instauré à l’Assemblée, pour que les gens puissent suivre tout ce qu’on fait. »

« C’est une bonne chose qu’on puisse avoir droit à des indemnités lorsqu’on démissionne »

Vous avez beaucoup travaillé sur la loi travail ?

– « Il est important de simplifier le code du travail. Il est illisible. Ce n’est pas parce qu’il est gros qu’il protège mieux. Il faut le réguler. Simplifier ne veut pas dire réduire les droits. Je pense que c’est une bonne chose par exemple, qu’on puisse avoir droit à des indemnités lorsqu’on démissionne. Je suis aussi impliquée sur le droit à l’erreur pour le monde agricole, qu’on va essayer de simplifier.

On a parlé récemment de la baisse des APL de 5 €. Comment la justifiez-vous ?

– « Si on ne faisait pas cette baisse, nous n’aurions pas été capables

de payer le mois de décembre. Ça aurait été intolérable. On demande un effort global à tous les bénéficiaires des APL. Je sais que 5 €, ça peut faire beaucoup pour certains locataires. Mais les propriétaires peuvent faire un effort aussi. Les loyers français sont extrêmement chers. C’est une mesure transitoire. Dès 2018, il y aura une refonte de la politique de logement. L’APL doit aller à ceux qui en ont vraiment besoin. Dans mon cas, je trouve ça anormal que j’ai pu en bénéficier à l’époque. Des propositions seront faites dès l’automne. 5 €, c’est symbolique, ça ne m’enchante pas. Mais c’est tristement nécessaire. »

 

« La réserve parlementaire est souvent un acte politique »

Pourquoi avoir opté pour la suppression de la réserve parlementaire, qui a permis à certains projets de voir le jour ?

– « Les députés, anciens ou actuels, ont été nombreux à la défendre. Cette réserve parlementaire est importante dans les milieux ruraux. Mais c’était souvent un acte politique, un saupoudrage. Il faut trouver une source de financement, plus juste. Deux solutions sont possibles : la création d’un fonds de péréquation, pour financer des projets ou du fonctionnement sur des territoires qui en ont besoin. »

Il y a peu de temps, un citoyen de l’Avesnois n’a pas hésité à interpeller Emmanuel Macron sur les difficultés du territoire. Qu’en pensez-vous ?

– « J’admire cet acte citoyen. Je m’inscris dans les mêmes constats que ceux faits par Samuel Blazyk. C’est à moi d’aller trouver des solutions, tout en m’appuyant sur son signal. L’idée d’un grand plan d’action pour le territoire est possible, s’il y a un projet cohérent. Et pour cela, il faut que les élus locaux le portent. Si c’était le cas, ils pourront compter sur moi pour le défendre. »

 

« Sur le budget, je suis tombée de haut »

Bloquer 300 millions d’euros de DGF était-il nécessaire ?

– « Ce sont 300 millions sur des projets qui n’étaient pas encore engagés. On aurait aimé se retrouver dans une autre situation. Mais le budget réalisé sous le précédent mandat était intenable. On a mis la poussière sous le tapis. Je suis tombée de haut. Aujourd’hui, avec 2 200 milliards de dette, l’État s’octroie des privilèges qu’aucun citoyen ne peut avoir. Il faut qu’on rétablisse les comptes publics. »

Là encore, ce n’est pas très populaire comme mesure…

– « On mange notre pain noir. Ce n’est pas ce que l’on voulait, mais encore une fois, quand on regarde la situation, nous n’avons pas le choix. Si on veut s’en sortir, je préfère qu’on prenne des mesures impopulaires au départ. Nos efforts vont payer. »

Une liaison Bruxelle-Paris via Aulnoye ?

Pour le ferroviaire, quelles pistes existent ?

– « On travaille sur une liaison Bruxelles-Mons-Aulnoye-Paris. Cette ligne doit passer par ici, c’est un super projet qui pourrait voir le jour très vite. Il faut juste trouver un opérateur qui gère son exploitation. Par rapport à un TGV, elle mettrait plus de temps, donc le prix devrait être compétitif. J’y crois beaucoup. On réfléchit aussi à une liaison avec Charleroi. On essaie de retricoter la cassure ferroviaire qu’il y a eue entre la France et la Belgique. »

Le projet du Canal Seine Nord a fait aussi jaser. Alors d’accord ou pas ?

– « C’est un très beau projet. Je crois que le transport fluvial a prouvé sa compétitivité. Et il est intéressant pour l’environnement. Il avait été bien lancé par Jean-Louis Borloo, qui souhaitait un partenariat public-privé. Puis, on a souhaité que ce soit uniquement un projet public. Sauf qu’aujourd’hui, il n’a pas été étudié dans sa globalité, économiquement parlant. Quatre milliards ont été budgétés. Sauf que pour le projet soit vraiment intéressant, il manque cinq milliards. Alors je dis oui à une belle infrastructure, mais si on travaille sur un modèle économique intéressant, en faisant participer des sociétés privées, qui auraient des intérêts. Tout en gardant la main. Aujourd’hui, il ne faut pas gâcher de l’argent public. L’abandonner totalement enverrait un signal négatif. »

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