L’OIT lance une commission internationale sur l’avenir du travail

Publié le par angeline351

L’OIT lance une commission internationale sur l’avenir du travail
 

Relation entre travail et société, emplois décents, organisation et gouvernance du travail sont les thèmes centraux à étudier.

Le sujet est dans l'air depuis plusieurs années. Dans un contexte de chômage de masse frappant certains pays, d'une numérisation croissante de l'économie internationale et d'une robotisation accrue des tâches industrielles, le tout avec une population mondiale qui ne cesse de croître, quel sera, à l'avenir, la place du travail tel qu'il est organisé et défini aujourd'hui ? C'est à cette épineuse question que va s'atteler la Commission mondiale sur le futur du travail lancée, lundi, à Genève, par l'Organisation internationale du travail (OIT).

 

Présidée par le Premier ministre suédois, Stefan Löfven, et la présidente de la République de Maurice, Ameenah Gurib-Fakim, cette commission comprend 28 membres dont Thorben Albrecht, secrétaire d'Etat au Ministère fédéral allemand du Travail et des Affaires Sociales, Alain Dehaze, PDG de Adecco Group, Alain Supiot, professeur au Collège de France, à Paris, ou encore Richard Samans, directeur général du Forum économique mondial.

La Commission se concentrera, en particulier, sur la relation entre le travail et la société, le défi de créer des emplois décents pour tous, l'organisation du travail et de la production, et la gouvernance du travail. Elle devra rendre ses travaux dans deux ans, en 2019, où l'OIT, organisation tripartite rassemblant des représentants des gouvernements, des entreprises et des syndicats, fêtera son centenaire.

Il est fondamental d'affronter ces défis avec la conviction que l'avenir du travail n'est pas décidé pour nous à l'avance. C'est un avenir que nous devons faire en fonction des valeurs et des préférences que nous choisissons et des politiques que nous concevons et mettons en oeuvre », a relevé Guy Ryder, le directeur général de l'OIT, en annonçant ce lancement. Pour leur part, les deux coprésidents, dans une tribune commune diffusée lundi, jugent que « si trop de personnes s'inquiètent d'être laissées pour compte, si nos sociétés ne sont plus capables d'apporter des changements positifs, il y a de fortes chances pour que des forces perturbatrices minent la croissance et déstabilisent l'harmonie sociale et politique. En effet, la tendance dont nous sommes témoins d'un virage vers la pensée populiste est l'un des principaux défis de notre époque ».

 

Régulation

En avril dernier, l'OIT avait déjà rassemblé ,lors d'un séminaire de deux jours organisé à Genève, nombre de personnalités internationales pour plancher sur le futur du travail. Parmi elles, Robert Skidelsky, professeur d'économie politique à l'Université de Warwick, a contesté ceux qui prédisent la fin du travail d'ici vingt à trente ans. « Au XIX siècle, on a eu peur des machines qui allaient détruire l'emploi. Cela n'a pas eu lieu. » Mais, face au développement des nouvelles technologies, Robert Skidelsky souhaite un encadrement et ne pas laisser seul le marché décider. A ses yeux, une redistribution des profits réalisés par les possesseurs des technologies devrait être opérée pour ne pas laisser croître les inégalités. Marcel van der Linden, chercheur à l'International Institute of Social History, souligne que l'on assiste aujourd'hui au démantèlement de la relation standard employeur-employé mise en place au XIXsiècle. « L'entreprise traditionnelle est en train de se désintégrer. » Le tout dans un contexte d'affaiblissement des syndicats au détriment de la protection des salariés. Faut-il dès lors taxer les robots, imposer un revenu de base universel, comme l'ont proposé certains intervenants... Les sujets à couvrir par la commission lancée lundi ne manquent pas.


 

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