CSG : des retraités inquiets de la hausse annoncée

Publié le par angeline351

CSG : des retraités inquiets de la hausse annoncée

Pétitions, lettres ouvertes... La grogne s'amplifie contre l'augmentation de la Contribution sociale généralisée en 2018. Elle sera largement compensée pour les salariés... Pas pour les autres. Repères

Que prévoit le gouvernement ?

Une hausse de 1,7 point de la CSG. Cet impôt, au taux faible mais à l'assiette large, concerne la plupart des revenus, notamment les pensions de retraite. Son augmentation, à partir de janvier 2018, suscitera une perte de quelque 35 € mensuels pour un retraité touchant 2 000 €.

Pourquoi cette mesure ?

Pour gonfler les fiches de paie, Emmanuel Macron compte supprimer les cotisations maladie et chômage, payées par les salariés. Cela compensera largement la perte qu'ils subiront en raison de la hausse de leur CSG. Au final, ils bénéficieront d'un bonus mensuel de 20 € pour une personne au Smic. 40 € pour 2 200 € nets.

En gros, on prend d'un côté pour donner de l'autre. Les 20 milliards rapportés par la hausse de la CSG serviront à accroître le pouvoir d'achat des salariés du privé. « La perspective d'une meilleure rémunération peut inciter les chômeurs à retrouver un emploi, analyse François Écalle, spécialiste des finances publiques. Et ceux qui sont en emploi auront envie de travailler davantage, de se former. »

Qui paiera davantage ?

Les retraités les moins défavorisés. C'est-à-dire les 60 % des retraités, qui paient la CSG au taux maximal. Les 40 % exonérés de CSG ou bénéficiant d'un taux réduit échappent, eux, à la hausse. Précisément, les retraités célibataires dont la pension est inférieure à 1 200 € par mois (1 838 € pour un couple). Le fisc prend en compte le revenu du ménage. Et il applique le même régime aux deux conjoints. Si bien qu'un retraité, gagnant moins de 1 200 €, peut être assujetti au taux maximal et subir la hausse en fonction des revenus de son conjoint (lire ci-dessous).

Qu'en disent les syndicats ?

Ils observent une angoisse grandissante. « On a beaucoup d'appels, note Jacqueline Valli, la présidente des retraités CFTC, qui a signé une lettre ouverte avec huit autres organisations. Les retraités attendaient une revalorisation des pensions, gelées depuis quatre ans. »

Certes, le niveau de vie des ménages retraités est en moyenne 5 % supérieur à celui de l'ensemble de la population. « La France est quasiment le seul pays d'Europe dans cette situation, note François Écalle. Ce n'est pas lié aux pensions (1 283 € en moyenne), mais aux revenus fonciers, d'épargne, etc. » Néanmoins, 554 000 retraités touchent le minimum vieillesse (800 € pour une personne seule).

« Les retraités participent largement au redressement des comptes publics depuis 2013, écrit Dominique Fabre, de la CFDT. Ils ont subi la fiscalisation de la majoration de pension pour enfants, la suppression de la demi-part fiscale pour les veuves, etc. La hausse de la CSG est incohérente et injuste. 

CSG : des retraités inquiets de la hausse annoncée

  • Les retraités pénalisés par la hausse de la CSG
    Les retraités pénalisés par la hausse de la CSG | Ouest-France

Jacques SAYAGH.

Pétitions, lettres ouvertes... La grogne s'amplifie contre l'augmentation de la Contribution sociale généralisée en 2018. Elle sera largement compensée pour les salariés... Pas pour les autres. Repères

Que prévoit le gouvernement ?

Une hausse de 1,7 point de la CSG. Cet impôt, au taux faible mais à l'assiette large, concerne la plupart des revenus, notamment les pensions de retraite. Son augmentation, à partir de janvier 2018, suscitera une perte de quelque 35 € mensuels pour un retraité touchant 2 000 €.

Pourquoi cette mesure ?

Pour gonfler les fiches de paie, Emmanuel Macron compte supprimer les cotisations maladie et chômage, payées par les salariés. Cela compensera largement la perte qu'ils subiront en raison de la hausse de leur CSG. Au final, ils bénéficieront d'un bonus mensuel de 20 € pour une personne au Smic. 40 € pour 2 200 € nets.

En gros, on prend d'un côté pour donner de l'autre. Les 20 milliards rapportés par la hausse de la CSG serviront à accroître le pouvoir d'achat des salariés du privé. « La perspective d'une meilleure rémunération peut inciter les chômeurs à retrouver un emploi, analyse François Écalle, spécialiste des finances publiques. Et ceux qui sont en emploi auront envie de travailler davantage, de se former. »

Qui paiera davantage ?

Les retraités les moins défavorisés. C'est-à-dire les 60 % des retraités, qui paient la CSG au taux maximal. Les 40 % exonérés de CSG ou bénéficiant d'un taux réduit échappent, eux, à la hausse. Précisément, les retraités célibataires dont la pension est inférieure à 1 200 € par mois (1 838 € pour un couple). Le fisc prend en compte le revenu du ménage. Et il applique le même régime aux deux conjoints. Si bien qu'un retraité, gagnant moins de 1 200 €, peut être assujetti au taux maximal et subir la hausse en fonction des revenus de son conjoint (lire ci-dessous).

Qu'en disent les syndicats ?

Ils observent une angoisse grandissante. « On a beaucoup d'appels, note Jacqueline Valli, la présidente des retraités CFTC, qui a signé une lettre ouverte avec huit autres organisations. Les retraités attendaient une revalorisation des pensions, gelées depuis quatre ans. »

Certes, le niveau de vie des ménages retraités est en moyenne 5 % supérieur à celui de l'ensemble de la population. « La France est quasiment le seul pays d'Europe dans cette situation, note François Écalle. Ce n'est pas lié aux pensions (1 283 € en moyenne), mais aux revenus fonciers, d'épargne, etc. » Néanmoins, 554 000 retraités touchent le minimum vieillesse (800 € pour une personne seule).

« Les retraités participent largement au redressement des comptes publics depuis 2013, écrit Dominique Fabre, de la CFDT. Ils ont subi la fiscalisation de la majoration de pension pour enfants, la suppression de la demi-part fiscale pour les veuves, etc. La hausse de la CSG est incohérente et injuste. »

Témoignage: « Cette mesure va me faire perdre 450€ par an »

 

"Avec la hausse de la CSG, on charge encore la mule des retraités. Pour m'y opposer, j'ai lancé une pétition il y a trois mois sur change.org. J'ai obtenu 142 000 signatures, c'est pas mal, mais ça reste peu par rapport au nombre de retraités en France (environ 16 millions : NDLR)...

Cette mesure va me faire perdre 450 € par an. Je me chauffe au bois. 450 €, ça fait quatre mois de chauffage. On nous dit que ce sera compensé par l'exonération de la taxe d'habitation. Nous, on ne paie que 100 € de taxe d'habitation par an. On habite une petite ferme perdue au milieu de rien.

« Injuste »

J'ai une pension de 2 000 €. J'ai été technicien chez Air France pendant trente-sept ans, après quatre ans dans la marine. Ma femme touche, elle, 300 € : elle a travaillé en pointillé. Elle est pourtant, comme moi, au taux maximal de CSG, car c'est calculé sur le revenu fiscal de référence du ménage. On va donc tous les deux subir la hausse de 1,7 point. On paie le crédit de la maison : 500 € par mois. Et en tant que retraités, on a des charges que d'autres n'ont pas. Beaucoup de salariés ont la mutuelle payée à moitié par l'employeur. Nous, ça nous coûte 200 € par mois.

Et depuis la retraite, j'enchaîne les problèmes de santé. Pourtant, je n'avais jamais été malade depuis que j'avais commencé à bosser à 16 ans dans un garage. Aujourd'hui, avec mon épouse, on a au moins 200 € de frais de santé à notre charge par an. Je suis traité à l'hôpital de Dijon, à près de deux heures de voiture.

Et c'est que le commencement, je le crains. Le programme d'Emmanuel Macron tourne autour de la CSG. Il veut faire bénéficier les indépendants et les démissionnaires de l'assurance-chômage. 1,7 point de hausse, ça risque de ne pas suffire.

C'est injuste. Et ça creuse le fossé entre les générations. On annonce un allégement de l'Impôt de solidarité sur la fortune et on viderait les poches des retraités ? Non, il faut répartir l'effort équitablement.

La CSG va augmenter à partir de 1 838 € pour un couple. Vous trouvez qu'il s'agit de ménages aisés ? Pas du tout. »

Publié dans Information, RETRAITES

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