Ces précédents scandales alimentaires qui ont frappé l'Europe

Publié le par angeline351

Ces précédents scandales alimentaires qui ont frappé l'Europe

Allemagne, Belgique, France... Des millions d'œufs ont été contaminés au fipronil, un insecticide pourtant interdit. Cette affaire exhume des souvenirs d'autres crises comme la vache folle, le poulet à la dioxine ou encore la bactérie E coli.

Exploitations sous surveillance accrue, poules pondeuses abattues... L'Europe reste sur ses gardes après l'éclatement d'un nouveau scandale alimentaire. Des œufs ont été contaminés au fipronil, un insecticide dont l'usage sur les animaux destinés à la consommation humaine est pourtant proscrite. Résultat, quinze pays de l'Union européenne sont touchés. La Commission européenne a été contrainte de convoquer les pays concernés et de leur demander d'arrêter de se rejeter mutuellement la faute. L'ampleur de cette affaire n'est pas sans rappeler d'autres scandales sanitaires, parfois mortels.

● La viande de cheval

En 2013, l'affaire de la viande de cheval éclate. Dans les faits, il s'agit d'un scandale alimentaire et non sanitaire, puisque ladite viande remplace du bœuf dans 4,5 millions de plats cuisinés, en Europe. Cette affaire met au jour la complexité et l'opacité des circuits d'approvisionnement et de transformation suivi par la viande sur le continent. La viande a en effet été achetée en Roumanie, puis stockée aux Pays-Bas par un intermédiaire chypriote

En France, la société Spanghero, basée à Castelnaudary dans l'Aude, est visée. C'est cette entreprise française de transformation de viande qui a fourni des pains de viande frauduleux à Tavola, fabricant de produits préparés. Par extension, Findus France s'est également retrouvé impliqué. Un de ses sous-traitants français a en effet produit des lasagnes à base de viande frauduleuse. En seulement deux semaines, elle a ainsi perdu un million d'euros. Dans la foulée, Spanghero s'est vu retirer son agrément sanitaire puis a été placée en liquidation judiciaire dans les mois qui suivent. En juillet son propriétaire a tout de même tenté de relancer l'entreprise sous le nom de La Lauragaise sans succès, puisque la société a été rachetée.

● Des tartelettes

En 2013, Ikea annonce qu'il retire des tartes de ses cafétérias, dans 23 pays. Les autorités sanitaires chinoises signalent qu'elles ont détecté des bactéries témoins d'une contamination fécale. En France, la DGCCRF confirme la présence de lots contaminés, mais les 6000 tartelettes ont déjà été consommées.

● La bactérie E coli

Au printemps 2011, 48 personnes meurent en Allemagne, intoxiquées par une souche très toxique de la bactérie E coli entérohémorragique (Eceh). Au total, 92 voyageurs, notamment Britanniques, ayant séjourné outre-Rhin sont infectés. «En France, 13 cas de diarrhée sanglante chez des personnes ayant séjourné ou résidant en Allemagne dans les 15 jours précédant leurs symptômes ont été signalés par les ARS à l'InVS», détaille l'Institut de Veille sanitaire, en 2011. «Chez l'Homme, les Eceh sont responsables de troubles variés, allant d'une diarrhée bénigne à des formes plus graves comme des diarrhées hémorragiques et/ou des atteintes rénales sévères», rappelle l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), sur son site internet.

Dans un premier temps, les légumes importés d'Espagne et notamment le concombre, sont incriminés, à tort. L'épidémie a été causée par des graines de fenugrec, en provenance d'Égypte. Plus récemment, des steaks hachés vendus en supermarchés ou dans des boucheries, contaminés par une autre souche de la bactérie E coli, ont été retirés de la vente en France. Elle provoque notamment des douleurs abdominales et des vomissements, parfois accompagnés de fièvre.

● La vache folle

C'est sans doute le scandale sanitaire qui a le plus marqué les esprits. Les premiers cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), connue comme maladie de la «vache folle», apparaissent au Royaume-Uni en 1986. Le cerveau des animaux prend la structure d'une éponge et se révèle plein de minuscules trous. Résultat, les bovins ne tiennent plus sur leurs pattes et trébuchent, ce qui leur vaudra le surnom de «mad cows». L'ESB ravage le cheptel britannique dans les années qui suivent.

En 1996, les autorités annoncent que l'ESB peut se transmettre, par voie digestive, à l'homme sous la forme de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, une maladie neurodégénérative, qui peut être d'origine génétique, infectieuse ou sporadique - c'est-à-dire qu'elle survient de manière aléatoire. «[Elle] débute souvent par des troubles non

spécifiques, de type insomnie ou anxiété», détaille l'Inserm dans une fiche. «Ensuite, des troubles de la mémoire, de l'orientation ou du langage s'installent (...) [puis] des troubles de l'équilibre ou de la vue, des tremblements, des épilepsies».

L'épidémie devient, non plus alimentaire, mais sanitaire. L'Union européenne décrète un embargo sur la viande britannique en 1996, qui sera ensuite levé à l'échelon européen en 1999 et par la France en 2002. L'origine de la maladie demeure toujours incertaine. En revanche, elle s'est propagée très rapidement par le biais des farines animales. Dans celles-ci se trouvaient des carcasses d'animaux qui pouvaient être contaminées. Le bilan humain s'établit à 224 décès dans le monde, d'octobre 1996 à mars 2011, selon l'OMS. En France, 25 cas ont été recensés. L'ampleur exacte de cette épidémie reste cependant difficile à évaluer. Un rapide coup d'œil des données épidémiologiques de la maladie de Creutzfeldt-Jakob en France, disponibles sur le site de l'INVS, en témoigne: certains cas de personnes décédées de cette maladie sont inscrits «probables».

● Les canettes contaminées

En juin 1999, des millions de canettes de Coca-Cola sont retirées de la vente en Europe. Plus de 300 personnes sont en effet prises de malaise en Belgique, au Luxembourg, en France aux Pays-Bas et en Allemagne En cause, la mauvaise qualité du gaz carbonique dans une usine belge. Utilisé dans le traitement des palettes en bois dans l'usine française de Dunkerque, un fongicide est également incriminé. Résultat, le géant américain est contraint de détruire 90 millions de litres de boisson gazeuse. Les pertes sont estimées à 450 millions de francs.

 Le «chickengate»

En mai 1999, de la dioxine, polluant hautement cancérigène, est découverte en Belgique dans des farines pour la volaille et le bétail. Résultat, toute la chaîne alimentaire est contaminée. Près de 20 tonnes de cuisses de poulet d'origine belge de la marque «Tante Lucie», commercialisées par la société bretonne Pic Pic, ont notamment été retirées à la consommation. Le «syndrome de la dioxine» s'empare des consommateurs européens qui boudent les ventes d'œufs et de poulets issus d'élevage industriels. Ce scandale, qui a coûté 650 millions d'euros à la Belgique, a en outre provoqué la démission de deux ministres. D'autres importantes affaires de contaminations «à la dioxine» suivront: graisse de porc transformée en Belgique (2006), mozzarella en Italie (2008) et élevages de porcs en Irlande (2008).

● Du benzène dans le Perrier

En février 1990, le groupe français retire de la vente 160 millions de bouteilles aux quatre coins du globe. Des traces de benzène ont en effet été détectées, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Pour rappel, le benzène «peut provoquer le cancer et induire des anomalies génétiques», rappelle l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS), dans une fiche toxicologique. Une erreur humaine est à l'origine de ce scandale. Un produit à base de benzène a été utilisé pour dégraisser une machine sur la chaîne d'embouteillage.

● De l'huile frelatée en Espagne

En 1981, 1200 personnes meurent empoisonnées par de l'huile de colza frelatée. Elle était vendue comme substitut de l'huile d'olive dans les banlieues populaires de Madrid et d'autres villes. Or cette huile était contaminée à l'aniline, un extrait dérivé de nitrobenzène, très toxique et susceptible de provoquer le cancer. En 1992, dix chefs d'entreprise et chimistes du secteur huilier sont condamnés à des peines allant de 4 à 77 ans de prison.

Publié dans Information, AFOC-

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