Travail de nuit dans la grande distribution : Non-assistance à personne en danger

Publié le par angeline351

Travail de nuit dans la grande distribution :

Non-assistance à personne en danger

 

 

Le travail de nuit touche plus de 15 % des salariés français, de façon habituelle ou occasionnelle, soit un peu plus d’un français sur sept !

Par la majoration des heures effectuées, un travailleur de nuit habituel gagne environ 8 % de plus qu’un salarié travaillant le jour, et un travailleur de nuit occasionnel, environ 3 %. Par conséquent travailler de nuit pour gagner plus, est un des éléments mis en avant par certains salariés, mais aussi par les entreprises dont Auchan, et pourtant…

De nombreuses études le prouvent :

Dormir est un vrai facteur de santé et le manque de sommeil s’accompagne d’une fatigue musculaire, de troubles immunitaires… Il perturbe l’équilibre psychologique et altère les capacités cognitives comme la mémoire, le raisonnement, le vocabulaire et la fluidité du langage. Sans oublier qu’il accroît le risque de dépression.

Une étude franco-britannique publiée, révèle que le vieillissement cognitif est accéléré par ce type de travail et conclue : « On savait déjà qu’il y avait des effets à court terme, mais on ne savait pas si ceux-ci se maintenaient longtemps ».

Selon Marine-Anne Gautier, expert médical à l’Institut National de Recherche et de la Sécurité (INRS) il faudrait pour atténuer les effets négatifs qu’engendre le travail de nuit, que les entreprises soient tenues de remplir différentes obligations : « Elles devraient faire en sorte que les horaires soient compatibles avec les risques liés au poste et toujours envisager, si besoin, un retour vers des horaires classiques ».

Il est également possible de jouer sur l’organisation du travail en favorisant les horaires qui préservent au maximum le sommeil des salariés. « Il vaut mieux par exemple démarrer à 6 heures du matin plutôt qu’à 4 heures », explique le médecin du travail. »

Le travail de nuit est aussi cancérogène « probable » : Le centre international de recherche pour le cancer a classé le travail de nuit avec des alternances irrégulières en cancérogène « probable ». Plusieurs études s’étaient déjà penchées sur la question : une équipe suédoise avait montré en 2011 que le travail de nuit doublait le risque de sclérose en plaques chez les jeunes tandis qu’une étude française publiée en 2012 faisait état d’un risque accru de cancer du sein d’environ 30 % chez les femmes travaillant de nuit.

Ces facteurs pathogènes sont donc en partie dus aux spécificités horaires du travail de nuit mais également au fait qu’il est souvent couplé avec des activités pénibles. À court terme, le travail de nuit peut entraîner des troubles du sommeil, des troubles digestifs, une perturbation de la vie sociale, etc. Des effets indéniables sur la santé, notamment des troubles cardiovasculaires, une usure prématurée de l’organisme et des risques de cancer.

 

Le CESE et les inspecteurs du travail  soulignent les risques pour la santé

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a rendu un rapport soulignant les dégâts du travail de nuit. Liste non exhaustive : le travail de nuit entraîne des perturbations de la vie sociale et familiale des salariés, et fait peser de nombreux risques sur leur santé. À court terme, on peut voir apparaître des troubles du sommeil et digestifs et un déséquilibre nutritionnel. À plus long terme, des risques cardiovasculaires accrus, une usure prématurée de l’organisme, et même, selon des études, dont l’une menée par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer), une probabilité accrue de cancer.

 

Faut-il alors encadrer davantage le travail de nuit ? C’est ce que préconise le CESE, qui propose notamment de limiter les mesures dérogatoires permises par les accords de branche. De plus, la notion de « continuité de l’activité économique », qui constitue la justification du recours au travail de nuit pourrait être mieux définie, afin de limiter les abus.

Pour les inspecteurs du travail, l’enjeu principal de l’encadrement du travail de nuit est la préservation de la santé des travailleurs, et un de leurs objectifs est de faire respecter la réglementation et l’interdiction du travail de nuit.

En revanche, de nombreuses entreprises bénéficient d’une certaine permissivité sans répondre à ces deux objectifs, tout particulièrement dans le secteur commercial. Les inspecteurs ont ainsi remarqué dernièrement une grosse offensive des chaînes dedistribution.

 

En conclusion :

Le travail de nuit régulier et prolongé peut avoir des répercussions importantes sur la santé physique et mentale des travailleurs de nuit ainsi que sur leurs conditions de vie. Le travail de nuit a donc des coûts directs et indirects en matière sanitaire et sociale, dont les travailleurs de nuit n’ont souvent pas conscience.

Que faire au niveau syndical ?

En raison du non-respect par Auchan de la demande des salariés de fin de soirée de terminer à 21 h, qui étaient en situation de travail de nuit jusqu’au nouvel accord de juillet 2015, non signé par FO, permettant ainsi de déroger à la législation du travail et en raison des risques liés au travail de nuit, 3 syndicats FO Auchan des sites (Pérols, Le Pontet, et Mistral 7) ont décidé de saisir les Tribunaux afin de venir en soutien de ces salariés, et ce malgré les compensations financières de majoration mis en avant.

La réaction des Directions de ces 3 sites, avec la complicité du « syndicat maison » ne s’est pas fait attendre. La désinformation, la communication à outrance et dirigée contre FO sont leurs armes pour braquer les salariés contre nous.

Or si la situation de nos délégués n’est pas facile à vivre, elle passe bien après de la situation de mise en danger des salariés si rien n’était fait, d’autant plus que le travail de nuit n’est absolument pas obligatoire, pour avoir des rayons pleins, propres, balisés pour accueillir au mieux les clients.

C’est la raison pour laquelle, l’ensemble des acteurs de santé, la Fédération, les UD et l’Union des Syndicats Auchan, se doivent de venir en soutien total des délégués FO Auchan de ces sites, malgré une mauvaise presse, et parfois contre le grès des salariés qui voient avant tout dans le travail de nuit, un moyen de gagner plus, en ignorant totalement les risques qu’ils encourent.

Ne rien faire pourrait s’assimiler a de la « non-assistance a personne en danger » !!!

 

Pascal Saeyvoet

Délégué Syndical Central FO Auchan

FORCE OUVRIÈRE AUCHAN LE PONTET

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE

Publié dans COMMUNIQUE FO

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