pompiers vent debout pour réclamer plus de budget

Publié le par angeline351

pompiers vent debout pour réclamer plus de budget

Reçus mardi par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, les syndicats de sapeurs-pompiers ont fait part de leurs inquiétudes concernant leurs conditions de travail qu’ils jugent dégradées.

L'hommage rendu aux pompiers et les mises au point du Premier ministre Edouard Philippe n'auront pas suffi à calmer les syndicats de sapeurs-pompiers. Mercredi, devant l'Assemblée nationale, Edouard Philippe avait salué les « 6.000 femmes et hommes » qui « prennent beaucoup de risques et luttent d'arrache-pied » contre les feux dans le Sud et en Corse depuis le début de la semaine. Un hommage qu'il a ensuite réitéré le soir à Bormes-les-Mimosas, un des principaux foyers d'incendie dans le Sud-Est, où 7.000 hectares sont partis en fumée.

Le Premier ministre a saisi cette occasion pour faire le point face aux nombreuses critiques qu'essuie le gouvernement, concernant le manque de moyens des sapeurs-pompiers : « Le dispositif, en matière de sécurité civile, fonctionne et il fonctionne déjà bien, a-t-il affirmé. Nous avons pris la décision (...) il y a déjà plusieurs semaines de compléter notre flotte aérienne car c'est indispensable. » Six avions bombardiers d'eau devraient bientôt s'ajouter à la flotte actuelle qui en compte moins de vingt. Sur la proposition de créer une flotte européenne d'avions bombardiers pour mutualiser les coûts et les besoins des pays européens, formulée depuis 1993 par le Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SBSPP), le Premier ministre coupe court : « La lutte est déjà européenne. » Un canadair italien s'est en effet joint aux secours, mardi, sur demande des autorités françaises dans le cadre du mécanisme de protection civile de l'Union européenne

.Des effectifs en baisse depuis plusieurs années

Ces annonces sont loin de satisfaire les syndicats de sapeurs-pompiers. Rencontrés mardi par le ministre de l'intérieur Gérard Collomb pour une première prise de contact, ils en ont profité pour réclamer plus de moyens et faire part de leurs propositions sur le long terme. Baisse d'effectif, baisse de moyens en termes de matériels, un statut de pompier volontaire devenu moins attractif, les syndicats font état de dysfonctionnements qui pourraient se révéler « dangereux » dans le contexte actuel : « Nous sommes en manque d'effectif criant, certains hommes qui interviennent en ce moment ne peuvent prendre de repos qu'au bout de 24, voire 36h », affirme Patrice Beunard, président du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels. « Les pompiers représentent aujourd'hui 80 % de nos effectifs. Ils ont pourtant des formations écourtées, et ça peut poser de sérieux problèmes sur le terrain, notamment lorsqu'ils sont envoyés en renfort. »

La faute, entre autres, à une réglementation européenne entrée en vigueur en 2011, qui a entraîné une réduction du nombre d'heures annuelles effectuées par les pompiers professionnels, passées de 2.400 h à 2.200 h par an. « Ces 200 heures n'ont été compensées par aucune embauche », regrette Patrice Beunard. « Et les coupes budgétaires dans les recettes des départements et des collectivités ces dernières années n'ont pas arrangé les choses : mécaniquement, les Services départementaux d'incendie et de secours (Sdis) ont vu leurs moyens décliner ces dernières années. Ils ne remplacent donc plus leurs départs à la retraite et se reposent de plus en plus sur les volontaires qui sont payés à la prestation », assure-t-il.

Deux tiers des camions plus aux normes

Si « les entreprises privées comme publiques jouent le jeu de libérer les pompiers volontaires » et permettre leur déploiement dans le Sud, aucune mesure n'est prise par le gouvernement pour répondre aux difficultés que rencontrent les pompiers au quotidien, déplore Alain Laratta, vice-président du syndicat Avenir Secours. « Nous sommes à 190.000 volontaires, alors que nous avions atteint il y a quelques années les 200.000. Nous ne parvenons pas à stabiliser nos effectifs tandis que chaque année, notre sollicitation opérationnelle augmente. » Il faudrait revaloriser le statut des pompiers volontaires, voire envisager une défiscalisation de leurs heures de travail, selon Patrice Beunard.

Autre point de friction, le manque de renouvellement du matériel. Dans un communiqué, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France fait état d'une baisse de 25 % des crédits d'investissement sur ces cinq dernières années. Le manque d'argent se fait ressentir notamment sur les camions : « Deux tiers des camions spécialisés feux de forêts (CCF) ne sont plus aux normes modernes et ne contribuent pas à une sécurité optimale pour les équipes engagées. » Une situation qui ne serait pas prête de s'améliorer selon les syndicats, au vu des annonces du gouvernement sur les budgets des collectivités locales : « Si la baisse annoncée du budget des collectivités pèse à nouveau sur celui des Sdis, ça ne sera plus tenable », assure le syndicaliste Patrice Beunard.


 

Publié dans Information

Commenter cet article