Plus de 120 enseignes d'habillement vont pouvoir ouvrir le dimanche

Publié le par angeline351

 

Plus de 120 enseignes d'habillement vont pouvoir ouvrir le dimanche

 

Plus de 120 enseignes de l'habillement vont pouvoir ouvrir le dimanche, après la signature d'un accord de branche portant sur la dérogation au repos dominical conformément à la loi Macron du 6 août 2015, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Cet accord signé entre la fédération des enseignes de l'habillement, la CFDT et la CFTC, qui concerne plus de 120 enseignes d'habillement, 120.000 salariés et 22.000 points de vente, sera applicable à compter du 1er août, a précisé à l'AFP Claude Boulle, de l'Alliance du commerce, confirmant une information du quotidien Les Echos.

Il prévoit le doublement de la rémunération des heures effectuées le dimanche, un repos compensateur rémunéré pour les heures supplémentaires, et s'appuie sur le principe du volontariat réversible et la possibilité d'y renoncer ponctuellement en cas d'indisponibilité.

Un plafond a été fixé à 26 dimanches travaillés par an sauf si le salarié souhaite en

faire plus. Les enseignes s'engagent aussi à prendre en charge les frais de garde d'enfant à hauteur de 40 euros par dimanche travaillé.

"Cet accord est une excellente nouvelle pour nos enseignes qui traversent des moments difficiles depuis plusieurs années. Les magasins d'habillement, à l'instar des grands magasins, vont enfin pouvoir bénéficier de la clientèle dominicale", s'est félicité Christian Pimont, président de l'Alliance du Commerce.

Ces ouvertures de magasins le dimanche devraient avoir "un impact favorable sur l'emploi", estime l'Alliance du commerce qui table sur la création de 250 nouveaux emplois et le maintien de 850 postes grâce au chiffre d'affaires généré par le travail dominical.

Une analyse rejetée par la fédération FO commerce, opposée au travail du dimanche, qui estime au contraire que ces ouvertures dominicales "favorisent l'emploi partiel et précaire" de salariés "payés à peine le smic, qui n'ont souvent aucun choix, surtout lorsqu'ils veulent être embauchés".

Cet accord, ajoute son représentant Christophe Le Comte, interrogé par l'AFP,

risque en outre "de favoriser la multiplication de facilités offertes aux grandes

enseignes dont la concurrence détruit le commerce de proximité et fait mourir les centres-villes".

"C'est une mesure libérale qui n'a aucune utilité socialement. Les gens n'ont qu'un salaire et ils ne dépenseront pas plus qu'ils ne peuvent. Les magasins vendront seulement moins le reste du temps", a estimé de son côté Jenny Urbina de la CGT commerce, strictement opposée au travail dominical.

"Le travail du dimanche risque de redevenir bientôt un jour travaillé comme les autres", sans majoration d'heures supplémentaires ou seulement avec un simulacre de majoration. "Et, franchement, qui va garder un enfant pour 40 euros la journée, 4 ou 5 euros l'heure ?", s'est-elle interrogée.

Selon l'Alliance du commerce, il existe désormais quatre accords de branche en France relatifs au travail dominical dans le commerce (bricolage, couture parisienne, bijouterie-joaillerie, enseignes de l'habillement succursaliste).

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