L'affaire Business France tombe mal pour Muriel Pénicaud, en première ligne dans la réforme du Code du travail, alors que l'examen du projet de loi d'habilitation commence ce lundi à l'Assemblée nationale.

Publié le par angeline351

L'affaire Business France tombe mal pour Muriel Pénicaud, en première ligne dans la réforme du Code du travail, alors que l'examen du projet de loi d'habilitation commence ce lundi à l'Assemblée nationale.

Fragilisée par l'ouverture d'une information judiciaire pour «favoritisme» dans le dossier Business France, Muriel Pénicaud se prépare à une rude semaine. La ministre du Travail va porter le projet de loi d'habilitation à réformer le Code du travail par ordonnances, dont l'examen commence ce lundi à l'Assemblée nationale. «Je ne crois pas que ce soit une réforme tiède. Il y aura forcément des oppositions, politiques ou autres (...) Il y aura des accords et des désaccords tranchés», a-t-elle anticipé, ce dimanche lors du Grand Rendez-vous CNews-Europe 1-Les Echos.

Pour l'heure, la ministre du Travail a dit «prendre acte» de l'ouverture d'une information judiciaire sur des soupçons de «favoritisme» dans l'organisation d'un déplacement d'Emmanuel Macron à Las Vegas le 6 janvier 2016. La justice soupçonne l'établissement public Business France, alors dirigé par Muriel Pénicaud, d'avoir favorisé le publicitaire Havas, organisateur de cette soirée. «Je suis très sereine pour plusieurs raisons. La première, c'est que je sais que je n'ai rien à me reprocher sur ce sujet. Je fais confiance à la justice», a-t-elle poursuivi ce dimanche. «Une fois qu'on a dit ça, c'est dur, c'est pas agréable, c'est pénible mais, moi, je suis concentrée entièrement (...) jour et nuit en partie, le week-end, sur la réforme» du Code du travail. Une concentration qui serait toutefois troublée en cas de mise en examen... «S'il y avait une mise en examen de Muriel Pénicaud, elle devrait quitter le gouvernement», a répété le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner cette semaine.

«On sait toujours ce qu'on perd, jamais ce qu'on gagne»

L'affaire Business France viendra-t-elle se greffer sur les débats parlementaires? Des appels à la démission seront-ils lancés des les rangs de l'opposition, notamment de la part des députés de la France Insoumise opposés au «coup de force social» du gouvernement? Des slogans de la mobilisation du mercredi 12 juillet contre la réforme s'en feront-ils l'écho?

En tout cas, il est peu probable que les syndicats, notamment FO et la CFDT, leur emboîtent le pas sur ce terrain. L'expertise de la ministre dans ses dossiers a été saluée par ces derniers depuis sa nomination en mai. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a une «appréciation très positive» de Muriel Pénicaud, indiquait-il sur RMC/BFMTV. «Franchement, c'est une femme que j'apprécie parce qu'elle a une vision, elle pense qu'il faut articuler le développement économique avec la justice sociale. Elle croit profondément au dialogue social», ajoutait-il. «J'aime autant qu'elle reste, affirme Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière dans les colonnes du Monde. Elle connaît les dossiers et est franche du collier. On sait toujours ce qu'on perd, jamais ce qu'on gagne.»

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