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CONTRE LE PAIN DU SUPERMARCHÉ LE DIMANCHE, LES BOULANGERS ATTAQUENT L’ETAT

Publié le par angeline351

CONTRE LE PAIN DU SUPERMARCHÉ LE DIMANCHE, LES BOULANGERS ATTAQUENT L’ETAT

Selon le Syndicat patronal des Boulangers du Grand Paris, l'État ne contrôle pas assez le respect de la fermeture hebdomadaire imposé aux points de vente de pain.

 

“Ils inondent le marché de pains sans aucun respect de la réglementation !” : Dominique Anract, président du Syndicat patronal des Boulangers du Grand Paris ne décolère pas. Depuis plusieurs années, lui et ses confrères artisans voient fleurir des supérettes et supermarchés, déversant des baguettes pas chères, aux quatre coins de la capitale. Passe encore si ces concurrents se pliaient aux règles du jeu. “Mais ce n’est pas le cas, beaucoup d’entre eux n’observent pas le jour de fermeture hebdomadaire”, explique ce patron d’une boulangerie du XVIème arrondissement. Résultat, le syndicat a lancé à la fin du mois de juin une action judiciaire. Mais celle-ci ne concerne pas les magasins incriminés : il s’agit d’une procédure à l’encontre… de l’Etat !

Il faut dire que la situation commençait à devenir pesante. “Je reçois tous les jours des appels de confrères qui se plaignent de cette concurrence déloyale, car les clients ne vont plus dans une autre boulangerie quand la leur est fermée, mais ils se rendent dans ces points de vente qui ne proposent que du pain industriel”, se désole Dominique Anract. Et si certaines boulangeries enfreignent également la réglementation pour résister, toutes ne peuvent pas se le permettre, car ces entreprises restent pour la majorité d’entre elles des affaires familiales. Du coup, de plus en plus mettent la clé sous la porte. Entre 2005 et 2015, le nombre de boulangeries parisiennes a ainsi diminué de 8,6%, tandis que celui des supérettes et supermarchés a lui augmenté de 111% !

Si le fait d’attaquer l’Etat, et non ces concurrents, peut paraître étonnant, cette démarche n’est pas sans fondement. “Il est possible d’engager la responsabilité de l’Etat, car quand celui-ci met en place des normes, il a l’obligation de les faire respecter”, explique Me Aline Simard, avocate du syndicat. Et, selon les boulangers parisiens, c’est bien là que le bât blesse : les contrôles de la part des préfectures seraient quasi-inexistants. Du coup, la perspective d’une amende ne dissuaderait pas ces grandes et moyennes surfaces d’enfreindre la loi. “Ils peuvent rester ouverts tous les jours s’ils le souhaitent, mais ils ont l’obligation de fermer le rayon pain au moins une fois par semaine”, précise l’avocate. Après avoir tenté d’alerter à de nombreuses reprises l’administration, le syndicat a donc décidé de passer aux choses sérieuses en attaquant l'État en justice. Contactées, les préfectures de police de Paris et d’Ile-de-France n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Publié dans Information

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