Cette mort sur ordonnance… de notre héritage social. On n’en veut pas.

Publié le par angeline351

Cette mort sur ordonnance… de notre héritage social. On n’en veut pas.

Entre le discours du Président de la République devant le Congrès et celui de son Premier ministre devant l’Assemblée Nationale, notre horizon s’assombrit.

Les révélations des journaux sur le projet de casse sociale sans précédent, sont la confirmation de la marche forcée dans laquelle voudrait nous engager MACRON. Le candidat avait un programme, le Président le confirme et son Premier ministre annonce qu’il va le mettre en œuvre sous les applaudissements de la majorité plurielle de l’Assemblée Nationale.

MACRON enfonce le clou qu’il avait déjà planté sous le gouvernement VALLS, la présidence HOLLANDE.

Nous sommes dans un tournant historique qui nous inscrit dans de vieux desseins que personne n’avait réussi à mettre en place dans la durée.

De REBSAMEN à PENICAUD, en passant par EL KHOMRI, la volonté de réunir toutes les instances, voire même y intégrer les syndicats et/ou de passer par des référendums pour forcer la main des syndicats, au bout de cet entonnoir, c’est exactement le programme de Vichy qui voulait imposer le corporatisme grâce à sa Charte du Travail :

« Il est vain de penser que des ouvriers puissent être heureux au sein d’une industrie en détresse ; la prospérité des entreprises conditionne le bien-être de leurs membres. La pierre angulaire de la charte réside dans la création des comités mixtes sociaux, au sein desquels se trouveront réunis tous les membres d’une même profession.

Le comité social sera, pour la profession d’aujourd’hui – pour la corporation de demain -, le véritable animateur de la vie professionnelle. Lien de tous ceux qui concourent à une même production, il recevra, de surcroît, la mission d’assurer la gestion sociale de la profession (…).

L’expérience a montré que partout où les hommes de bonne foi se réunissent pour une explication loyale et franche, les oppositions s’atténuent, les malentendus se dissipent, l’accord s’établit, dans l’estime d’abord, dans l’amitié ensuite.

C’est en utilisant les bases de l’organisation professionnelle existante que sera réalisée, dans un esprit nouveau, la jonction de tous ceux que la vie sociale appelle à collaborer. Les syndicats ont donc leur place dans cet ordre nouveau. Ils auront la double mission de discipliner les libres réactions de leurs adhérents et de participer à la formation des comités sociaux.

Mais ces syndicats ne seront plus les syndicats de tendance du passé. S’ils demeurent voués dans chaque profession à la représentation d’une même catégorie sociale (patrons, ouvriers, cadres), ils seront désormais obligatoires pour être forts, uniques pour être francs. Leur activité sera désormais strictement limitée au domaine de leur profession. Ils vivront et fonctionneront sous l’autorité des comités sociaux et en s’inspirant de leurs doctrines qui ne sauraient être elles-mêmes que celles du Gouvernement. » (1)

N’oublions pas qu’elle était inspirée de l’encyclique RERUM NOVARUM, la même encyclique qui était citée dans les statuts de la CFTC et de la CFDT.

Donc rien de surprenant à lire « L’entreprise doit avoir de la souplesse et développer l’individualisation de la situation des salariés«  (Edmond MAIRE – Secrétaire général de la CFDT en 1971).

Et que « L’affrontement stérile entre d’un côté les syndicats et de l’autre le patronat …, c’est ringard et dépassé.«  (Laurent BERGER – actuel Secrétaire général de la CFDT).

 

 

Ces deux dernières déclarations confirment que l’inversion de la hiérarchie des normes, la remise en cause des protections collectives ne sont pas un problème pour certains et qu’ils seraient prêts à l’accompagner.

Ils l’ont démontré sur la dernière période, en annonçant qu’ils étaient favorables au repos dominical tout en même temps en signant tous les accords pour mettre en œuvre la loi MACRON qui impose le travail du dimanche dans le Commerce.

N’oublions pas leur cri de victoire quand ils se ventèrent d’avoir obtenu que les temps partiels seraient au minimum de 24h et que, dans les branches du Commerce, ils signaient, à tours de bras, des accords bien en dessous des 24 heures pour donner des facilités aux entreprises.

De 1995 à nos jours, ils accompagnent les contreréformes de la Sécurité sociale qui a pour conséquence l’obligation (pour ceux qui le peuvent) d’une complémentaire santé de branche qui est source d’individualisation d’une couverture santé minimaliste.

Dans le Commerce, les temps partiels au SMIC seront exempts de cette couverture complémentaire, faute de ressources.

Ce n’est pas avec la diminution des cotisations sociales compensées partiellement par la CSG (impôt) qui améliorera la prise en charge de la Sécurité sociale, mise à mal par un déficit organisé.

Nous ne sommes pas de ceux-là et nous devons continuer à défendre la hiérarchie des normes. Des conventions de l’OIT, du code du travail, des Conventions Collectives, jusqu’aux accords d’entreprise, il faut que les textes se superposent dans le sens du progrès pour que chaque salarié n’ait pas à renégocier ses droits.

Défendre aussi notre protection sociale, l’essence de la Solidarité.

Les organisations syndicales doivent rester libres et indépendantes dans le choix des personnes qui les représentent car c’est la démocratie syndicale qui doit prévaloir sur l’ensemble.

Les orientations prises par le Président de la République nous obligent à préparer la riposte et même si, aux yeux de certains, la lutte des classes est ringarde, nous saurons défendre tout l’édifice que nous avons construit.

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1) Loi du 4 octobre 1941 relative à l’organisation sociale des professions. Rapport au maréchal de France, chef de l’Etat français, Collection « Le Gouvernement de Vichy », Paris Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1972.

Publié dans COMMUNIQUE FO

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