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CE QUE XAVIER NIEL PENSE DU CODE DU TRAVAIL

Publié le par angeline351

CE QUE XAVIER NIEL PENSE DU CODE DU TRAVAIL

Véritable star de l’entrepreunariat à la française, Xavier Niel, le patron de Free, est un acteur écouté qui a une idée bien précise du droit du travail. De quoi apporter de l’eau au moulin du gouvernement.

C’est le grand jour pour Station F, l’incubateur de start-up parisien qui se présente comme le plus vaste du monde. Jeudi 29 juin, son géniteur Xavier Niel accueille Emmanuel Macron pour l’inauguration d’un des projets les plus fous en matière de soutien à l'entreprenariat. L’occasion pour le patron de Free de venir en aide au président de la République et défendre sa politique pro-business. Mais en conservant la singularité qu’on lui connaît.

Invité sur France Inter à s’exprimer sur son nouveau bébé, Xavier Niel en a profité pour dire tout le bien qu’il pensait de la réforme du Code du travail. Et particulièrement sur le possible assouplissement du CDI qu’il trouve mal adapté au marché actuel. “Aujourd’hui, vous ne pouvez pas louer un appartement si vous êtes en CDD, mais vous le pouvez si vous avez un CDI. Si tout le monde était en CDI et pouvait louer un appartement ça serait pas plus mal. Si on était capable de gommer les différences entre CDD et CDI en préservant les droits des salariés je trouverais ça plutôt bien”, déclare-t-il.

Le 11ème patron le plus riche de France (voir notre classement 2017) défend depuis longtemps la création d’un contrat de travail unique. Le CDD “n’est qu’une astuce pour contourner le Code du travail”, précisait-il en mai 2016 dans un entretien au magazine Society. “L’existence même du CDD au sein du Code du travail rend le truc imbitable”. Avant de s’en prendre à la complexité : “Aujourd’hui, vous embauchez quelqu’un, vous avez des tonnes de formulaires à envoyer. Je ne sais pas à quoi ça sert”.

>> Qu'est-ce que ce "CDI de projet" que prépare le gouvernement

>> Code du travail : ce que les entreprises ne pourront pas négocier

Sur France Inter il souligne qu’il est important de ne pas tout envoyer valser. “Le Code du travail et la protection sociale sont super importants, mais l’écrire sur 500 ou 1000 pages… Si on peut le réduire un peu pour que tout le monde comprenne ça serait vachement bien. Simplifier mais en conservant tous les acquis sociaux.” Dans Society, il précise sa pensée : “Plus il y a d’articles de loi, plus c’est la jungle. Avec des règles qui se contredisent entre elles, à la fin, vous arrivez toujours à la contourner la loi. Et qui y arrivera le mieux ? L’employeur, évidemment. La complexité du Code du travail dessert le salarié.”

Mais Xavier Niel est lui même un patron. Il vient du milieu des start-up et en a hérité du goût de l’effort : “Rien de plus agréable pour un chef d’entreprise que de se promener dans les couloirs à 23 h et de voir tout le monde débordé”, a-t-il lâché un jour lors d’une conférence.

Un patron aux méthodes parfois expéditives

Xavier Niel est connu pour être un “patron geek”, une définition qui le rapproche de ses développeurs et des ingénieurs, qui ont ses faveurs, mais qui l’éloigne des petits mains qui font tourner la boutique. L’histoire de Free a été émaillée par plusieurs polémiques sur les conditions de travail dans ses centre d’appels.

L’hebdomadaire antilibéral Politis a publié une grande enquête l’an dernier dans laquelle il relate le fichage de salariés, des licenciements montés de toutes pièces et une répression syndicale. Le dossier porte principalement sur la fermeture progressive d’un centre marseillais en 2009. Politis s’appuie sur un listing de 45 salariés, “fichés par les ressources humaines et progressivement poussés vers la sortie”. Ce fichier nominatif répertorie les situations des salariés et les méthodes envisagées, comme “dossier à construire pour faute” ou “clause mobilité”.

La plupart des témoignages sont anonymes, à l’exception d’un ancien responsable des ressources humaines (licencié par la suite) qui a exécuté cette politique de pression sur les salariés pour les pousser au départ.

Politis a également eu accès à “un tableau extrêmement détaillé, évaluant les pertes aux prud’hommes en comparaison de ce qu’aurait coûté un plan de licenciement conforme à la loi. Le résultat est sans appel : économiquement, mieux vaut harceler, licencier et être condamné que respecter la loi.” Un responsable plateau aurait par exemple coûté, selon le document, 123.000 euros dans le cas d’un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) et 48.500 euros aux prud’hommes.

Dans Society, Xavier Niel se défend : “Je vous invite à appeler des syndicalistes dans n’importe quelle entreprise du monde, en tout cas en France, ils vous diront que c’est horrible. Par essence. Sauf si vous avez une structure de 50 personnes. Dès que vous allez dépasser les 500, on va vous dire ça. Ce que je peux vous dire, c’est que je ne pense pas que la situation soit horrible.”

Publié dans Information

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