Aubervilliers : malaise chez Lapeyre après deux mises à pied

Publié le par angeline351

Aubervilliers : malaise chez Lapeyre après deux mises à pied

 

Deux salariés de Lapeyre ont été sanctionnés. La direction les soupçonne d’avoir fermé les yeux sur un vol de marchandise. Les 110 salariés du plus ancien magasin du groupe font bloc derrière ces anciens au parcours irréprochable.

La colère gronde chez Lapeyre. Il y a 15 jours, la quasi-totalité des 110 employés ont débrayé et mercredi dernier, ils remis ça en déclenchant une grève perlée.

 

Le sort d’un magasinier et d’un agent de maîtrise, mis à pied et convoqués pour un entretien préalable de licenciement est à l’origine de ce mouvement social. Le premier est âgé de 47 ans dont 28 ans d’ancienneté, son collège de 49 ans totalise 26 ans chez le spécialiste de l’aménagement de la maison. Au coeur de ces soubresauts, une affaire de vol d’électroménager dans le dépôt d’Aubervilliers, le plus grand de France.

 

Mais les tenants et les aboutissants de cette affaire sont loin d’être clairs. « Au départ rappelle Marco Nunès, délégué FO les salariés ont été accusés de vol ». Une plainte est déposée par Lapeyre pour vol en bande organisée. Le 11 juillet, les deux hommes sont interpellés sur leur lieu de travail. « Ils ont été convoqués dans le bureau du directeur et ils sont repartis menottés sous les yeux de leurs collègues », déplore le syndicaliste.

 

Huit heures après, ils sont ressortis libres de leur garde à vue. Les images vidéo livrées à la police n’auraient rien montré de probant. Tout comme la perquisition à leur domicile. Pour l’instant aucune charge n’a été retenue contre eux. Mais la direction a maintenu sa procédure disciplinaire. Mercredi dernier, les deux salariés ont été convoqués pour un entretien préalable de licenciement. L’échange a permis aux deux employés de constater qu’ils n’étaient plus visés par les accusations de vol. « C’est leur attitude qui est en cause dans un contexte de vol. Ils ont commis un fait grave, rectifie la direction. A aucun moment, nous ne les avons accusés de vol ».

 

 

Quelle est cette attitude coupable ? Celle-ci ne souhaite pas entrer dans les détails « d’une affaire interne ». C’est donc le délégué syndical FO qui tente de décrypter le litige : « La direction reproche aux salariés de ne pas avoir prévenu des responsables que des personnes suspectes rodaient avec un camion dans le dépôt ».

 

Effondré par « ce truc de fou », l’un des accusés certifie « qu’il a alerté le vigile à la barrière, et souligne : quel intérêt aurais-je à laisser voler du matériel ? Je travaille depuis des années dans cette entreprise, j’ai plutôt un bon salaire et je sais qu’il y a des caméras partout ». Son collègue est tout aussi démoralisé.

 

Dans le magasin historique de l’enseigne, la majorité des salariés fait bloc derrière ces anciens. « Nous sommes tous sous le choc. Toutes les directions passées peuvent témoigner de leur loyauté à l’entreprise », lâche une de leur collègue.

 

Devant cette levée de boucliers, la direction cherche désormais à calmer le jeu. « Rien ne dit que cela aboutira à un licenciement. Nous attendons également le résultat de l’enquête de police », indique-t-elle prudemment.

 

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