1.500 euros de chèques de voyages pour les employés peu absents

Publié le par angeline351

Le gérant d'une PME flamande employant 49 personnes s'expose à une plainte pour discrimination après avoir mis en jeu des chèques de voyages pour les membres de son personnel qui n'ont pas été malades. Une idée originale qui divise.

Le gérant de B&A Technics organise cet été le tirage de deux chèques de voyages d'une valeur de 1.500 euros pour le personnel qui n'aurait pas été absent pour maladie pendant les deux mois précédents, rapporte vendredi le journal flamand Het Nieuwsblad. Le premier chèque vient d'être offert, le deuxième le sera début août. Les employés jamais ou peu absents recevront en outre une augmentation à la fin de l'année: 25 cents supplémentaires de l'heure pour tout ceux qui auraient été absents pour maladie moins de trois jours au cours des douze mois écoulés. Pour 200 journées de 8 heures sur un an, cela représenterait une différence de 400 euros.

"Qui fait de son mieux est récompensé. Je trouve ça correct", commente Bart Vanderstraeten, quadragénaire qui dirige B&A Technics depuis près de vingt ans. "Avant, il y avait parfois jusqu'à dix absents par jour. Surtout en début de semaine. La maladie du lundi, comme j'appelle ça", explique-t-il dans Het Nieuwsblad. "Si quelqu'un est vraiment malade, je laisse parler mon coeur. J'ai déjà eu quelqu'un souffrant d'un cancer. Jusqu'au dernier moment, je l'ai soutenu, aussi financièrement", nuance plus loin le gérant.

Illégal
Si à première vue, la "tombola" peut sembler anecdotique, elle serait en réalité illégale. "Aussi bien les chèques de voyages que l'augmentation de salaire violent la loi antidiscrimination", pensée pour éviter que les personnes malades soient injustement désavantagées ou exclues, juge Frank Hendrickx, professeur de droit du travail à la KU Leuven, cité par Het Nieuwsblad. "Si une plainte est déposée, il y a de grandes chances que le gérant soit condamné à une indemnité", estime-t-il.

Contre-productif
"On ne fait pas des tombolas avec la maladie ou la santé. Vous créez une mauvaise ambiance, compétitive. Et vous forcez des gens malades à travailler quand même. Vous n'y gagnez rien. Ils sont moins productifs et s'ils abandonnent finalement, ils resteront absents plus longtemps. Cette méthode est contre-productive", tranche Lode Godderis, professeur de médecine du travail à la KU Leuven, qui plaide plutôt pour chercher la cause de l'absentéisme dans ce qui pourrait clocher au travail.

"Il faut justement encourager les employeurs qui ont une approche créative de l'absence maladie", contredit Karel Van Eetvelt, administrateur délégué de l'UNIZO, union flamande des entrepreneurs indépendants. "Et certainement s'ils le font au moyen de récompenses et non de punitions", ajoute-t-il, admettant cependant qu'une augmentation et une tombola ne peuvent pas être les seuls moyens mis en oeuvre.

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