Yvelines : 251 emplois menacés chez le géant de la pétrochimie

Publié le par angeline351

Yvelines : 251 emplois menacés chez le géant de la pétrochimie

 

Un plan social menace 251 postes sur les 1 900 que compte la société italienne, Saipem, filiale du géant du gaz naturel et de la pétrochimie ENI, à Montigny-les-Bretonneux (Yvelines). 

C’est au son des sifflets et banderoles en main que les salariés de Saipem se sont réunis devant leur entreprise de bon matin, ce vendredi, pour faire entendre leur mécontentement. Le 17 mai dernier, ils ont appris que leur entreprise, spécialisée dans l’ingénierie pétrolière, prévoyait un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) qui menace 251 postes sur les 1 900 que compte la société italienne, filiale du géant du gaz naturel et de la pétrochimie ENI, à Montigny-les-Bretonneux (Yvelines).

 

Une décision à laquelle le personnel s’attendait selon le responsable CFDT, Eric Martin. «Le prix du baril est passé de 115 euros en 2014 à une cinquantaine d’euros actuellement. Pendant un an, on nous a parlé d’une possibilité de chômage partiel. Ça n’est jamais arrivé, donc on s’attendait forcément à quelque chose», souffle le représentant syndical, qui réclame que les départs se fassent au moins sur la base du volontariat.

 

 

«Une délocalisation déguisée d’emplois industriels vers l’Italie»

 

 

En plus de la dégradation du marché du pétrole, la direction de l’entreprise ajoute dans un communiqué interne, que «les perspectives futures de développement des énergies alternatives (nous) obligent à innover et réduire nos coûts opérationnels afin de rester compétitif». Des raisons qui pousseraient la firme à changer de modèle organisationnel «dans le monde entier» et qui «pourraient potentiellement impacter 251 postes».

«Ce plan social permet, de fait, une délocalisation déguisée d’emplois industriels vers l’Italie, au sein d’un groupe qui fait des bénéfices», commente, amer, un membre du syndicat. «Nous craignons qu’à terme, le but soit de fermer le centre d’ingénierie qui compte 700 salariés, ajoute un autre employé. ENI est soutenu par le gouvernement Italien donc il est hors de question pour eux de supprimer des emplois là-bas. Ce qui est assez logique au final.»

                                                                               

   

Présente parmi ceux qui ont décidé de se réunir ce vendredi avant l’heure d’embauche, Asma, ingénieure, regrette un déficit de communication. «On ne sait pas encore quels sont les services visés, les choses ne sont pas claires, déplore-t-elle. Cela joue sur le moral et inquiète tout le monde».

 

Même son son de cloche chez un autre employé, qui souhaite rester anonyme. «Un jour, on a remarqué une nouvelle embauche dans l’entreprise, ce qui est rare vu notre secteur, indique-t-il. Mais lorsqu’on s’est penché sur son CV, on s’est rendu compte que c’était un professionnel des plans sociaux. C’est comme ça que j’ai compris ce qui se passait…»

 

Ce vendredi matin, le PDG italien de Saipem Stefano Cao était de passage pour rencontrer les jeunes salariés de l’entreprise, âgés de 27 à 32 ans. Un mauvais signal, selon Eric Martin. «C’est censé être une réunion pour motiver les jeunes et leur dire qu’ils sont la relève, avance le représentant syndical. Mais c’est complètement hypocrite car ce sont eux qui seront impactés en premier.»

 

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