Reprise de Kindy: les salariés fixés vendredi

Publié le par angeline351

Reprise de Kindy: les salariés fixés vendredi

Les salariés de Kindy ne connaîtront le sort réservé par les juges du tribunal de commerce de Beauvais à leur usine de chaussettes située à Moliens que ce vendredi 2 juin.

Treize heures : sept élus de Picardie verte sont devant le tribunal de commerce. Parmi eux, le maire de Moliens, Philippe Van Ooteghem, très inquiet pour l’avenir de l’entreprise à très long terme. «  L’idéal, ce serait l’offre la mieux-disante en termes d’emplois, celle qui maintient 60 personnes sur le site  », précise ce dernier. Pendant ce temps, les représentants des entreprises intéressées par le rachat de Kindy affluent. Tout comme le syndicat Force Ouvrière, venu en force soutenir les Kindy.

13 h 45 : une cinquantaine de salariés arrivent de Moliens, en car, pour entendre le prononcé du tribunal de commerce, pancarte publicitaire Kindy à la main. «  On voulait montrer que nous étions solidaires tous ensemble », insiste Christelle, dont le fils et le mari travaillent aussi chez Kindy. Le matin même, le dernier des repreneurs éventuels à s’être manifesté – l’entreprise NorthStocks – est allé à la rencontre du personnel sur le site. «  Ils sont intéressés par notre proximité avec Le Havre, Paris.  », décrit Christelle, en collant un autocollant dans le dos d’une collègue. Bientôt des centaines de carrés rouges au logo Kindy s’affichent sur les manifestants.

14 heures : l’audience commence. Le premier volet du dossier ne concerne pas l’usine de Moliens, qui emploie 110 personnes, mais celle qui fabrique les chaussures GBB dans le Maine-et-Loire, une des filiales de Kindy qui attend également un repreneur. Les salariés restent à l’extérieur. « Nous avons mal au cœur. Depuis février, nous commençons à être épuisés », soulèvent quatre « filles » du service commercial, émues par les appels touchants de clients ces derniers mois. « Certains n’arrivaient pas à croire que nous étions en difficulté », insiste l’une d’elles, Patricia, 32 ans de carrière chez Kindy. 32, c’est également le nombre de salariés qui seraient intéressés par un éventuel départ volontaire.

15 heures : Le silence se fait soudain quand le fondateur de la marque Kindy prend la parole devant une centaine de personnes. Il est venu de Paris soutenir « ses » anciens salariés. D’autres têtes connues se sont ajoutées au cortège : des candidats aux élections législatives dans la deuxième circonscription de l’Oise, mais aussi des anciens employés.

Les candidats à la reprise font les 100 pas devant le tribunal de commerce. L’ambiance est lourde, sous un soleil plombant. «  Seront-ils favorables aux ouvriers ?, se demande José, qui a commencé à 16 ans sur une machine de formage. Il y avait trop de cadres dans notre entreprise avec des salaires trop importants.  » Son épouse a fait partie du plan social de 2003. 110 personnes avaient perdu leur emploi alors que le site comptait plus de 300 salariés.

17 heures : le dossier de Kindy est, enfin, étudié. Les délégués FO de Kindy rejoignent la table des « entendus ». Les trois repreneurs présents – Galatée, les néerlandais Euro Sox Plus et NorthStocks – sont reçus les uns après les autres. Le bus qui a conduit les salariés doit aussi rentrer. Certains ont prévu de revenir en voiture dans la soirée. «  On savait que ça allait être long  », lance Hervé, du service web. «  Je suis confiant pour le maintien de la production  », insiste Charles, l’un des responsables fabrication.

18 heures : le tribunal de commerce se laisse jusqu’au vendredi 2 juin, 14 heures, pour choisir. Dany Cottet, secrétaire du comité d’entreprise, sort du bâtiment. «  On a évité le pire  », laisse-t-il tout juste entendre. La liquidation judiciaire est, semble-t-il, évitée pour Kindy. Mais combien d’emplois seront-ils sauvés ?

Qui sont les candidats à la reprise?

Sur les trois repreneurs potentiels de Kindy, seuls trois se sont présentés ce mardi devant le tribunal de commerce de Beauvais : Galatée, Euro Sox Plus et North Stocks. L’allemand Camano aurait jeté l’éponge. L’avenir de la célèbre marque à la chaussette se joue donc entre ces trois offres. La plus favorable au maintien de l’emploi est celle des Français Galatée. Portée par Thierry Carpentier et Salih Alissi, elle viste à conserver 60 salariés à Moliens, dont une trentaine à l’atelier et la logistique. « L’idée serait d’aller chercher des commandes car l’atelier est en-dessous de ses capacités, d’augmenter le rythme des collections et de repenser la stratégie de ventes en ligne », explique Salih Alissi. La société néerlandaise Euro Sox Plus veut garder 10 salariés, uniquement des commerciaux chargés de développer ce secteur. Ce n’est pas la production de chaussettes qui intéresse le plus ce repreneur. Quant au dernier, Northstocks, qui souhaiterait conserver 47 emplois à long terme, il n’a souhaité préciser son offre à la presse.

 

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