Le Code du travail un frein à l’embauche ? Pas vraiment répondent 10 000 patrons

Publié le par angeline351

Le Code du travail un frein à l’embauche ? Pas vraiment répondent 10 000 patrons

Une convergence de vue entre patronat et défenseurs des droits des salariés est suffisamment rare pour être remarquée. Une note de conjoncture publiée par l’Insee le 20 juin conclut que pour les patrons, le principal frein à l’embauche n’est pas le Code du travail mais la conjoncture économique. Une publication qui tombe à pic compte tenu du calendrier politique et social.

En janvier 2017, dans le contexte d’une politique gouvernementale désignant les rigidités du droit du travail comme principal frein à l’embauche des chômeurs, l’Insee a introduit une nouvelle question dans ses enquêtes de conjoncture : Existe-t-il des barrières qui vous empêchent actuellement d’embaucher davantage de travailleurs en CDI ou en CDD de longue durée ? et si oui, quelles sont ces principales barrières ? Incertitude sur la situation économique ; indisponibilité de main-d’œuvre compétente ; coûts de recrutement ; cotisations sociales trop élevées ; niveau des salaires trop élevé ; coûts financiers directs de licenciement ; risques juridiques associés à la procédure de licenciement ; incertitudes sur la pérennité de la législation du travail ; autres. L’Institut de statistiques a interrogé 10 000 entreprises du secteur des services, de l’industrie et du bâtiment.

Carnet de commande et compétences

Réponse du berger à la bergère, les résultats de cette enquête qui relève plus du sondage sur le ressenti des employeurs, créent la surprise. Les principales barrières à l’embauche sont l’incertitude liée à la situation économique (citée par 28 % des entreprises) et l’indisponibilité d’une main-d’œuvre compétente (citée par 27 % des entreprises). Les cotisations sociales trop élevées arrivent loin derrière (18 %). Et encore plus minoritaires : les « barrières » liées à la législation du travail. Par exemple, les risques juridiques associés au licenciement, autrement dit les indemnités prudhommales en cas de licenciement abusif, ne sont cités que par 14 % des patrons. Quant aux coûts de licenciements, ils ne préoccupent que 10 % des employeurs interrogés par l’Insee. Et côté rémunération, le niveau élevé des salaires n’est tout simplement pas un problème (7 %).

Difficultés de recrutement

Qu’est-ce que cette étude nous dit d’autre ? que 31 % des entreprises de l’industrie, des services et de l’industrie du bâtiment déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, contre 26 % début 2016. Ensuite, 47 % des entreprises signalent rencontrer des barrières qui les empêchent d’embaucher davantage de travailleurs en CDI ou en CDD de longue durée. 73 % des entreprises du bâtiment signalent l’existence de barrières à l’embauche en CDI ou CDD de longue durée ; un taux qui baisse à 52 % dans l’industrie et à 43 % dans les services.

Dernier constat de l’Insee : les entreprises qui peinent à recruter de la main-d’œuvre compétente ne citent pas particulièrement le coût et la réglementation comme barrière et sont beaucoup moins effrayées par l’incertitude sur la situation économique. Tandis que les entreprises qui signalent des barrières liées à la réglementation sont souvent aussi celles qui indiquent un coût du travail trop élevé.

 

Publié dans COMMUNIQUE FO

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