Grève massive des dockers espagnols

Publié le par angeline351

Grève massive des dockers espagnols

Les dockers espagnols ont entamé lundi un mouvement de grève suivi quasiment à 100%, une heure sur deux, dans les ports du pays, contre la réforme libéralisant leur emploi adoptée en mai. "La grève a commencé dans les ports de la péninsule", a déclaré à l'AFP par téléphone un porte-parole du syndicat Coordination des travailleurs de la mer, qui a déposé un préavis de grève courant jusqu'au 24 juin, environ un jour sur deux. "Aucun contact" n'a pour l'instant eu lieu avec les représentants du patronat, a affirmé en milieu de journée devant la presse Antolin Goya, le coordinateur du syndicat. "Le suivi de la grève est pratiquement total", avec des arrêts dans tous les ports d'Espagne à l'exception de Carthagène, a confirmé en début d'après-midi le ministère de l'Equipement dans un communiqué, sans recenser d'incidents notables.

Le ministère remarque que plusieurs entreprises effectuant les chargements et déchargements avaient réduit au minimum le nombre de travailleurs dont elles avaient besoin, en raison du peu d'opérations prévues lundi, notamment à Barcelone, où ce lundi est férié, et Algésiras. Les principaux syndicats de dockers rejettent la réforme qui génère "une profonde insécurité de l'emploi pour tout le personnel et ouvre une période d'instabilité pour le secteur", selon le texte de leur préavis de grève. Ils exigent l'ouverture d'un nouveau processus de négociation.

Un "décret-loi" approuvé par le Congrès des députés le 18 mai met fin au système d'embauche prioritaire des dockers en vigueur en Espagne. Jusqu'ici, les entreprises souhaitant embaucher des manutentionnaires devaient passer par des "sociétés de gestion des travailleurs portuaires", qui les obligeaient à recruter prioritairement les quelque 6.000 dockers qu'elles employaient. Le nouveau texte rend facultatif le recours à ces groupes pour embaucher. "Les contrats à durée indéterminée de la totalité des dockers portuaires se convertissent en postes de travail précaires, en attente d'embauche par les entreprises de manutention", ont déploré les syndicats, qui réclament des contrats pour tous les dockers, malgré la loi qui vient d'être approuvée après des mois de négociations.

L'ancien système doit disparaître progressivement: les entreprises de manutention devront encore embaucher prioritairement 75% des dockers répertoriés la première année, 50% la deuxième et 25% la troisième, selon les syndicats. Ensuite, "les travailleurs qui n'auront pas été à nouveau embauchés par les entreprises seront licenciés collectivement et leurs indemnités seront payées sur fonds publics", ont-ils fustigé. En 2014, la réglementation en vigueur en Espagne avait été jugée contraire à la "liberté d'établissement" pour chaque entreprise, en vigueur dans l'UE par la Cour de justice européenne. L'Europe avait exigé de l'Espagne qu'elle protège la liberté d'embauche.

Après l'adoption de la réforme, la Commission européenne s'est félicitée que Madrid se soit "conformée" au droit européen. Plus de 60% du commerce de l'Espagne avec l'extérieur transite par les ports, notamment les exportations agroalimentaires et d'automobiles, capitales pour la quatrième économie de la zone euro. L'Espagne est aussi une importante plate-forme de transit de marchandises entre l'Europe et le reste du monde.

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