Compteurs communicants Linky et Gazpar, une étude bienvenue mais insuffisante

Publié le par angeline351

Compteurs communicants Linky et Gazpar, une étude bienvenue mais insuffisante

Afin de tenter de mettre fin aux polémiques et aux interrogations légitimes des consommateurs quant aux éventuels risques sanitaires liés au déploiement sur le territoire national des compteurs communicants permettant la relève à distance des index de consommation d’électricité et de gaz, et leur transmission aux fournisseurs d’énergie, la Direction générale de la santé (DGS) a chargé l’ANSES (Agence de sécurité sanitaire Alimentation, Environnement, Travail) de conduire une expertise relative à l’évaluation de l’exposition de la population aux champs électromagnétiques émis par lesdits compteurs et des effets sanitaires potentiels associés publiée en décembre 2016.

L’Agence conclue à une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants, dans la configuration de déploiement actuelle, engendre des effets sanitaires à court ou long terme. Elle appelle cependant les opérateurs impliqués dans le déploiement de ces nouvelles technologies à fournir une information claire et facilement compréhensible aux usagers quant à leurs modalités de fonctionnement. L’AFOC s’associe à cette demande compte tenu de la vivacité des interrogations des consommateurs.

Comment ça marche ?

Les compteurs d’électricité « Linky » communiquent de façon filaire, via le réseau de distribution d’électricité, par la technologie du courant porteur en ligne (CPL) avec des points relais, des informations de consommation. Les compteurs de gaz « Gazpar » communiquent avec ces points relais par liaison radio sans-fil.

Dans le cas du compteur d’électricité Linky, l’Agence a recensé que les niveaux d’exposition aux champs électromagnétiques produits par le compteur lui-même, mais aussi par la communication CPL qui parcourt les câbles électriques, sont très inférieurs aux valeurs limites d’exposition réglementaires. Les compteurs Linky, que ce soit en champ électrique ou magnétique, sont à l’origine d’une exposition comparable à celle d’autres équipements électriques déjà utilisés dans les foyers depuis de nombreuses années pointe l’ANSES (télévision, chargeur d’ordinateur portable, table de cuisson à induction...).

En ce qui concerne Gazpar, l’exposition à proximité du compteur communicant de gaz est très faible, compte tenu de la faible puissance d’émission et du nombre réduit de communications (moins d’une seconde 2 à 6 fois par jour) conclut l’ANSES. L’exposition due aux compteurs est par exemple bien plus faible que celle due à un téléphone mobile GSM.

Par ailleurs, les compteurs de type Linky produisent sur le réseau domestique des signaux qui peuvent être équivalents à ceux des parasites créés notamment par la mise en route d’appareils domestiques (courants transitoires à haute fréquence). Actuellement, il n’existe aucune donnée suggérant que les courants transitoires à haute fréquence puissent affecter la santé aux niveaux d’exposition mesurés.

Un rapport commandé ?

Tout d’abord, l’étude de l’Agence n’a pas été faire en situation réelle mais à partir d’une revue des normes techniques existantes, des résultats de différentes campagnes de mesures, des informations obtenues auprès des différents distributeurs d’eau et d’énergie suite à l’envoi de courriers, de la presse ainsi que des données et informations recueillies par la réalisation d’entretiens : Enedis (ex ERDF), Suez Smart solutions (ex Ondeo Systems), GRDF et l’AMF.

Par ailleurs, l’étude a été faite selon un protocole d’installation initiale de déploiement et de services qui peut évoluer par la suite. Il peut être inquiétant de lire par exemple page 6/17 de l’avis de l’ANSES que le dispositif permettra bien plus que de réaliser des télé-relevés et que l’ajout de fonctionnalités passera à court ou moyen terme par un équipement radio (émetteur radio Linky ou ERL) qui peut être adjoint au compteur Linky… La technologie est sans fin.

Recommandations

Dans le but d’améliorer l’information sur l’environnement des usagers, l’Agence engage les opérateurs impliqués dans le déploiement de ces nouvelles technologies à fournir une information claire et facilement compréhensible aux usagers quant à leurs modalités de fonctionnement actuel et futur, incluant notamment la fréquence et la durée des expositions aux champs électromagnétiques auxquelles ces technologies peuvent conduire.

Enfin, il est à noter que le déploiement des compteurs communicants intervient au moment où les objets connectés se multiplient pour des applications diverses, les infrastructures de communication (antennes relais notamment) étant déjà pour l’essentiel en place. Il est possible que ces développements concernent dans les prochaines années la numérisation des services et des infrastructures à l’échelle des individus, des habitations et des villes, dans les domaines de l’énergie, des transports et de la santé en particulier (réseaux intelligents, villes intelligentes, etc.).

La question de l’exposition des personnes aux champs électromagnétiques devrait alors être anticipée et systématisée dans cet environnement évolutif. Aussi, l’Agence recommande que le développement des objets connectés s’accompagne de la définition de méthodes et outils (normes techniques) propres à assurer une caractérisation de l’exposition des personnes. Une campagne de mesures sollicitée par l’Anses auprès du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), dont les résultats sont attendus prochainement, permettra de préciser l’exposition due au compteur Linky en situation réelle (temporalité, niveau d’exposition). Ces mesures devraient notamment permettre une comparaison entre l’exposition aux anciens compteurs électromécaniques et celle due aux nouveaux compteurs Linky au domicile. L’AFOC sera attentive à ces conclusions.

Publié dans COMMUNIQUE FO, AFOC-

Commenter cet article