Pourquoi Dassault négocie une baisse du temps de travail dans ses usines en Nouvelle-Aquitaine

Publié le par angeline351

Pourquoi Dassault négocie une baisse du temps de travail dans ses usines en Nouvelle-Aquitaine

 

Confronté à une chute de ses ventes dans le civil, du Falcon, l’avionneur propose de passer temporairement à 32 h/semaine.

La forte baisse des prises de commandes de Falcon ces deux dernières années – passées de 90 en 2014 à 21 en 2016 – va entraîner une diminution importante de la charge de travail dans les usines Dassault en France. Et elle ne sera pas compensée avant 2018 par l’accroissement de la cadence du Rafale et des ventes à l’export.

Variation pluriannuelle du temps de travail

Pour pallier cette baisse de charge, la direction de Dassault a proposé fin 2016 aux syndicats de mettre en œuvre la loi El Khomri, qui permet de négocier un accord de variation pluriannuelle du temps de travail.

L’accord proposé aux organisations syndicales est le suivant : une baisse du temps de travail en 2017, sans perte de salaire – soit travailler l’équivalent de 32 h payées 38 – et ensuite une augmentation des heures travaillées en 2018 et 2019. Avec, à titre de compensation, une majoration de 10 % au-delà de 38 h, avec un plafond à 42 h.

Trois usines concernées en région

Une mesure qui ne touche que les personnels non cadres à la production. Et concerne, dans la région, particulièrement les sites de Dassault à Mérignac (33), Martignas-sur-Jalle (33) et Anglet (64).

Cet accord, plus favorable que les dispositions prévues dans la loi, qui ne prévoit aucune majoration, n’a, pour l’heure, reçu le soutien que de la CFE-CGC, le premier syndicat de l’entreprise, mais qui n’est pas majoritaire. Conséquence, les négociations sont en suspens, mais la direction espère obtenir l’accord d’un autre syndicat. Ce ne sera pas la CGT. « Nous sommes opposés à la loi travail et nous estimons que Dassault aurait dû l’anticiper et rapatrier une partie de la production, donnée aux sous-traitants », fustige Cyril Courel, secrétaire CGT de Dassault Mérignac.

De son côté, la CFDT n’est pas opposée sur le principe, consciente de la situation, mais réclame des garanties. « Nous signerons l’accord si on nous assure qu’il n’y aura pas de licenciements durant cette période et un référendum sur le sujet auprès du personnel », indique Emmanuel Vidal, délégué central CFDT et salarié de Dassault Anglet.

Menace de licenciements

C’était l’un des sujets évoqués hier par le PDG, Éric Trappier, lors du comité central d’entreprise à Saint-Cloud. Ce dernier a d’ores et déjà prévenu : sans accord sur la variation du temps de travail, il sera obligé de prendre d’autres mesures « plus contraignantes ». En clair, des licenciements.

« Ce serait regrettable, alors que nous savons pertinemment que nous aurons du travail dans les années à venir », insiste Emmanuel Vidal.

Publié dans Information

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