Pour utiliser l’image d’un salarié, il faut son accord

Publié le par angeline351

Pour utiliser l’image d’un salarié, il faut son accord

« Les Echos » du 27 mars 2014 propose un intéressant article,
en voici l’essentiel…

Nombreuses sont les hypothèses où l’entreprise est amenée à détenir et utiliser des images de ses salariés. Leur consentement à la captation de leur image et à sa diffusion est toutefois nécessaire.

Le droit à l’image, élément du droit de toute personne au respect de sa vie privée, implique que chacun peut s’opposer à la diffusion de son image. Ce principe s’applique au salarié dont l’employeur voudrait utiliser l’image sous forme de photographie ou de vidéo. Ainsi, ce dernier doit obtenir le consentement du salarié.

Quel usage de l’image du salarié ?

L’employeur peut souhaiter utiliser l’image du salarié pour une diffusion interne à l’entreprise ou au groupe, afin par exemple de constituer un trombinoscope du personnel, de faire connaître les visages des salariés responsables de l’évacuation en cas d’incendie, ou pour illustrer un journal interne dédié à la vie de l’entreprise.

Parfois la diffusion de l’image des salariés a un objectif publicitaire, destiné à promouvoir l’activité de l’entreprise, sur son site internet, des brochures publicitaires, etc.

Dans certains domaines d’activité une telle utilisation est courante (tourisme, divertissement). Il peut s’agir par exemple d’un parc d’attraction utilisant pour sa promotion les images des salariés animant un spectacle, ou d’une enseigne diffusant une vidéo publicitaire au plan local ou national.

Comment obtenir le consentement du salarié ?

Une autorisation explicite est recommandée
Il est conseillé de recueillir une autorisation écrite et précise du salarié. Le caractère explicite de son consentement est d’autant plus important que le cadre de diffusion de l’image est large.

Cet accord peut prendre la forme d’une clause du contrat de travail ou d’une convention distincte, précisant les limites de l’autorisation.

A ainsi été jugée licite la clause contractuelle par laquelle un salarié participant aux animations d’un parc d’attraction accepte que l’employeur capte et diffuse son image à des fins promotionnelles jusqu’à 10 ans après la fin du contrat de travail (décision de la chambre sociale de la Cour de cassation du 18 décembre 1996).

De même, est valable une convention signée avec l’employeur, autorisant ce dernier à utiliser et reproduire l’image du salarié à des fins publicitaires, dès lors qu’elle énumère limitativement les supports publicitaires autorisés et qu’elle précise que le salarié peut retirer son autorisation à tout moment (décision de la cour d’appel de Toulouse du 6 septembre 2013).

Un accord implicite est parfois reconnu
Il arrive que le consentement du salarié ressorte implicitement d’une absence de protestation, mais cet accord implicite a une portée limitée.

Par exemple un salarié qui prend la pose sur une photographie de son équipe est réputé avoir consenti à la captation de son image et à sa reproduction dans le journal interne de l’entreprise (décision de la cour d’appel de Metz du 20 janvier 2011).

En revanche, le fait qu’un salarié ait consenti à la réalisation d’une photographie puis n’ait pas émis de protestation à la reproduction et la diffusion de l’image dans le magazine interne de l’entreprise pour illustrer son métier, ne vaut pas consentement pour de nouvelles diffusions, relatives à un objet distinct, et diffusé dans un cadre plus large (décision de la cour d’appel de Douai du 31 janvier 2012).

L’utilisation de l’image donne-t-elle lieu à rémunération ?
En cas d’utilisation interne à l’entreprise, la diffusion de l’image du salarié n’est généralement pas rémunérée. Il peut en être autrement lorsque cette image est utilisée à des fins publicitaires. Tout dépend de l’ampleur de l’utilisation.

Pour certaines professions, la rémunération de l’exploitation de l’image des salariés est régie par des dispositions spécifiques (par exemple les mannequins : article L 7123-6 du Code du travail).

Conséquences de l’absence de consentement
En principe, le refus du salarié d’autoriser l’employeur à diffuser son image n’est pas fautif. Il est en effet en droit de refuser que son image de travailleur sorte du cadre professionnel (décision de la cour d’appel d’Amiens du 4 septembre 2013).

En revanche, a pu être licencié le salarié d’une entreprise de nettoyage ayant refusé de fournir une photographie d’identité pour la confection d’un badge exigé par un client pour accéder à ses locaux (décision de la cour d’appel de Versailles du 12 février 2002).

En cas d’utilisation de l’image du salarié sans autorisation ou malgré un refus explicite, l’employeur porte atteinte à son droit à l’image. L’intéressé peut obtenir en justice des dommages et intérêts en réparation de son préjudice.

La diffusion ou l’affichage dans l’entreprise de photographies de salariés assorties d’annotations blessantes ou de messages grossiers peuvent caractériser un harcèlement sexuel ou moral. L’employeur doit veiller à prévenir l’apparition de tels comportements, qui engagent non seulement la responsabilité de leurs auteurs, mais également la sienne.

Publié dans VOS DROITS

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