Plan social à «La Voix du Nord», la position des syndicats

Publié le par angeline351

De La Voix du Nord, vous, lecteurs, ne connaissez que quelques signatures, quelques visages, ceux des journalistes. Mais, La Voix du Nord, né journal clandestin aux plus tristes heures de notre Histoire, ne serait pas un journal papier, numérique aussi, sans ses rotativistes, ses services comptabilité et paie, ses commerciaux, ses expéditionnaires…

Le 10 janvier, au sortir d’un comité d’entreprise extraordinaire, 178 des 700 salariés se sont sentis menacés. 25 % de postes sacrifiés sur l’autel d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) au prétexte d’une « sauvegarde de compétitivité  ». Au final, malgré la création de 19 nouveaux postes, le plan pourrait aboutir à la destruction de 159 emplois.

«  La presse c’est un peu la sidérurgie à la fin des années 1970  », disent les experts. Certes, elle vit des bouleversements structurels sans précédent. Les ventes papier déclinent lentement, les chiffres d’affaires publicité s’étiolent. À La Voix du Nord un peu moins qu’ailleurs.

Votre journal a toujours su se réinventer, en particulier grâce à la force d’adaptation de toutes ses équipes. En 2008, un premier plan social a réduit la masse salariale. Depuis, la direction ne remplace pas tous les partants, et les augmentations salariales collectives sont bloquées. Cependant, les salariés ont su faire face.

 

QUelle qualité d’information ?  

Au sortir d’un nouvel exercice comptable positif (comme tous les ans), la direction de La Voix du Nord taille à nouveau dans ses effectifs en lançant un plan de départs volontaires. La rédaction perdrait une petite soixantaine de journalistes sur 340. D’autres services comme l’imprimerie ou le service de fabrication des publicités perdraient de 15 à 50 % de leur effectif, voire disparaîtraient au profit de la sous-traitance.

La réorganisation de la rédaction qui va s’ensuivre tend à multiplier le nombre de « cyber-journalistes » (regroupés au sein de plateaux et sédentarisés derrière leurs écrans), agrégateurs d’informations, passant plus leur temps à remettre en forme l’information et à la compléter par Internet qu’à la produire. De plus, une dizaine d’agences (Tourcoing, Armentières, Seclin, Saint-Omer, Hazebrouck, Saint-Pol, Hénin-Beaumont, Étaples, Caudry, Avesnes-sur-Helpe, Bruay-La Buissière) seront fermées, transformées en pied-à-terre secondaires, avec des journalistes moins nombreux. De nouvelles antennes, bureaux de repli répartis dans le Nord et le Pas-de-Calais, non accessibles au public, devraient ouvrir avec des rédacteurs. Nous présageons un isolement plus important et une impossibilité de remplir correctement leur mission d’information.

Quelle qualité d’information pourront encore fournir ces reporters moins nombreux, sommés de produire d’abord pour le numérique, en étant polyvalents et au rythme de la diffusion immédiate ? Que deviendra précisément le journal papier, sur lequel ils auront moins de prise ? À cette heure, et au stade où en sont les négociations engagées pour trois mois, nous avons beaucoup plus de craintes que de garanties de la part de notre direction.

Est-ce cette presse de proximité, décrite ci-dessus, à laquelle vous aspirez, vous, fidèles lecteurs ? Nous sommes persuadés que vous partagez nos inquiétudes et notre souci de préserver la fiabilité de notre journal et l’avenir de notre entreprise.

Publié dans Information

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