Les petits comptables Editorial JEC mensuel, décembre 2016

Publié le par angeline351

Les petits comptables
Editorial JEC mensuel, décembre 2016
Loin de moi l’idée d’incriminer une profession tout à fait respectable, mais l’actualité oblige à faire certains parallèles.
Voici de nombreuses années que nous critiquons une politique restrictive, voire austère tant en matière économique, que sociale.
Nous avons suffisamment de recul pour en tirer tous les enseignements. C’est un échec patent.
Le chômage reste très élevé, et ce, notamment, chez les jeunes et les séniors.
La précarité progresse ainsi que la pauvreté. Pourtant, notre pays continue à produire d’importantes richesses et reste un pays puissant parmi les plus puissants de la planète.
Cherchons l’erreur ! La réponse la plus récente nous vient de l’OFCE indiquant que l’impact du choc fiscal (augmentation des impôts et de la TVA), CICE et pacte de responsabilité coûte chaque année 0,8 point de croissance.
Sachant que le taux de croissance vient d’être révisé à la baisse par l’INSEE à 1,3% et par l’OCDE à 1,2% et compte tenu que notre pays a "besoin" d’un taux minimum de 1,5% pour être créateur d’emplois en solde net, force est de constater que l’emploi n’est pas la priorité de nos gouvernants.
C’est aussi l’échec des petits comptables qui, de Bruxelles à nos gouvernements, en passant par le FMI ne jurent que par le dogme de l’équilibre budgétaire, dont on sait qu’il est suicidaire en période de crise. On ne gère pas un pays comme l’on gère le budget d’un ménage ou d’une entreprise.
La campagne électorale qui vient de s’ouvrir avec la primaire à droite, puis ensuite celle de la gauche, et enfin la campagne officielle, est l’occasion de débattre de l’avenir voulu par chacun, tant sur le plan économique que social.
A cet égard, l’élection du candidat de la droite et du centre à la présidentielle a permis à ce courant politique de débattre de sa vision pour le pays.
Or, pas de vision dynamique et prospective, mais une litanie de chiffres et une logorrhée de poncifs ultralibéraux. Réduction de la dépense publique, suppression de postes de fonctionnaires (500 000 : une purge !), privatisations, "désétatisation" de la santé (ah bon, nous sommes dans un pays communiste ?), restriction de l’IVG, etc.
Il s’agit, ni plus, ni moins, que de la continuité en pire de la politique suivi par le gouvernement actuel et celui qui l’a précédé.
Du sang et des larmes nous sont promis. Mais n’est pas CHURCHILL qui veut et nous ne sommes pas en guerre.
Sous couvert d’apparaître comme un bon gestionnaire comptable, il s’agit d’accentuer le transfert de pans entiers des services publics vers le privé, et notamment tout ce qui touche à la protection sociale, et la santé principalement.
D’ailleurs, qui trouvons-nous parmi l’équipe de M. FILLON ? M. DE CASTRIES qui fût le patron d’AXA est toujours actif à l’institut Montaigne, le principal "think tank" ultralibéral de notre pays et dont l’antienne consiste à vouloir "marchandiser" la protection sociale au profit des financiers.
En regardant autour de nous, nous constatons une inflexion des politiques ultralibérales chez nos voisins, destinée à relancer l’activité économique par l’investissement public et par la consommation.
Resterons-nous à contre-courant ? Ce que nous attendons des politiques, quelle que soit leur étiquette, c’est une vision dynamique, positive, et dans le respect de la République pour l’avenir de notre pays ; et non pas, sous couvert d’une gestion de petits comptables, de servir une clientèle, en l’occurrence la plus aisée.
Serge LEGAGNOA Secrétaire général FEC FO

Publié dans COMMUNIQUE FO

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