Châteauroux Ceramics : " Une faillite organisée "

Publié le par angeline351

Châteauroux Ceramics : " Une faillite organisée "

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux ans après la liquidation judiciaire de l’entreprise qui employait cent seize personnes, les ex-Ceramics étaient au conseil de prud’hommes, hier.

Dans la salle du conseil de prud'hom- mes, la greffière énumère les noms des anciens salariés de Châteauroux Ceramics. Une soixantaine d'entre eux sont présents à l'audience, serrés sur les bancs de la salle d'audience qui peine à accueillir tout le monde. En février 2015, cent seize salariés avaient été licenciés, après la liquidation judiciaire de leur entreprise.

Hier après-midi, l'enjeu était, pour ces ex-salariés, de connaître, enfin, le montant de leurs indemnités de licenciement. Deux ans après l'homologation du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) par la Direccte (1). Une très longue procédure qui les aura menés du tribunal administratif de Limoges à la cour administrative d'appel de Bordeaux, jusqu'au Conseil d'État, qui avait confirmé l'illégalité de ce PSE, pour terminer devant le conseil de prud'hommes. « Le fondement juridique du PSE s'est effondré devant la justice administrative. Cette annulation s'est basée sur plusieurs fondements, rappelle Mélanie Gstalder, avocate des ex-salariés. Le comité d'entreprise doit être informé et consulté régulièrement, ce n'était pas le cas. Les mesures contenues dans le plan n'étaient pas non plus suffisantes au regard des moyens dont disposaient l'entreprise et le groupe. » 
Pas d'approvisionnement en terre, four à l'arrêt, gaz et électricité coupés… Pour l'avocate, « la faillite de Châteauroux Ceramics a été organisée. Les salariés se sont retrouvés seuls dans cette immense usine vide, sans travail. Les dirigeants ont disparu, il n'y avait plus d'assurance… La situation était ubuesque ». 
Dans la salle, une grande majorité d'hommes. « L'ancienneté moyenne dans l'entreprise est de dix-sept ans. Beaucoup y ont travaillé toute leur vie, beaucoup ont aujourd'hui plus de 50 ans. »

" Que cette histoire se termine enfin "

Les anciens salariés témoignent de la difficulté à retrouver une vie stable. Si Medhi qui était électricien – et délégué syndical – à Châteauroux Ceramics, confie avoir « retrouvé un travail », les conditions sont bien différentes : « Je suis régulièrement en déplacement, je dois passer beaucoup de temps à Paris. Ce n'est pas l'idéal pour la vie familiale. J'ai dû faire des concessions. Alors, j'aimerai vraiment que cette histoire se termine bien pour nous ». 
Mimoun qui était conducteur de four, regrette l'époque où il travaillait en contrat à durée indéterminée : « Aujourd'hui, j'ai un travail précaire. Je suis en intérim. C'est difficile de trouver un emploi dans l'Indre. On est nombreux à galérer, à alterner les périodes de chômage et les contrats d'intérim. Le département est sinistré ». Tous les deux confirment « avoir perdu en salaire ». Le train de vie « n'est plus du tout le même ». 
Hier, ils n'espéraient plus qu'une chose : « Que cette histoire se termine enfin et que l'on perçoive des indemnités. Nous voulons être reconnus, et montrer que nous ne sommes pas que des pions ». En espérant que leur longue lutte « serve d'exemple ». Les ex-Ceramics devront encore attendre quelques semaines : la décision est mise en délibéré au 27 mars.

(1) La Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi.

Publié dans Information

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