Une caissière fait une fausse couche à son poste et accuse Auchan

Publié le par angeline351

Une caissière fait une fausse couche à son poste et accuse Auchan

C est une histoire tout à fait sinistre qui a été diffusée lundi 26 décembre sur Twitter par la CGT. Dans l'hypermarché Auchan City de Tourcoing, une caissière, Fadila, 23 ans, a été victime d'une fausse couche fin novembre. Dans un courrier, la caissière fait le lien entre cette fausse couche et ses conditions de travail. Et pour cause : elle a constaté qu'elle perdait du sang assise derrière sa caisse.

"Pour des raisons médicales, j'ai dû hélas, contracter un arrêt maladie dès le 3 novembre, suite à des malaises persistants. Ces malaises étaient en fait conséquents à une situation de grossesse, découverte à ce moment-là. J'en ai immédiatement prévenu Wendy, ma chef de caisse", débute dans une lettre adressée à la direction Fadila, présentée par Samuel Meegens, de l'Union locale CGT Tourcoing, comme une femme de 23 ans. Elle poursuit :

"J'ai repris le travail le 7 novembre, en découvrant un planning particulièrement chargé, ce qui m'a inquiétée. J'ai demandé des changements d'horaires, ce qui m'a été refusé. J'ai donc travaillé chaque jour selon les horaires prescrits, mais j'étais toujours souffrante, avec des envies de vomissements telles que, empêchée de quitter mon poste, j'étais obligée de ravaler lesdites envies."

Fadila explique s'être remise en arrêt maladie le 14 novembre "face à la dégradation de son état de santé", et avoir repris le travail le 21 novembre. "J'ai prévenu de la fragilité de ma situation et indiqué qu'en cas de malaise, je le signalerais pour prévenir mon évanouissement, en soulignant la nécessité pour moi de me rendre régulièrement aux toilettes", écrit-elle.                                           Une fausse couche constatée à sa caisse

Ce 21 novembre vers 14 heures, Fadila reprend son poste à la caisse n°1, relate-t-elle dans sa lettre.

"Vers 15 heures j'ai ressenti d'intenses douleurs. J'ai fait appel pour en prévenir ma responsable qui m'a répondu qu'elle était occupée. J'ai tenu jusque 16h35, heure de ma pause. Je me suis rendue aux toilettes. A l'issue de cette pause, j'ai repris place à mon poste. Je ressentais de très fortes douleurs, il n'y avait personne à l'accueil à ce moment-là."

Fadila recherche des antidouleurs auprès de ses collègues, en vain. "Les clients eux-mêmes se montraient inquiets quant à mon état de santé", souligne-t-elle dans sa lettre.

"En me levant de mon siège, je me suis aperçue qu'il était ensanglanté, ainsi que mon pantalon. J'ai demandé aux clients de se diriger vers d'autres caisses. Ce que voyant, Samuel intervient en me déclarant que ce n'était pas l'heure de fermer ma caisse. Je lui ai fait part de mon malaise. Il me demanda de rester assise. J'étais en pleurs et complètement désespérée."

Pour couronner le tout, selon la CGT, Fadila aurait reçu un avertissement "pour une absence injustifiée" et "l'entreprise n'aurait pas déclaré l'accident de travail".

"La période d'arrêt consécutive à ce drame personnel ne m'a pas été rémunérée", explique Fadila dans sa lettre."Personne ne me redonnera ce que j'ai perdu"

Contactée par "l'Obs" par téléphone à la suite de ce courrier, Fadila explique qu'elle vient finalement de recevoir une attestation d'accident du travail de la part d'Auchan, et que celle-ci s'est accompagnée d'un avertissement écrit. Elle attend maintenant de pouvoir voir son médecin (qui n'était pas disponible ce 26 décembre) pour prendre attache avec sa mutuelle et la sécurité sociale, en ce qui concerne les frais de santé engendrés par son hospitalisation. 

Amère et fatiguée, elle déclare : "Tout ça, ça ne sert à rien. Personne ne me redonnera ce que j'ai perdu, à commencer par la santé et mon enthousiasme. Ils ont pris une partie de moi et ils l'ont détruite." Puis elle dénonce :

"Au travail, je n'ai pas été suivie. J'aurais aimé que les responsables fassent autant attention à ma santé, qu'aux avertissements qu'ils donnent ou à la surveillance des salariés."

Aujourd'hui, Fadila espère que quelqu'un de chez Auchan lui présentera des excuses : "J'espère que quelqu'un s'excusera, mais aussi qu'il y aura un dialogue avec les responsables. Parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas de communication." 

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