SUITE! Tourcoing : une caissière sanctionnée pour avoir fait une fausse couche au supermarché

Publié le par angeline351

Tourcoing : une caissière sanctionnée pour avoir fait une fausse couche au supermarché

 

 

La jeune femme assure qu'on lui aurait refusé des temps de pause malgré ses nausées ou même de se rendre aux toilettes, l'obligeant à ravaler littéralement son vomi. Sa direction aurait ensuite puni ses absences dues à la perte de son bébé.

Son témoignage est douloureux. Une hôtesse de caisse d’un supermarché Auchan City situé à Tourcoing (Nord) accuse depuis mardi sa direction après avoir fait une fausse couche sur son lieu de travail, fin novembre. Elle assure notamment que ses supérieurs auraient refusé d’entendre ses besoins et lui auraient ensuite fait payer son état de santé. Le groupe Auchan dénonce, lui, une «instrumentalisation» syndicale et des «allégations calomnieuses».

 

«Fadila», 23 ans, retrace sa mésaventure dans un courrier adressé à sa direction Début novembre, elle se fait embaucher dans ce petit supermarché de centre-ville pour six mois. Très vite, la nausée l’accompagne sur son lieu de travail. Quelques jours à peine après sa toute récente prise de fonctions, la jeune femme demande un arrêt maladie et file chez le médecin. C’est à ce moment qu’elle apprend, dit-elle, sa grossesse de deux mois. 

 

 

 

Voilà qui explique ses vertiges. Rapidement, ceux-ci se transforment en malaises. La jeune femme aurait alors demandé à son employeur de bien vouloir lui aménager des temps de pause. Elle souhaitait également pouvoir se rendre aux toilettes en cas de fortes nausées. Mais, selon elle, son supérieur a refusé. «Si je fais ça pour toi, je devrais le faire pour tout le monde», lui aurait-il fait comprendre. La jeune femme raconte dans un entretien diffusé sur Facebook qu’il lui arrive alors de ravaler littéralement son propre vomi, quand elle ne tourne pas carrément de l'oeil, au nez et à la barbe des clients qui se pressent à sa caisse. 

 

Le pire arrive quelques jours plus tard, le 21 ou le 22 novembre. L’employée prend son poste en début d’après-midi. Vers 15 heures, elle ressent «de très fortes douleurs». Elle aurait alors tenté de faire appel à sa responsable, en vain. Elle tient le coup, attend la pause, mais la douleur devient insupportable. Elle téléphone à ses responsables qui tous, selon elle, la renvoient vers quelqu’un d’autre, sans faire preuve de considération. 

 

Du sang imbibe le tissu de son siège

 

La jeune femme ne tient plus. Elle découvre avec effroi le sang qui imbibe le tissu de son siège et de son pantalon. Paniquée, elle demande aux clients de se diriger vers une autre file. Son responsable, selon elle, la prévient : ce n’est pas l’heure de fermer sa caisse ! La jeune femme est finalement prise en charge : la sécurité appelle les urgences. Aux côtés des pompiers, elle comprend qu’elle vient de perdre son bébé.

 

L’histoire ne s’arrête pas là. Après une nuit passée à l’hôpital, l’employée se heurte, dit-elle, à une direction sans «empathie» ni «compassion». On lui reprocherait notamment à demi-mots d’avoir quitté son poste prématurément, lui demandant laconiquement si elle compte venir le lendemain. La qualification en accident du travail lui serait refusée. Enfin, elle aurait été privée d’une partie de sa rémunération, sans raison. 

 

La direction réfute les accusations


Contactée, la direction d’Auchan assure que la situation de l’employée a été entièrement «régularisée». Au sein du siège, on évoque «un enchaînement malheureux des faits» et une «incompréhension mutuelle» qui auraient nourri, progressivement, le «ressenti» de la salariée, celui d’être victime d’un «manque de considération» de sa hiérarchie.

 

Selon l’entreprise, l’affaire a été montée en épingle par la CGT, qui a largement relayé l'affaire. Beaucoup des «choses dites sont inexactes», assure un responsable. La jeune employée n’aurait jamais émis de demande d’aménagement d’horaires, l’accès aux toilettes ne lui aurait jamais été refusé, l’équipe du magasin aurait été particulièrement à son écoute, prenant spontanément de ses nouvelles après son accident.

 

«Tout le groupe est attristé, continue ce même responsable. Le directeur des ressources humaines est à la disposition de notre salariée, elle sera reçue à son retour.» Pas question, cependant, de reconnaître des «erreurs» ou un management trop dur. En août, pourtant, la direction avait déjà été appelée pour éteindre une polémique naissante en provenance de Tourcoing. Dans ce même Auchan, une caissière avait été un temps licenciée pour une erreur de caisse de... 85 centimes.

Publié dans Information

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